2 min de lecture Violence

Brésil : la police de Rio a tué 1.810 personnes en 2019

Le nouveau gouverneur de Rio a préconisé dès son arrivée l'utilisation de snipers pour abattre des suspects munis d'un fusil d'assaut. En moyenne, cinq personnes sont abattues chaque jour dans la ville brésilienne.

Une intervention policière dans une favela de Rio en octobre 2019
Une intervention policière dans une favela de Rio en octobre 2019 Crédit : Daniel RAMALHO / AFP
Thomas Pierre
Thomas Pierre et AFP

Cinq morts par jour en moyenne. La police de Rio de Janeiro a tué 1.810 personnes en 2019, un record. Un chiffre qui a bondi de 18% par rapport à 2018, alors même que les homicides volontaires (hors violences policières) ont parallèlement chuté de 19% dans ce haut lieu du tourisme au Brésil. 

Ces données correspondent à la première année de mandat du nouveau gouverneur de Rio, élu en grande partie en raison de son alignement sur la politique sécuritaire du président d'extrême droite Jair Bolsonaro. Wilson Witzel a notamment préconisé dès son entrée en fonction l'utilisation de snipers pour abattre à distance des suspects munis d'un fusil d'assaut.

"Quand on voit que les forces de l'ordre sont responsables de plus d'un tiers des morts violentes, cela montre à quel point notre modèle de sécurité est marqué par la violence policière", explique à l'AFP Silva Ramos, spécialiste du Centre de recherches sur la sécurité et la citoyenneté (Cesec) de l'Université Candido Mendes.

"À Rio, les grandes opérations policières sont devenues ces dernières années la principale forme d'intervention des forces de l'ordre. C'est une politique axée sur la confrontation et pas assez sur le renseignement et la planification", déplore-t-elle.

Des enfants tués par des balles perdues

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Les chiffres montrent toutefois que le nombre de personnes tuées par la police a baissé progressivement au cours du second semestre (196 en juillet, 173 en août, 154 en septembre, 144 en octobre, 135 en novembre et 124 en décembre).

Selon Silvia Ramos, le gouverneur Witzel "a débuté son mandat avec un discours très agressif, mais les effets collatéraux, notamment les enfants tués par des balles perdues, ont eu une telle répercussion qu'il a dû changer de cap".

Elle fait notamment allusion au cas de la petite Agatha, 8 ans, tuée dans une favela en septembre dernier, un drame qui avait choqué tout le pays. Le Parquet a requis en décembre dernier l'inculpation d'un policier, l'enquête ayant montré que la balle avait été tirée de son arme.

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