1. Accueil
  2. Actu
  3. International
  4. ÉDITO - L'industrie allemande trop dépendante de la Chine ?
2 min de lecture

ÉDITO - L'industrie allemande trop dépendante de la Chine ?

Le chancelier allemand Olaf Scholz s'apprête à partir en Chine pour rencontrer Xi Jinping.

Le chancelier allemand Olaf Scholz en conférence de presse le 7 octobre 2022.
Le chancelier allemand Olaf Scholz en conférence de presse le 7 octobre 2022.
Crédit : JOE KLAMAR / AFP
LENGLET-CO - L'industrie allemande trop dépendante de la Chine ?
00:03:35
LENGLET-CO - L'industrie allemande trop dépendante de la Chine ?
00:03:35
François Lenglet - édité par Baptiste Marin

Olaf Scholz sera le premier chef de gouvernement du G7 et de l'Union européenne à rencontrer le dictateur chinois depuis la crise sanitaire. Ce voyage suscite réserves et critiques chez les partenaires européens de Scholz ainsi qu'au sein même de sa propre coalition. On redoute que le chancelier ne se jette dans la gueule du loup, exactement comme Angela Merkel l'avait fait avec Vladimir Poutine en favorisant une forte dépendance de l'Allemagne vis-à-vis du gaz russe. 

L’industrie allemande est déjà très investie sur le plan économique en Chine. Pékin est le premier partenaire commercial de l’Allemagne pour la sixième année consécutive, comptant pour près de 10% des échanges allemands. Par exemple, Volkswagen vend 40% de ses voitures en Chine et y réalise la moitié de ses profits. Un tel voyage, en incitant les entreprises à développer leurs affaires là-bas, ne va faire que renforcer la dépendance économique vis-à-vis de Pékin. Pourtant, l'empire du Milieu, allié de la Russie, est désormais une ennemie de facto de l’Occident. La Chine est même qualifiée de "rival systémique" par Bruxelles.

Quel est le risque ?

Les Allemands pourraient être à la merci d'une brutale détérioration, comme avec la Russie, si une crise militaire intervient, l'invasion par la Chine de Taïwan par exemple. Les entreprises allemandes seraient obligées de stopper ou de réduire leurs relations commerciales, voire à abandonner les usines qu'elles possèdent là-bas. L’affaire russe a coûté des milliards à ceux qui étaient engagés là-bas et qui ont dû en sortir en catastrophe, c'est le cas de Renault ou de Danone par exemple. 

Olaf Scholz prend un risque, poussé par ses industriels. Le grand groupe de la chimie BASF vient ainsi d’annoncer qu’il allait réduire sa base de production européenne de façon définitive, à cause du prix de l’énergie, au profit de la Chine. Il y a quelques jours, c’est BMW qui décidait de transférer en Chine la production de la mini Cooper électrique, faite jusqu’ici au Royaume-Uni. Sur le seul premier semestre 2022, les grands groupes allemands ont investi 10 milliards d’euros là-bas, c’est deux fois plus que l’année précédente.

Une accélération depuis la guerre d'Ukraine ?

À écouter aussi

Le renchérissement de l’énergie a plombé les groupes allemands. Ils voient la Chine comme leur planche de salut. En réalité, ils ignorent délibérément le risque politique, exactement comme ils l’avaient fait pour la Russie. Et Olaf Scholz ne cherche pas à limiter le risque chinois, peut-être par inexpérience, insouciance et bien sûr par désir de rafler de grands contrats avant les autres pays. 

Le chancelier a refusé une proposition d’Emmanuel Macron pour aller voir Xi Jinping avec lui. Il y a quelques jours, le dirigeant allemand a été encore plus loin. Il a donné l’autorisation à un groupe chinois, Cosco, de prendre 25% du terminal portuaire de Hambourg, la grande ville d’Allemagne du Nord dont il a été le maire. Six de ses ministres étaient n'y étaient pas favorables, et pas des moindres, justement parce que l'opération favorise Pékin sur une infrastructure allemande stratégique. Scholz n’en a rien eu à faire, pressé de faire un cadeau au dictateur chinois juste avant son voyage.

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.