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Brésil : Jair Bolsonaro, candidat d’extrême droite, élu président

L'ex-capitaine de l'armée a été élu haut la main, dimanche 28 octobre, avec 55,15 % des voix contre 44,85% pour son adversaire de gauche.

Jair Bolsonaro a récolté plus de 48% des vois au premier tour de l'élection présidentielle au Brésil (archives).
Jair Bolsonaro a récolté plus de 48% des vois au premier tour de l'élection présidentielle au Brésil (archives). Crédit : CC / Attribution 3.0 Brésil
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Félix Roudaut
et AFP

Le Brésil a un nouveau président en la personne de Jair Bolsonaro. Appelant à "changer le destin du Brésil", le candidat d'extrême droite a été élu haut la main dimanche 28 octobre, avec 55,15% des voix, contre 44,85% pour son adversaire de gauche Fernando Haddad. "Nous ne pouvons plus continuer à flirter avec le socialisme, le communisme, le populisme de gauche", a affirmé ce chantre de la dictature militaire (1964-1985) dans son premier discours, retransmis en direct sur Facebook.

"Ensemble, nous allons changer le destin du Brésil", a insisté l'ex-capitaine de l'armée de 63 ans, qui prendra les rênes du plus grand pays d'Amérique Latine en janvier, grâce aux suffrages de plus de 57 millions d'électeurs. Dès l'annonce des premiers résultats partiels, des feux d'artifice ont été tirés sur la plage de Barra da Tijuca, où des dizaines de milliers de partisans de Bolsonaro étaient rassemblés devant son domicile pour célébrer la victoire de l'ex-capitaine de l'armée.

Après le scrutin du 7 octobre qui a vu Bolsonaro frôler une élection dès le premier tour (46% des suffrages), les Brésiliens ont fait leur choix plus par rejet que par conviction : "contre la corruption" pour le candidat d'extrême droite, "contre la haine" pour celui de gauche. 

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"Bolsonaro va balayer les corrompus"

Alvaro Cardoso, 55 ans, n'a pas hésité : "Bolsonaro va balayer les corrompus, il va chasser ces escrocs, ces communistes", veut-il croire après avoir voté à Rio pour le candidat d'extrême droite qui a capitalisé sur l'exaspération des Brésiliens. Renata Arruda, 41 ans, a voté Haddad. "Je n'ai jamais vécu une élection aussi polarisée. Je pense que c'est à cause de Bolsonaro qui est quelqu'un d'agressif, de fou. J'ai très peur", lance-t-elle en fondant en larmes dans un bureau à Sao Paulo.
 
De nombreux électeurs de gauche se sont rendus aux urnes avec un livre sous le bras, un pied de nez aux électeurs de Jair Bolsonaro, dont certains s'étaient photographiés votant au premier tour avec une arme. 1984 de George Orwell ou encore Comment meurent les démocraties de Daniel Ziblatt et Steven Levitsky faisaient partie des titres sélectionnés par les électeurs qui, sous les mots clé #LivroSim et #Armanao (Livre oui, arme non), postaient des photos sur les réseaux sociaux.

Autre livre et autre message, Dias Toffoli, le président de la Cour suprême, s'est rendu aux urnes avec la Constitution. "Le futur président devra respecter les institutions, la démocratie et l'État de droit", a-t-il déclaré. Pour Marcio Coimbra, de l'Université presbytérienne Mackenzie, le Brésil a des garde-fous solides avec "un parquet fort, une Cour suprême forte et un Congrès qui fonctionne". 

"Démocratie en danger"

Jair Bolsonaro a voté dans la matinée à Rio, évitant soigneusement la foule. Accompagné de sa troisième épouse Michelle, il n'a fait aucune déclaration, "pour des raisons de sécurité". Le vote a été moins tranquille à Sao Paulo pour Fernando Haddad, accueilli par des partisans brandissant des roses et entonnant des chansons traditionnelles de la gauche. "La démocratie est en danger. Les libertés individuelles sont en danger", a-t-il déclaré. Mais "le Brésil s'est réveillé ces derniers jours. J'attends les résultats avec beaucoup d'espoir".

Après une dure campagne de l'entre-deux tours, alimentée par des discours de haine et émaillée de violences, le vote s'est déroulé dans le calme, a confirmé le ministre de la Sécurité publique, Raul Jungmann. Le président sortant Michel Temer a indiqué de son côté que la transition débuterait "dès demain", lundi 29 octobre. 

Pays en crise

Dans un pays miné par une violence record, le marasme économique, une corruption endémique et une crise de confiance aiguë dans la classe politique, Jair Bolsonaro a réussi à s'imposer comme l'homme à poigne dont le Brésil aurait besoin. Catholique défenseur de la famille traditionnelle, il a reçu le soutien crucial des puissantes églises évangéliques et a indigné, par ses déclarations outrancières, une bonne partie des Noirs, des femmes et des membres de la communauté LGBT.

Fernando Haddad, 55 ans, a promis de "rendre le Brésil heureux de nouveau" comme sous les mandats de Lula dans les années de croissance (2003-2010). Mais il n'a pas fait l'autocritique du PT, jugé responsable par beaucoup des plaies actuelles du pays, notamment la corruption.

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L'ex-capitaine de l'armée a été élu haut la main, dimanche 28 octobre, avec 55,15 % des voix contre 44,85% pour son adversaire de gauche.
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2018-10-28 23:21:00
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