2 min de lecture Presse

Birmanie : Paris et l'ONU se soulèvent contre la condamnation des deux journalistes

Deux journalistes birmans de l'agence de presse britannique Reuters ont été condamnés lundi 3 septembre à 7 ans de prison pour une enquête sur le massacre des Rohingyas dans la région.

Les journalistes Kyaw Soe Oo et Wa Lone menottés après leur sentence à 7 ans de prison en Birmanie, lundi 3 septembre
Les journalistes Kyaw Soe Oo et Wa Lone menottés après leur sentence à 7 ans de prison en Birmanie, lundi 3 septembre Crédit : Ye Aung THU / AFP
Cécile De Sèze
Cécile De Sèze
et AFP

Condamnés pour une enquête journalistique. Deux Birmans qui travaillent pour l'agence de presse britannique Reuters vont devoir faire 7 ans de prison à Rangoun. Le jugement a été rendu lundi 3 septembre. Wa Lone, 32 ans, et Kyaw Soe Oo, 28 ans, avaient fait des recherches fouillées sur le massacre des musulmans rohingyas par l'armée. Ils ont été accusés d'"atteinte au secret d'État".

De quoi faire bondir la communauté internationale, à commencer par la Grande-Bretagne. Reuters, dans la foulée, dénonce des "accusations montées de toutes pièces destinées à les réduire au silence et à intimider la presse". Londres a pris le relais en demandant la libération "immédiate" des deux reporters : "Dans toute démocratie, les journalistes doivent être libres d'exercer leur métier sans crainte ni intimidation. Ce verdict porte atteinte à la liberté de la presse en Birmanie". 

Paris a vite rejoint le cercle. "La France réitère son appel à leur libération et au respect de leurs droits fondamentaux, ainsi qu'au libre accès des médias dans l'État de l'Arakan" (État Rakhine), région du nord-ouest du pays où vit la minorité musulmane rohingya persécutée, a déclaré un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Tout le procès était une parodie de justice

Michelle Bachelet, cheffe de l'ONU pour les droits de l'Homme
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La cheffe de l'ONU pour les droits de l'Homme, Michelle Bachelet, a aussi demandé leur libération "immédiate". "J'ai été choquée. (...) Tout le procès était une parodie de justice", a-t-elle déclaré à un pool de journalistes. "Je pense que l'information qu'ils ont donnée sur le massacre était d'intérêt public, a-t-elle ajouté. J'exhorte donc le gouvernement de Birmanie à les libérer dès que possible, immédiatement", a-t-elle dit, indiquant peu après dans un communiqué qu'elle appelait à une libération "sans condition". 

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"Leur condamnation fait suite à un processus juridique qui a clairement violé les normes internationales. Elle envoie le message à tous les journalistes de Birmanie qu'ils ne peuvent pas opérer sans crainte, mais qu'ils doivent plutôt choisir entre l'autocensure ou le risque de poursuites judiciaires", a-t-elle estimé. 

Wa Lone et Kyaw Soe Oo enquêtaient sur un massacre de membres de la minorité musulmane dans le village de Inn Dinn. Quelques jours après leur arrestation, l'armée a reconnu que des soldats et des villageois bouddhistes avaient tué de sang-froid des captifs rohingyas le 2 septembre 2017, et sept militaires ont été condamnés à dix ans de prison pour ce massacre. 

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