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Antonio Tajani, ministre italien des Affaires étrangères, avant une réunion à Bruxelles, le 29 janvier 2026.
Crédit : AFP
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L'Italie devient une cible de choix, alors que les yeux du monde entier s'apprêtent à se braquer sur elle. Le pays a déjoué une série de cyberattaques russes visant les Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina 2026, a annoncé mercredi 4 février le gouvernement à deux jours de l'ouverture officielle de l'évènement, qui mobilise un important dispositif de sécurité.
"Nous avons déjoué une cyberattaque visant plusieurs sites du ministère des Affaires étrangères, ainsi que certains lieux liés aux Jeux olympiques de Milan-Cortina, notamment des hôtels de la région de Cortina d'Ampezzo", a déclaré le chef de la diplomatie italienne Antonio Tajani, en marge d'un déplacement à Washington.
Concrètement, il est question de cibles correspondant à quatre établissements de luxe de la zone, où se déroulent dès mercredi les premières épreuves de curling, ainsi qu'à des bâtiments diplomatiques italiens (ambassades et consulats) à Paris, Londres, Washington, Sydney et Toronto, selon la presse transalpine.
"Il s'agit d'actions d'origine russe", a ajouté Antonio Tajani, sans donner plus de précisions. Le Corriere della Sera, quotidien de référence dans la Botte, précise que ces attaques ont été revendiquées par le groupe cybercriminel "NoName", qui a laissé comme trace l'image d'un Ours russe, l'un de ses symboles récurrents depuis des années.
Leur procédé ? Une attaque en déni de service (dite DDoS), c'est-à-dire qui tente de "rendre inaccessible" un serveur ou une page web "afin de provoquer une panne ou un fonctionnement fortement dégradé du service", selon les termes du gouvernement français. L'idée est souvent de causer des désagréments aux administrateurs d'un système, en saturant la plateforme de millions de demandes de connexions simultanées. Ces offensives nécessitent peu de ressources et sont éminemment symboliques : elles visent à bloquer temporairement les sites pour faire passer un message mais n'entraînent pas d'accès aux données des systèmes d'information.
"NoName" est bien connu des autorités compétentes. En France, le groupe avait déjà été à l'origine de la cyberattaque contre La Poste juste avant Noël, ou contre l'Assemblée nationale en 2023. Plus de 74.000 attaques leur sont attribuées, dont 2.200 rien qu'en France depuis 2022, année de la création de ce groupe d'hackers à la suite de l'invasion russe en Ukraine.
"En février 2026, l'Italie a continué de soutenir l'Ukraine, maintenant la ligne pro-ukrainienne et pro-atlantique du gouvernement Meloni, malgré les désaccords au sein de la coalition", a d'ailleurs écrit mercredi le groupe dans sa revendication des attaques, citée par le Corriere della Sera. "Les livraisons d'aide militaire ont été prolongées, comme l'a confirmé le Parlement en janvier. Le montant total du soutien depuis 2022 dépasse les 3 milliards d'euros et comprend des armes, de la défense aérienne, du matériel et de la formation. La position pro-ukrainienne du gouvernement italien signifie que le soutien aux terroristes ukrainiens est passible de nos attaques DDoS contre des sites web".
Sur sa chaîne Telegram, le groupe NoName a diffusé des messages concernant la mobilisation de ses membres contre les sites indiqués, les accompagnant d'images qui montreraient prétendument un accès non autorisé à des caméras de surveillance, rapporte la page spécialisée Cybersecurity Italia.
Cette fois, aucune donnée sensible n'a toutefois été perdue par Rome, dixit la presse nationale. La police postale et des communications, la branche qui s'occupe du cyber du côté des forces de l'ordre en Italie, a immédiatement mobilisé ses spécialistes en menaces informatiques.
"Ceci est aussi dû au travail accompli par notre nouvelle Direction générale de la sécurité dans le cadre de la réforme du ministère des Affaires étrangères. Nous avions anticipé une attaque : la cybersécurité devient donc cruciale et j'en suis très satisfait", s'est réjoui Antonio Tajani, dans des propos rapportés, confiant que le pays était préparé à être ciblé en raison de ces changements techniques récents au sein de sa diplomatie.
Depuis le 26 janvier, des membres de la police postale sont par ailleurs déployés sur les principaux sites liés aux JO, qui prendront fin le 22 février, selon un communiqué officiel. Cette activité suit "deux axes stratégiques : la protection des infrastructures informatiques critiques et la surveillance du réseau pour des raisons d'ordre et de sécurité publics, ainsi que pour la prévention et la lutte contre d'éventuelles initiatives terroristes", d'après la même source.
Un moindre mal : à titre de comparaison, 141 "événements de cybersécurité", en lien avec les Jeux de Paris, avaient été signalés à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) pendant la compétition, sans qu'aucun n'ait affecté le bon déroulement des épreuves il y a deux ans.
Ironie du timing de cette cyberattaque de l'autre côté des Alpes, le ministre italien de l'Intérieur Matteo Piantedosi a présenté mercredi le plan de sécurité des autorités pour Milan-Cortina.
Au cours de cette prise de parole devant les députés, il a notamment réitéré que les agents de la police américaine de l'immigration (ICE), dont l'arrivée en Italie pour les JO avait soulevé une polémique, n'auraient aucun rôle "opérationnel". Ces hommes appartenaient au service de sécurité intérieur américain (HSI), seront chargés d'analyses sur l'anti-terrorisme et la criminalité internationale, et non liées à l'unité chargée de la lutte contre l'immigration, dont les méthodes choquent à Minneapolis.
Quelque 6.000 membres des forces de l'ordre, comprenant entre autres des tireurs d'élite, des skieurs, des unités cynophiles, des unités anti-sabotage, anti-terrorisme, seront également chargés de la sécurité lors de la quinzaine olympique, a-t-il déclaré. Le gouvernement Meloni a financé le volet sécurité avec 30 millions d'euros en 2025 et 114 millions d'euros en 2026, a ajouté le ministre.
Le ministère de la Défense a pour sa part indiqué que près de 2.000 militaires seraient également présents avec 170 véhicules, des radars, des avions et des drones.
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