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ÉDITO - L'Espagne met en place un "ISF" temporaire : "Un signal intéressant" pour Lenglet

Le gouvernement espagnol va mettre en place un impôt de solidarité sur la fortune temporaire pour financer la lutte contre l'inflation.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez le 26 août 2022.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez le 26 août 2022.
Crédit : ORLANDO SIERRA / AFP
ÉDITO - L'Espagne met en place un "ISF" temporaire : "Un signal intéressant" pour Lenglet
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LENGLET-CO - L'Espagne met en place un "ISF" temporaire : "Un signal intéressant" pour Lenglet
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François Lenglet - édité par Baptiste Marin

Le gouvernement espagnol de gauche a annoncé qu'il allait taxer les patrimoines supérieurs à 3 millions d'euros pendant deux ans. Le taux ira jusqu'à 3,5% pour les fortunes supérieures à 10 millions d'euros, il est supérieur à la France où il s'élève à 1,5% pour l'ISF.  L'Espagne va également prélever davantage sur les plus-values et les revenus du capital. Un signal intéressant, car Madrid a été aussi l'une des premières en Europe à taxer les superprofits des compagnies et des banques avant d'être largement suivie. 

Un changement de climat. Comme toujours en période de guerre ou de difficultés économiques, le climat est moins favorable pour les détenteurs de capital que dans les périodes de beau temps. Pour deux raisons. Il faut de l'argent pour financer des dizaines de milliards d'aides diverses et de bouclier tarifaire. Aussi, les inégalités sont ressenties beaucoup plus durement dans les temps difficiles. Il y a une forte dimension politique à cette initiative fiscale. Elle ne concerne qu'un peu plus de 20.000 personnes dans la population espagnole, c'est 0,1% des contribuables. 

La création des impôts, conséquences de crises ?

En France, l'impôt sur le revenu est créé en 1914, à la veille du premier conflit mondial. Durant le second conflit, on invente même un impôt sur les surprofits de guerre pour frapper les entreprises qui engrangeraient des bénéfices jugés indus, exactement comme aujourd'hui. 

Aux États-Unis, par exemple, au cœur de la crise des années 1930, Roosevelt fait doubler le taux de la tranche la plus élevée de l'impôt sur le revenu, à 60%, lorsqu'il est élu. Et il le portera à plus de 90% pendant la guerre. Un taux symbolique car il n'y avait guère de revenus qui subissaient effectivement ce prélèvement.

Taxe et départ des riches ?

Lorsque la guerre ou la crise sont là, les possibilités légales d’échapper à l’impôt sont moins nombreuses. C'est exactement ce qui est en train de se passer aujourd'hui, la mondialisation se fragmente en plusieurs régions, Chine-Russie d’un côté, Occident de l’autre, et le capital n’est déjà plus si mobile que dans les dernières décennies. 

Dans les périodes de tensions et de troubles, la politique, ou la géopolitique, impose ses frontières à l’argent. Le capital et son désir de liberté faisaient la loi depuis la chute du Mur de Berlin et l'ouverture de la Chine, il y a plus de trente ans. Il est tout à fait possible que les temps qui s'ouvrent soient moins favorables aux détenteurs de capital. 

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