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Égypte : la branche politique des Frères musulmans dissoute

La Cour administrative suprême égyptienne a dissous le parti Liberté et justice, la branche politique des Frères musulmans.

Le leader des Frères musulmans (en bas à droite), lors de son procès au Caire, le 7 juin 2014.
Le leader des Frères musulmans (en bas à droite), lors de son procès au Caire, le 7 juin 2014.
La rédaction numérique de RTL & AFP

Les Frères musulmans ont été totalement éliminés de la scène politique égyptienne, comme l'avais promis le président Abdel Fattah al-Sissi lors de la campagne électrorale. Un an après la destitution du président islamiste Mohamed Morsi, et 7 mois après le classement de la confrérie dans les organisations terroristes, l'Égypte a prononcé samedi 8 août la dissolution de leur branche politique.

La plus haute Cour administrative a prononcé samedi la dissolution du Parti Liberté et Justice, la branche politique de la confrérie islamiste déjà déclarée "organisation terroriste" en 2013.

Al-Sissi avait promis "d'éradiquer" les Frères musulmans

Le maréchal à la retraite Abdel Fattah al-Sissi, l'ancien chef de l'armée tombeur de Mohamed Morsi et confortablement élu à la tête du pays en mai, avait promis d'"éradiquer" les Frères musulmans durant sa campagne électorale.

Après une campagne d'élimination physique par le massacre de manifestants et l'arrestation de milliers de Frères musulmans, la dissolution de Justice et Liberté semble être la dernière étape de cette promesse. Car, avant l'éviction et l'arrestation de Mohamed Morsi, le parti islamiste avait remporté toutes les élections depuis sa création en 2011, au lendemain de la révolte populaire ayant chassé du pouvoir Hosni Moubarak.

Une décision de justice finale et sans appel possible

La Cour administrative suprême "dissout le parti Liberté et Justice parce qu'il a violé la loi qui régit la vie des partis politiques", lit-on dans l'arrêt de la haute juridiction. Selon les médias gouvernementaux, cette décision de justice est finale et non susceptible d'appel.

Après que des millions d'Egyptiens furent descendus dans la rue pour réclamer son départ, Mohamed Morsi --vainqueur en juin 2012 de la première élection présidentielle démocratique d'Egypte-- a été déposé et arrêté le 3 juillet 2013 par le général Sissi.

Plus de 15.000 Frères musulmans emprisonnés

Un mois plus tard, le nouveau pouvoir dirigé de facto par le général Sissi devenu maréchal, s'est lancé dans une impitoyable répression de toute manifestation islamiste. Depuis, policiers et soldats ont tué plus de 1.400 manifestants pro-Morsi et emprisonné plus de 15.000 Frères musulmans ou sympathisants.

La quasi-totalité des cadres de la confrérie islamiste comme de Liberté et Justice sont emprisonnés et jugés --à l'instar de Mohamed Morsi en personne-- dans divers procès pour lesquels ils encourent la peine de mort.

Des procès de masse dénoncés par l'ONU

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Et, comme le guide suprême des Frères musulmans, Mohamed Badie, des centaines de Frères ont été condamnés à la peine capitale dans des procès de masse expéditifs dénoncés notamment par l'ONU qui les a qualifiés de "sans précédent dans l'Histoire récente" du monde.

Abdel Fattah al-Sissi a remporté la présidentielle de mai 2014 avec 96,9% des suffrages mais après avoir éliminé de la compétition toute opposition, islamiste d'abord mais aussi libérale, en particulier les mouvements de jeunes qui avaient mené la révolte contre Moubarak début 2011, dans la lignée des Printemps arabes.

Les Frères musulmans accusés de terrorisme

Depuis l'éviction de Mohamed Morsi, accusé par des millions d'Egyptiens descendus dans la rue d'avoir voulu islamiser de force la société et la vie politique et de ruiner l'économie, Abdel Fattah al-Sissi mène d'une main de fer le pays le plus peuplé du monde arabe, et a promis à de multiples reprises de rayer les Frères musulmans de la carte politique.

En décembre 2013, alors que des mouvements jihadistes se disant liés à Al-Qaïda revendiquent des attentats contre policiers et militaires, les Frères musulmans sont décrétés "organisation terroriste" par la justice. Puis en avril 2014, un tribunal interdit aux Frères musulmans comme aux membres de Liberté et Justice de se présenter aux élections législatives et locales qui sont prévues pour l'automne.

Selon l'agence de presse gouvernementale Mena, la plainte contre Liberté et Justice qui a conduit à sa dissolution par la Cour administrative suprême samedi assurait que ce "parti et les Frères musulmans ne font qu'un" et que "ses membres sont engagés dans des actions violentes et des crimes terroristes contre le pays".

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