3 min de lecture États-Unis

Barack Obama se rendra à Cuba pour une visite historique

Plus aucun président des États-Unis n'a mis les pieds sur l'île depuis 1928. Barack Obama pourrait être le premier d'ici quelques semaines.

Les présidents cubain Raul Castro et américain Barack Obama se sont déjà rencontrés le 29 septembre 2015
Les présidents cubain Raul Castro et américain Barack Obama se sont déjà rencontrés le 29 septembre 2015 Crédit : MANDEL NGAN / AFP
Michael Ducousso et AFP

C'est une visite historique, du jamais vu depuis 1928 : un président des États-Unis va fouler le sol cubain. Barack Obama se rendra prochainement au pays de Fidel et Raul Castro. C'est l'illustration spectaculaire du processus de rapprochement entamé par les deux anciens pays ennemis après un demi-siècle de tensions.

L'exécutif américain devrait en dévoiler un peu plus ce jeudi 18 février, sur ce déplacement "dans les semaines à venir" de Brarack Obama. Le locataire de la Maison Blanche se rendra en Amérique latine, et notamment à Cuba, a d'ores et déjà indiqué un responsable américain sous couvert d'anonymat. La dernière visite d'un président américain en exercice sur l'île située au large de la Floride remonte à 1928, avec celle de Calvin Coolidge. À un an de la fin de son mandat, le président Obama, deviendra donc le premier à fouler le sol cubain depuis la révolution castriste de 1959.

Les Républicains crient au scandale

Le 44e président des États-Unis a, à plusieurs reprises, exprimé sa volonté de se rendre à Cuba tout en soulignant que cela ne l'intéressait pas de "simplement valider le statu quo". "Ce que j'ai dit au gouvernement cubain est : si nous voyons clairement des progrès sur les libertés des Cubains ordinaires, je serais ravi de me rendre sur place pour mettre ces progrès en lumière", avait-il déclaré en décembre. "Si je me rends sur place, il est clair que je dois être en mesure de parler à tout le monde", avait-il ajouté.

En pleine campagne des primaires, l'annonce de cette visite a suscité de vives réactions dans le camp républicain à l'approche de l'élection présidentielle de novembre. Parmi les candidats à la Maison Blanche, Marco Rubio, né à Miami de parents cubains, s'est montré particulièrement critique, en soulignant qu'il ne se rendrait sur place que si l'île était "libre" : "Il n'y a pas d'élection à Cuba. Il n'y a pas de choix à Cuba. (...) Aujourd'hui, un an et deux mois après l'ouverture, le gouvernement cubain reste aussi oppressif que jamais", a-t-il déclaré sur CNN, qualifiant le régime de La Havane de "dictature communiste anti-américaine".

À lire aussi
Images du cargo Dragon à son arrivée à la station spatiale en avril 2016 espace
Station spatiale internationale : un premier délit dans l'espace ?

Le sénateur du Texas, Ted Cruz, également en lice dans la primaire républicaine, a aussi critiqué l'initiative, déplorant que le président "permette que des milliards de dollars aillent à des tyrans qui détestent l'Amérique".

Un rapprochement de plus en plus concret

Depuis 50 ans, des centaines de milliers de Cubains ont émigré aux États-Unis. Si les émigrés "politiques" des débuts de la Révolution restent farouchement opposés à tout rapprochement avec le régime de La Havane, les immigrés plus récents ont de leur côté conservé de solides attaches dans l'île et ont accueilli beaucoup plus favorablement l'annonce d'un dégel survenue le 17 décembre 2014. Barack Obama avait annoncé, à la surprise générale, sa volonté d'entamer "un nouveau chapitre" avec Cuba, constatant sans détour l'échec d'un demi-siècle d'isolement du régime communiste. "Todos somos americanos" (Nous sommes tous américains), lançait-il lors d'une allocution depuis la Maison Blanche, après s'être entretenu par téléphone avec son homologue cubain Raul Castro.

À plusieurs reprises depuis, le 44e président des États-Unis a appelé à poursuivre la normalisation engagée, demandant au Congrès de lever l'embargo imposé à Cuba par John F. Kennedy en 1962 et sévèrement renforcé par la loi Helms-Burton de 1996. Il y a quelques semaines, il expliquait encore son choix à ses adversaires républicains lors de son discours sur l'État de l'Union : "Cinquante ans passés à isoler Cuba n'ont pas réussi à promouvoir la démocratie et nous ont fait reculer en Amérique latine. Vous voulez renforcer notre leadership et notre crédibilité sur le continent ? Admettez que la Guerre froide est finie. Levez l'embargo", a-t-il ajouté.

Après l'annonce du rapprochement entre Washington et La Havane en décembre 2014, les deux pays ont rétabli leurs relations diplomatiques en juillet 2015. Le secrétaire d'État John Kerry s'est rendu à La Havane en août pour la réouverture de l'ambassade américaine. Les liaisons aériennes commerciales régulières entre les États-Unis et Cuba, interrompues depuis plus de 50 ans, vont reprendre prochainement, ont annoncé cette semaine les deux pays. La loi américaine continue cependant d'interdire de voyager à Cuba pour des activités touristiques.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
États-Unis Barack Obama Cuba
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7781943764
Barack Obama se rendra à Cuba pour une visite historique
Barack Obama se rendra à Cuba pour une visite historique
Plus aucun président des États-Unis n'a mis les pieds sur l'île depuis 1928. Barack Obama pourrait être le premier d'ici quelques semaines.
https://www.rtl.fr/actu/international/barack-obama-se-rendra-a-cuba-pour-une-visite-historique-7781943764
2016-02-18 09:30:42
https://cdn-media.rtl.fr/cache/0C_MGkWkoyt4azo6WDtocw/330v220-2/online/image/2016/0218/7781944881_les-presidents-cubain-raul-castro-et-americain-barack-obama-se-sont-deja-rencontres-le-29-septembre-2015.jpg