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Andy Burnham, député travailliste britannique, le soir de son élection en juin 2026
Crédit : Oli SCARFF / AFP
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Il promet de représenter "toutes les régions oubliées du Royaume-Uni". Le maire travailliste du Grand Manchester Andy Burnham est bien placé pour devenir le septième Premier ministre britannique depuis le referendum du Brexit, il y a exactement dix ans. Sa victoire, le 19 juin dernier, à une élection législative partielle a accéléré le départ de Keir Starmer, qui a annoncé sa démission ce lundi 22 juin sur fond de multiples crises devenues insurmontables.
Le chef du gouvernement résistait depuis des mois aux appels à démissionner, malgré un scandale lié à l'affaire Epstein et une lourde défaite électorale, mais sa position est devenue intenable après l'élection au Parlement de celui que l'on surnomme le "Roi du Nord" ("King of the North"), en référence à la saga Game of Thrones. Andy Burnham a réaffirmé lundi son ambition de succéder à l'actuel Premier ministre. La décision de Keir Starmer "marque le début d'une transition" et "je me porte candidat", a-t-il écrit sur X, peu avant son arrivée à Londres pour être investi député.
Le travailliste de 63 ans, entré à Downing Street il y a moins de deux ans après une victoire écrasante du Labour aux législatives de juillet 2024, a ainsi annoncé sa décision au roi Charles III lundi matin.
Keir Starmer peut-il tenir encore longtemps ?
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Le Comité exécutif national du Labour doit annoncer l'ouverture formelle des candidatures pour lui succéder le 9 juillet, le Premier ministre sortant indiquant qu'il restera en poste jusqu'à la désignation de son successeur et fera "tout ce qui est en (son) pouvoir" pour faciliter la passation. Même dans le cas de plus en plus improbable où une élection interne serait nécessaire, le processus sera achevé avant "la fin de la pause estivale" du Parlement le 1er septembre.
Élu député avec l'objectif affiché de détrôner Keir Starmer, Andy Burnham a bâti sa popularité sur son ancrage dans le Nord industriel du pays et se pose en porte-parole de "toutes les régions oubliées". Cet homme de 56 ans, qui se décrit comme partisan d'un "socialisme pro-entreprises", martèle que son élection représente "la dernière chance pour changer" le parti.
Tout sourire et décontracté en polo blanc sous le soleil, ce supporter d'Everton, club de Liverpool, s'est engagé au jour de sa victoire à "tracer une nouvelle voie" pour le pays et compte œuvrer à "l'équité pour les régions" que le pouvoir central à Londres a "négligées". Dans la course à la direction du Labour, sa troisième tentative sera donc probablement la bonne : il avait été candidat malheureux d'abord en 2010 face à Ed Miliband, puis en 2015 face à Jeremy Corbyn.
Son retour au Parlement de Westminster le contraint à abandonner la mairie du Grand Manchester, agglomération de 2,8 millions d'habitants qu'il a conquise en 2017 et où il a su se faire apprécier, se faisant réélire deux fois. Lui-même est un enfant de cette région au passé industriel: il a grandi dans une petite ville à mi-chemin entre Liverpool où il est né, et Manchester.
Dans cette cité qui connaît depuis 2015 une croissance économique deux fois supérieure à la moyenne nationale, sa principale réussite est d'avoir amélioré les transports en commun, en reprenant sous contrôle public le système de bus pour l'intégrer dans un réseau avec trams et trains, à des tarifs abordables.
C'est pendant la pandémie de Covid-19 qu'il gagne son surnom de "Roi du Nord", grâce à son combat pour obtenir des fonds pour soutenir les entreprises et employés de cette région touchée par la crise. Personnalité politique la plus populaire du pays (35% d'opinions positives selon l'institut YouGov), il s'est parfois opposé ouvertement à Keir Starmer, notamment lorsque ce dernier a réduit les aides sociales aux handicapés.
Reprenant des thèmes sur lesquels il a fait campagne, il a souhaité "une nouvelle dynamique de réindustrialisation" dans le pays et une "économie qui profite à tout le monde", estimant que la "théorie du ruissellement" ne marche pas. "Nous devons faire baisser les factures d'eau, d'énergie", a-t-il souligné.
Des sources proches d'Andy Burnham ont récemment indiqué au Guardian qu'il était favorable à certaines nationalisations, notamment dans la distribution d'eau où la principale compagnie, Thames Water, est en difficulté financière. En janvier, il énonçait "les quatre cavaliers de l'apocalypse britannique: dérégulation, privatisation, austérité et Brexit". Face à des marchés financiers inquiets, il s'est toutefois engagé à tenir les objectifs d'équilibre budgétaire fixés par l'actuelle ministre des Finances Rachel Reeves.
Pour Andrew Fisher, ex-directeur de la politique du Labour sous Jeremy Corbyn, très à gauche, un gouvernement Burnham se traduirait par une "légère inflexion à gauche". Mais pour le quotidien conservateur The Daily Telegraph, il y a avec lui une "probabilité effrayante de voir arriver une coalition de gauche radicale".
Né le 7 janvier 1970, Andy Burnham est le fils d'un technicien des télécommunications et d'une réceptionniste médicale. Il entre au Labour à l'âge de 14 ans, "radicalisé", dit-il, par la grève des mineurs de 1984-85, écrasée par le gouvernement conservateur de Margaret Thatcher. Pendant sa jeunesse, il fait des études d'anglais à Cambridge et apprécie la bouillonnante scène musicale et culturelle de Manchester dans les années 1990, "Madchester".
En 2001, il est élu député déjà dans l'agglomération de Manchester. Il est sous-secrétaire d'Etat au ministère de l'Intérieur dans le gouvernement de Tony Blair, ensuite secrétaire en chef au Trésor sous Gordon Brown, puis ministre de la Culture en 2008 et ministre de la Santé (2009-2010). Cheveux sombres et lunettes assorties, il s'est fait tatouer sur le bras une abeille ouvrière, symbole de Manchester qui a pris une nouvelle dimension après l'attentat qui a endeuillé la ville en 2017, à la fin d'un concert d'Ariana Grande. Il est marié depuis 2000 avec Marie-France van Heel, femme d'affaires d'origine néerlandaise rencontrée à l'université, avec qui il a eu trois enfants.
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