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Nigel Farage, le leader du parti du Brexit, réagit après sa victoire aux Européennes le 26 mai 2019
Crédit : TOLGA AKMEN / AFP
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Le parti britannique anti-immigration Reform UK, actuellement réuni en congrès annuel à Birmingham où Jordan Bardella était invité ce vendredi 4 septembre, est dans la tourmente après la diffusion d'un reportage compromettant, montrant un proche collaborateur de Nigel Farage proposer de contourner la loi pour obtenir un don de l'étranger.
Dans cette enquête menée avec le collectif d’investigation Verbatim, Dan Jukes et James Orr, deux proches collaborateurs de Nigel Farage, auraient organisé le financement de trois sondages officieusement commandés par Reform UK, pour un montant d’environ 32.500 livres, par une entreprise américaine fictive.
Dans une des séquences filmées en caméra cachée, on peut ainsi apercevoir James Orr discuter avec son interlocuteur de la manière de faire financer un sondage sans que celui-ci ne soit officiellement commandé par le parti, ni qu'il ne soit payé par les dons d'un partisan étranger de Reform UK (ce qui est interdit), mais plutôt par une "famille privée".
La législation britannique, qui interdit donc les dons venant de l'étranger pour un parti, impose par ailleurs aux partis de déclarer tous les sondages qu'ils commandent de leur propre initiative. La tactique menée par James Orr aurait donc permis d'éviter de lier la commande du sondage au parti de Nigel Farage.
Ce dernier est d'ailleurs vu, dans une autre séquence en caméra cachée, en train de se féliciter du financement des trois sondages secrètement payés par une entreprise américaine selon Channel 4 News.
Dans un autre temps, les journalistes infiltrés se sont également fait passer pour le fils britannique d’un riche homme d’affaires américain, afin d’évoquer la possibilité de faire transiter des fonds par un intermédiaire britannique. Une donation potentielle de 500.000 livres a notamment été discutée, sans avoir été finalement versée.
James Orr, directeur de la stratégie politique du parti et Dan Jukes, responsable de la communication et fidèle collaborateur de Nigel Farage, ont immédiatemment remis leur démission à la suite de la diffusion de l'enquête menée pendant plus d'une année par Channel 4.
Le porte-parole du parti pro-Brexit a aussi annoncé l'ouverture d'une enquête interne, selon un porte-parole de la formation. Nigel Farage, qui apparait dans ce reportage, a affirmé vendredi que le parti n'avait "enfreint aucune loi" et qu'il n'avait reçu "aucun argent d'origine douteuse".
Le leader de Reform UK devait prononcer un discours en fin d'après-midi au congrès du parti à Birmingham (centre de l'Angleterre), point d'orgue de cet évènement auquel le président du parti français d'extrême droite le Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, avait auparavant pris la parole en anglais lors d'une allocution portant sur la thématique de l'immigration.
Au centre des congrès, les sympathisants de Reform UK, casquette "Make Britain Great Again" ou bandana Union Jack sur la tête, ont immédiatement pris la défense auprès de l'AFP.
Les partis traditionnels "ont tellement peur de Reform, ils attaquent, attaquent, attaquent tout le temps", a réagi Heather Kynman, une infirmière de 62 ans, qui affirme que Nigel Farage est "persécuté".
"Tout est mis en oeuvre pour descendre Reform, mais nous surmonterons ça", assure Darren Ball, ancien militaire de 51 ans, qui déambule dans le centre recouvert de moquette turquoise, couleur du parti.
Cette nouvelle affaire intervient pourtant après un été difficile pour le champion du Brexit déjà accusé d'avoir accepté des dons illicites. Nigel Farage, 62 ans, est visé par une enquête parlementaire portant sur un don de cinq millions de livres (5,7 millions d'euros), reçu d'un milliardaire ayant fait fortune dans les cryptomonnaies, Christopher Harborne, peu avant son élection comme député en 2024.
Reform UK fait aussi l'objet d'une enquête policière sur son financement. En guise de défense, lors de sa campagne électorale législative menée dans sa circonscription de Clacton, Nigel Farage a affirmé tout au long de l'été être attaqué par "le système".
En juillet dernier, il avait remis en jeu son siège de député dans le sud-est de l'Angleterre, où il avait toutefois été réélu largement à l'issue d'un scrutin boycotté par tous les partis et où son principal adversaire était un candidat fantaisiste, le "Comte Tête-de-Poubelle" ("Count Binface").
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