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"C'est la vraie liberté" : après 20 ans de prison en Indonésie, Serge Atlaoui s'exprime sur RTL et raconte pour la première fois sa sortie du couloir de la mort

Après 20 ans passés dans les geôles indonésiennes, où il risquait la peine de mort pour des accusations de trafic de drogue, Serge Atlaoui qui a toujours clamé son innocence a finalement été transféré en France, puis libéré en 2025. Il s'exprime pour la première fois sur RTL.

Serge Atlaoui, à sa sortie de prison, le 18 juillet 2025

Crédit : Sophie Neumayer/RTL

Serge Atlaoui, ex-condamné à mort en Indonésie : "On ne peut pas tourner la page, ce qui est perdu est perdu"

00:08:18

Serge Atlaoui, ex-condamné à mort en Indonésie : "On ne peut pas tourner la page, ce qui est perdu est perdu"

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Juliette Vignaud

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Il n'avait encore jamais pris la parole. Serge Atlaoui, ancien condamné à mort en Indonésie, sorti de prison en 2025 après 20 ans de détention, s'exprime pour la première fois sur RTL, ce jeudi 2 juillet. "C'est la vraie liberté. Il n'y a rien de comparable", confie celui qui a passé 17 ans dans le couloir de la mort. 

Serge Atlaoui a été incarcéré en 2005 en Indonésie, après avoir été arrêté dans une usine près de Jakarta où des dizaines de kilos de drogue avaient été découverts. Les autorités l'avaient accusé d'être chimiste. L'artisan soudeur de 62 ans a toujours clamé son innocence, affirmant qu'il n'avait fait qu'installer des machines industrielles dans ce qu'il croyait être une usine d'acrylique.

Il a finalement été condamné à la peine capitale en 2007, puis transféré en France en février 2025 après un accord entre Paris et Jakarta, avant d'être libéré le 18 juillet cette même année.

Après deux décennies de détention, il a retrouvé ses proches, sa femme Sabine, et plus encore. Le dernier de ses quatre enfants est né alors qu'il se trouvait dans les geôles indonésiennes, et d'autres petits-enfants ont suivi. Une vie de famille qu'il dit avoir retrouvée "pratiquement automatiquement". "J'avais déjà fait le vide dans ma tête, donc j'ai vite repris le pli", souffle-t-il.

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Le sexagénaire ne dit pas pour autant avoir effacé ces années de prison. "On ne rattrape pas malheureusement [le temps perdu, NDLR] mais je vais profiter de ce qui me reste", poursuit-il. Et d'ajouter : "On ne peut pas tourner la page, ça restera toujours. J'essaye juste de continuer à faire le vide dans ma tête et puis d'avancer." 


S'il profite des moments présents, il concède encore rêver de son passé carcéral. "Je ne dirais pas des cauchemars, mais disons qu'au moindre bruit, je me lève direct", explique-t-il, se disant aux aguets. 

Il dit avoir vécu "l'enfer"

Au début de sa détention, il raconte avoir vécu "l'enfer". Pendant neuf mois, il s'est trouvé dans une "vieille prison, trois dans la cellule, sans point d'eau ni toilettes". "La porte était fermée à partir de 17h jusqu'à 6h du matin."

Il a ensuite changé d'établissement pour rejoindre une prison neuve située sur l'île de Nusa Kambangan, où il est resté pendant 13 ans. "Nous étions dix mais on avait de la place", décrit-il. Un changement qui n'effaçait pas l'attente liée au couloir de la mort.

Pour tenir, il explique avoir "accepté la sentence", une forme de nécessité pour continuer à avancer. "C'était plus facile, c'était obligatoire pour avancer", développe-t-il. Dans cet univers carcéral, le soutien venu de l’extérieur a compté de manière décisive. "J'ai connu beaucoup de gens qui n'avaient pas de soutien. J'en ai vu perdre la tête", confie-t-il.

Engagement contre la peine de mort

Depuis son retour des enfers, il pense régulièrement à ses codétenus, devenus pour certains des "amis" dont il a vu des photos lors du congrès mondial pour l'abolition universelle de la peine de mort, qui s'achève à Paris. Aujourd’hui, Serge Atlaoui veut à son tour contribuer à ce combat.

"J'ai été vraiment surpris par ce travail est remarquable que toutes ces associations, ces ONG font [...]", dit-il. Face à cette mobilisation, il estime avoir une responsabilité : "Quand je vois tous ces gens qui ont participé, je pense que moi aussi, je dois donner ma contribution." 

Une manière, selon lui, de remercier toutes les personnes qui l'ont aidé à sortir du couloir de la mort, "en espérant que d'autres condamnés à mort bénéficieront du même parcours que moi, qui retrouvent un jour leur famille, leur pays, leur liberté".

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