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Irak : plus de 80 morts dans l'incendie d'un hôpital, le ministre de la Santé suspendu

Plus de 80 personnes ont perdu la vie au cours d'un incendie survenu ce dimanche 25 avril, dans un hôpital de Bagdad. Le ministre de la Santé a été suspendu.

Cet hôpital se trouve dans la périphérie reculée de Bagdad.
Cet hôpital se trouve dans la périphérie reculée de Bagdad.
Crédit : AHMAD AL-RUBAYE / AFP
Charline Vergne

Plus de 80 personnes ont perdu la vie, ce dimanche 25 avril, dans un hôpital de Bagdad, la capitale irakienne. Un incendie les a privées d'oxygène et elles ont été étouffées par les fumées ou carbonisées. Cette tragédie, qui s'est déroulée dans un hôpital dédié au coronavirus, a été occasionnée par diverses négligences. Ces dernières ont entraîné la suspension de plusieurs responsables, dont le ministre de la Santé.

Les faits ont commencé avant l'aube, avec l'explosion de plusieurs bouteilles d'oxygène "stockées sans respect des conditions de sécurité", d'après le témoignage de médecins de l'hôpital Ibn al-Khatib, auprès de l'AFP. Ensuite, les flammes ont dévoré pendant de longues heures les faux-plafonds, non ignifugés, sous lesquels des patients sous respirateur ont été brutalement arrachés à leur lit. 

Le dernier bilan du ministère de l'Intérieur fait état de  "82 personnes tuées et 110 blessées". Un nombre de victimes extrêmement conséquent, car l'hôpital n'était pas équipé. Aussi, les pompiers ne sont arrivés que tardivement sur place, l'hôpital étant localisé dans la périphérie reculée de Bagdad.

Des victimes privées de ventilateurs et étouffées

En attendant l'arrivée des secouristes, des dizaines de malades, accompagnés de leurs proches, se sont efforcés de fuir, empruntant des escaliers de service étriqués. Ils ont pu bénéficier de l'aide de nombreux habitants, venus les soutenir. Amir, 35 ans, a expliqué avoir "sauvé de justesse ses frères qui se trouvaient à l'hôpital. Ce sont les gens qui ont sorti les blessés". De son côté, la Défense civile a indiqué que "l'hôpital n'a pas de système de protection contre les incendies et les faux-plafonds ont permis la propagation du feu. [...] La plupart des victimes sont mortes car elles ont été déplacées et privées de ventilateurs. D'autres ont été étouffées par la fumée".

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Après ce drame, le hashtag "Démission du ministre de la Santé", resté aux abonnés absents depuis l'incendie, s'est retrouvé en tête des mots-clés partagés sur Twitter, en Irak.
Moustafa al-Kazimi, le Premier ministre, a proclamé trois jours de deuil national. Il a par ailleurs "suspendu" et "mis à la disposition des enquêteurs" le ministre de la Santé, Hassan al-Tamimi. La même sanction a été appliquée au gouverneur de Bagdad et au patron de la Santé, pour l'est de Bagdad. "Les résultats de cette enquête seront présentés sous cinq jours au gouvernement", d'après un communiqué rédigé par le bureau du Premier ministre.

"Corruption et mauvaise gestion"

Le directeur de l'hôpital, ainsi que les chefs de la sécurité et de l'entretien technique d'Ibn al-Khatib, ont quant à eux été convoqués pour un interrogatoire, dans la nuit. Barham Saleh, le président de la République, a fustigé la situation : "La tragédie d'Ibn al-Khatib est le résultat d'années de sape des institutions de l'État par la corruption et la mauvaise gestion." Quant à la Commission gouvernementale des droits humains, elle a jugé ce drame comme un "crime" commis contre "des patients harassés par le Covid-19 qui ont remis leur vie entre les mains du ministère de la Santé, et qui au lieu d'être guéris, ont péri".

La mission de l'ONU en Irak a témoigné "sa douleur" et s'est dite "sous le choc". De son côté, le pape François, en Irak début mars, a appelé à "prier" pour les victimes.

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