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"Brexit" : 4 questions pour comprendre la crise entre le Royaume-Uni et l'Union européenne

ÉCLAIRAGE - Après plusieurs mois de négociations, le Royaume-Uni va se prononcer lors d'un référendum sur son maintien dans l'Union européenne.

Les drapeaux des États membres de l'Union européennes, devant le Parlement
Les drapeaux des États membres de l'Union européennes, devant le Parlement
Crédit : JOHANNA LEGUERRE / AFP
Julien Absalon & AFP

Ce néologisme est dans toutes les bouches à Bruxelles. "Brexit", pour british exit, est plus que jamais d'actualité depuis que David Cameron a promis de consulter les Britanniques sur la question suivante : le Royaume-Uni doit-il rester dans l'Union européenne.

L'hypothèse semble pourtant être un serpent de mer. Néanmoins, au vu de la poussée des eurosceptiques, la possibilité que cela se produise n'a jamais été aussi forte malgré un accord trouvé entre le premier ministre britannique et les autres États membres lors du Conseil européen des 18 et 19 février. Retour sur cet épineux dossier qui pourrait bien aboutir à un scénario encore jamais vu dans l'histoire de l'Union européenne.

1. Comment en est-on arrivé là ?

Souvent évoquée par le passé, l'idée d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne a été clairement mise sur la table par David Cameron en 2013. Le premier ministre britannique promet alors l'organisation d'un référendum d'ici fin 2017 sur la question en cas de réélection. Reconduit dans ses fonctions au 10 Downing Street, le chef du gouvernement britannique a alors promis en mai 2015 de faire cette consultation, sous la pression des eurosceptiques et pour éviter que le camp des pro-"Brexit" ne grandisse. Ce référendum aura ainsi lieu le 23 juin 2016.

2. Que contient l'accord passé entre le Royaume-Uni et l'UE ?

Vendredi 19 février, après plusieurs heures de négociations à Bruxelles, les 28 États membres de l'Union européenne ont trouvé un compromis visant à éviter le scénario du "Brexit". Au sortir des tractations, David Cameron s'est félicité sur Twitter d'avoir obtenu un "accord qui donne au Royaume-Uni un statut spécial dans l'UE".

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Le premier ministre britannique s'est notamment satisfait d'avoir obtenu des restrictions pour une durée de sept ans sur les avantages sociaux octroyés aux migrants européens. Il s'est aussi réjoui de s'être assuré des protections contre toute discrimination des pays utilisant la monnaie unique, en faisant en sorte que l'Union européenne reconnaisse "pour la première fois" qu'elle avait plusieurs monnaie. Sur la souveraineté, David Cameron a obtenu de pouvoir mettre en place un "système de carton rouge" qui, sur décision de 55% de l'ensemble des parlements nationaux de l'UE, d'opposer un veto à Bruxelles.

3. Quel est le rapport de force pour le référendum ?

Après l'annonce de l'accord trouvé à Bruxelles, David Cameron n'a pas tardé à annoncer qu'il allait tout faire pour maintenir le Royaume-Uni au sein de l'Union européenne. Il a ainsi annoncé son intention de faire campagne contre le "Brexit" en vue du référendum du 23 juin. "Je pense que cela suffit pour recommander que le Royaume-Uni reste dans l'UE".

Mais le résultat de ce vote demeure particulièrement incertain. Car David Cameron fait face à un parlement où l'euroscepticisme est puissant et se fait particulièrement entendre dans son propre camp, le Parti conservateur. Son combat s'annonce d'autant plus compliqué que les partisans du "Brexit" ont désormais un meneur : Boris Johnson, l'influent maire de Londres. "Je ferai campagne pour partir", a-t-il clairement annoncé. Il rejoint ainsi cinq ministres, dont celui à la Justice, dans le camp des pro-"Brexit".

4. Le "Brexit" est-il vraiment possible ?

Si les pro-"Brexit" remportent le référendum, le Royaume-Uni s'engagerait donc pour entreprendre sa sortie de l'Union européenne. Le processus, prévu par l'article 50 du Traité de Lisbonne, prévoit des négociations entre le pays sortant et les autres membres de l'UE. Toutes les parties doivent s'entendre dans les deux ans, sauf si elles s'entendent sur la prolongation de ce délai. L'accord devra notamment définir si le Royaume-Uni entreprend une sortie totale ou reste dans l'Espace économique européen, l'union économique de l'UE.

À propos des conséquences, les avis divergent concernant l'impact d'une sortie sur l'économie britannique. Selon un rapport du think tank Open Europe, cité par Le Monde, le PIB du Royaume-Uni pourrait, dans le pire des cas, perdre 5 points de PIB ou, au mieux, en gagner 6. Pour l'Union européenne, le coût serait colossal et représenterait une perte de 14% du PIB, selon un rapport de la fondation allemande Bertelsmann Stiftung. À noter par ailleurs qu'un "Brexit" provoquerait l'organisation d'un nouveau référendum sur l'indépendance de l'Écosse, qui se montre hostile à un départ.

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