2 min de lecture Justice

Deux ex-agents secrets français soupçonnés de trahison en faveur de la Chine

Deux ex-agents de la DGSE vont comparaître devant la cour d'assises spéciale de Paris lundi 6 juillet pour "livraison d'information à une puissance étrangère".

Le siège de la DGSE, à Paris (illustration)
Le siège de la DGSE, à Paris (illustration) Crédit : AFP / Martin Bureau
Sarah Belien
Sarah Belien
et AFP

C'est un procès digne d'un film d'espionnage qui démarre lundi 6 juillet : deux ex-agents secrets français soupçonnés de trahison après avoir été retournés par les services chinois seront jugés devant la cour d'assises spéciale de Paris.

Les deux hommes comparaissent pour "livraison d'information à une puissance étrangère", "atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation" et "intelligence avec une puissance étrangère". Ils travaillaient pour la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), le service d'espionnage français. Ils encourent 15 ans de prison.

Les deux anciens agents secrets comparaîtront devant une cour d'assises spéciale, composée uniquement de magistrats professionnels. Le jugement se fera à huis clos en raison du risque d'atteinte au secret-défense.

Les deux accusés auraient, selon plusieurs médias, espionné le renseignement extérieur français pour le compte de Pékin. Les deux hommes se sont côtoyés au contre-espionnage à la DGSE.

Une affaire d'une "extrême gravité"

À lire aussi
Un prêtre célèbre un office religieux (illustration) justice
Perpignan : un prêtre condamné en appel à 20 ans de prison pour viols sur mineurs

Quand l'affaire avait été révélée en mai 2018, les autorités françaises avaient parlé d'une affaire d'une "extrême gravité". Les deux suspects sont "soupçonnés d'avoir commis des actes susceptibles d'être qualifiés d'actes de trahison (...) et susceptibles de mettre en cause les secrets de la défense nationale", avait déclaré la ministre des Armées Florence Parly.

Franck Renaud, journaliste, auteur du livre Les Diplomates (éditions Nouveau monde, 2010) sur le Quai d'Orsay, met en avant le contexte "très lourd entre la France et la Chine dans les années 90", après Tiananmen et l'affaire des frégates à Taïwan. "C'est une affaire qui a posé pas mal de problèmes à la DGSE," a expliqué Franck Renaud.

Les deux hommes surveillés depuis des mois

En 1997, l'un des deux agents avait été nommé représentant officiel de la DGSE à Pékin, où il a occupé le poste de deuxième secrétaire à l'ambassade. Mais il a été rappelé en France dès début 1998, après avoir entamé une liaison avec l'interprète chinoise de l'ambassadeur. Il a pris sa retraite quelques années plus tard et est retourné en Chine, où il a épousé l'ex-interprète.

Si l'interpellation a lieu si tardivement, c'est qu'il y aurait eu, selon un bon connaisseur du dossier, une faille au sein de la DGSE et l'agent n'aurait pas été surveillé pendant des années après son départ à la retraite.

L'autre agent s'est lui fait arrêter à l'aéroport de Zurich avec du liquide après avoir rencontré un contact chinois sur une île de l'Océan indien. Lui n'a jamais été en poste à l'étranger. Mais outre le contre-espionnage, il est passé par la surveillance des organisations de masse. Les deux hommes étaient surveillés depuis plusieurs mois lorsqu'ils ont été arrêtés.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Justice Chine Police
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants