1. Accueil
  2. Actu
  3. International
  4. Chine : des prélèvements forcés d'organes sur les minorités ethniques ?
2 min de lecture

Chine : des prélèvements forcés d'organes sur les minorités ethniques ?

Des experts de l'ONU soupçonnent la Chine de prélever de force des organes à des minorités ethniques, linguistiques et religieuses ainsi qu'à des prisonniers.

Un homme portant un masque avec des larmes de sang pour protester contre le sort réservé aux Ouïghours en Chine lors d'une manifestation en Belgique en 2018
Un homme portant un masque avec des larmes de sang pour protester contre le sort réservé aux Ouïghours en Chine lors d'une manifestation en Belgique en 2018
Crédit : AFP
Nicolas Barreiro
Journaliste

Des prisonniers issus de minorités ethniques, linguistiques et religieuses sont soumis à des prélèvements forcés d'organes en Chine. Voilà ce que soupçonnent des experts de l'ONU qui ont indiqué ce lundi avoir reçu des "informations crédibles à ce sujet".

Ces experts, qui sont mandatés par l'ONU mais ne s'expriment pas au nom des Nations unies, se disent "extrêmement alarmés" par ces informationsLa Chine est régulièrement accusée par des membres de la secte Falun Gong, interdite dans le pays asiatique, de se livrer à des prélèvements d'organes forcés sur ses adeptes emprisonnés

Dans un communiqué, les Rapporteurs spéciaux ainsi que les experts du Groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire indiquent que les prélèvements visent aussi des Ouïghours, des Tibétains, des musulmans et des chrétiens, détenus en Chine. "Les prélèvements forcés d'organes en Chine semblent viser des représentants des minorités spécifiques ethniques, linguistiques ou religieuses qui sont en détention, souvent sans qu'on leur explique les raisons de leur arrestation ou qu'on leur remette un mandat d'arrêt", ont déclaré les experts.

Une action insuffisante de la part du gouvernement

"Selon les allégations reçues, les organes les plus couramment prélevés sur les prisonniers seraient des cœurs, des reins, des foies, des cornées et, plus rarement, des morceaux du foie. Cette forme de trafic à caractère médical impliquerait des professionnels du secteur de la santé, notamment des chirurgiens, des anesthésistes et d'autres spécialistes médicaux", ont-ils expliqué.

À lire aussi

Le communiqué explique que les réponses du gouvernement chinois étaient insuffisantes car manquant de données, notamment sur le temps d'attente pour l'attribution d'organes ou d'informations sur l'origine des organes. "Dans ce contexte, le manque de données disponibles et de systèmes permettant de partager les informations constitue un obstacle à l'identification et à la protection des victimes (…), ainsi qu'à l'efficacité des enquêtes et des poursuites contre les trafiquants", indique encore le communiqué.

Liu Yuyin, porte-parole de la mission chinoise à Genève, a affirmé que les experts faisaient de la "désinformation". Ils ont "calomnié la Chine", qui "rejette catégoriquement ces accusations", a-t-il ajouté. Les experts ont "ignoré les informations fournies par le gouvernement chinois et ont choisi de suivre la désinformation fournie par les forces anti-chinoises et la secte maléfique Falun Gong", a-t-il déclaré dans un communiqué. La Chine a toujours nié les accusations de prélèvements d'organes forcés sur des prisonniers politiques.

Des prélèvements récurrents en Chine

La tradition chinoise veut qu'un mort soit enterré sans mutilation, et très rares sont les Chinois qui acceptent le prélèvement d'organes.

Pendant des décennies, une majorité d'opérations étaient donc réalisées avec des organes prélevés sur les condamnés à mort ou les prisonniers après leur décès, souvent sans l'accord des familles, estiment des ONG spécialisées, ce que niaient les autorités.

Pékin a officiellement banni cette pratique à partir de janvier 2015, mais sans lever les inquiétudes.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/