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Birmanie : deux humanitaires "portés disparus" après la découverte de corps calcinés

Le véhicule privé de deux employés de l'ONG Save The Children aurait été "attaqué et incendié" vendredi 24 décembre, lors d'une attaque imputée à la junte.

Des véhicules et des dizaines de corps calcinés avaient été retrouvés à l'est de la Birmanie vendredi 24 décembre.
Des véhicules et des dizaines de corps calcinés avaient été retrouvés à l'est de la Birmanie vendredi 24 décembre.
Crédit : Handout / KARENNI NATIONALITIES DEFENSE FORCE (KNDF) / AFP
Florine Boukhelifa & AFP

L'ONG Save the Children a annoncé samedi 25 décembre que deux membres de son personnel en Birmanie étaient "portés disparus", après la découverte de plus de 30 corps calcinés dans des véhicules pris la veille dans une attaque imputée à la junte, dans l'est du pays. Plus tôt, des photos avaient été diffusées sur les médias sociaux montrant deux camions et une voiture incendiés sur une route du canton de Hpruso, avec des corps à l'intérieur.

"Lorsque nous sommes allés vérifier dans la zone ce matin, nous avons trouvé des cadavres brûlés dans deux camions. Nous avons trouvé 27 cadavres", a déclaré à l'AFP sous couvert d'anonymat un responsable de la rébellion opposée à la junte au pouvoir, les Forces de défense du peuple (PDF). Un autre témoin a dit que "27 crânes" ont été identifiés, "mais il y avait d'autres cadavres dans le camion, tellement calcinés que nous n'avons pas pu les compter".

Save The Children a ensuite annoncé que deux membres de son personnel avaient été "pris" et étaient portés disparus. "Nous avons la confirmation que leur véhicule privé a été attaqué et incendié", a déclaré l'ONG britannique de défense des droits de l'enfant dans un communiqué. Les deux employés rentraient chez eux après une mission humanitaire dans la région, selon Save the Children, précisant avoir suspendu ses œuvres dans plusieurs régions.

La junte reconnaît des affrontements

"Nous sommes horrifiés par la violence visant des civils innocents et notre personnel qui se dédie à des tâches humanitaires, en aidant des millions d'enfants dans le besoin en Birmanie", a commenté la dirigeante de cette ONG britannique centenaire, Inger Ashing. En octobre, l'ONG avait déploré la destruction de ses bureaux dans la ville de Thantlang, dans l'ouest, dans un bombardement de la junte qui avait aussi rasé des dizaines de maisons après des combats avec un groupe local rebelle.

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Selon l'observatoire Myanmar Witness, "35 personnes, dont des enfants et des femmes, ont été brûlées et tuées par les militaires le 24 décembre dans le canton de Hpruso". Un porte-parole de la junte, Zaw Min Tun, a admis pour sa part que des affrontements avaient éclaté à Hpruso vendredi après que des soldats ont tenté d'arrêter sept voitures conduisant de manière "suspecte". Ils ont tué un certain nombre de personnes dans ces violences, a dit à l'AFP le porte-parole, sans donner de détails.

1.300 civils tués depuis le coup d'État militaire

La Birmanie a sombré dans le chaos depuis le putsch du 1er février qui a mis fin à une transition démocratique de 10 ans. En 10 mois, plus de 1.300 civils ont été tués, selon une ONG locale, l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP), qui rapporte des cas de tortures et d'exécutions extrajudiciaires. En réaction, les milices citoyennes PDF ont vu le jour dans le pays et infligent régulièrement des revers à la puissante armée birmane.

Dix mois après le coup d'État militaire contre son gouvernement, l'ex-dirigeante Aung San Suu Kyi, la lauréate du Prix Nobel de la paix 1991, vit assignée à résidence. En cherchant à l'écarter et à étouffer son influence et son parti, l'armée a peut-être ouvert la boîte de Pandore, avec une nouvelle résistance à la junte, parfois violente, qui gagne du terrain, selon des experts interrogés par l'AFP au début du mois.

Ces analystes soulignent que des centaines de personnes se sont rendues dans des zones contrôlées par les rebelles pour s'entraîner au combat et riposter à l'armée, à contre-courant du principe de non-violence prôné par Aung San Suu Kyi. Et les mois de répression sanglante n'ont laissé que peu d'espace pour le type de compromis caractéristique du gouvernement de l'ex-dirigeante avec les militaires, bien que la junte affirme vouloir organiser de nouveaux scrutins.

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