4 min de lecture Attentats à Bruxelles

Attentats à Bruxelles : l'horreur a frappé la capitale belge, deux fois

RÉCIT - Le 22 mars 2016, une double explosion à l'aéroport de Bruxelles est suivie d'une troisième attaque explosive dans le métro. Les attentats revendiqués par Daesh ont fait 32 morts et 340 blessés. C'était il y a deux ans.

La double attaque terroriste perpétrée à Bruxelles le 22 mars 2016 et revendiquée par Daesh, a fait 32 morts
La double attaque terroriste perpétrée à Bruxelles le 22 mars 2016 et revendiquée par Daesh, a fait 32 morts Crédit : PATRIK STOLLARZ / AFP
Ceciledeseze75
Cécile De Sèze
Journaliste RTL

8 heures du matin. Les Bruxellois prennent leur chemin quotidien pour se rendre au travail. D'autres vont à l'aéroport de Zaventem pour attraper leur vol. Ce 22 mars 2016, pourtant, rien ne se passera comme d'habitude. 

Moins de quatre mois après le choc des attentats à Paris et Saint-Denis, c'est la Belgique qui est frappée par la terreur jihadiste. Quatre jours avant, le seul survivant parmi les assaillants des attaques parisiennes, Salah Abdeslam, est arrêté à Molenbeek. La cellule terroriste franco-belge, au nom de l'État islamique, précipite alors son action et décide d'accélérer la mise en place de son offensive kamikaze.

Ce mardi de printemps restera la journée la plus meurtrière connue sur le territoire. 32 personnes ont perdu la vie. 340 ont été blessées. La Belgique a ensuite élevé son alerte anti-terroriste à son plus haut niveau et fait patrouiller les militaires dans les rues. Les villes européennes sont devenues des cibles pour le terrorisme islamiste. Suivront Nice, Londres, Manchester, Berlin, Barcelone ou encore Stockholm.

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Explosions, fumée et panique à l'aéroport

C'est un peu avant huit heures que la première déflagration sème un vent de panique dans l'aéroport de Zaventem. Elle est suivie dans la foulée d'une seconde explosion, "plus grosse que la première". Les témoins racontent des scènes d'effroi. "Tout le monde a commencé à courir, on nous a évacué dans un sous-sol. Nous sommes sur les pistes, c'est la grosse panique, on ne sait rien. Je viens d'apprendre qu'une de mes collègues était gravement blessée, c'est affreux".

D'autres témoignages évoquent des tirs entendus dans le hall des départs avant les explosions, suivis de cris en arabe. "J'ai entendu un tir et après quelqu'un qui parlait en arabe", confirme Alphonse, un employé arrivé à l'aéroport à 4 heures du matin. "Puis j'ai entendu une forte détonation. C'était la panique générale. J'ai couru, je me suis caché. J'ai attendu cinq à six minutes comme ça. Un policier avait sa jambe complètement broyée. J'ai vu des gens couchés à terre avec beaucoup de sang qui ne bougeaient plus. C'était l'horreur".

J'ai vu des gens couchés à terre avec beaucoup de sang qui ne bougeaient plus

Alphonse, un employé de l'aéroport
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Des images des usagers blessés, ou pire, par l'effondrement du plafond tournent sur les réseaux sociaux. Certaines deviennent emblématiques, comme celle où l'on voit une femme à la veste jaune assise dans l'aéroport, recouverte de poussière, les vêtements déchirés et l'air ahuri. L'intérieur du bâtiment est ravagé. L'aéroport restera fermé pendant douze jours avant de petit à petit reprendre du service. 

La double attaque a été perpétrée par Ibrahim El Bakraoui et Najim Laachraoui. Un troisième individu, surnommé "l'homme au chapeau", a laissé ses explosifs sans se faire exploser. Il s'agit de Mohamed Abrini.

L'aéroport de Zaventem vu de l'intérieur après les explosions du 22 mars 2016
L'aéroport de Zaventem vu de l'intérieur après les explosions du 22 mars 2016 Crédit : Captures d'écran Twitter

Dans une rame du métro bondée, la terreur continue

Environ une heure après, à 9h10, une nouvelle cible est visée par un troisième kamikaze. C'est l'heure de pointe et les rames sont bondées quand Khalid El Bakraoui, frère du premier terroriste de l'aéroport, se fait exploser à la station Maelbeek, dans le quartier européen à une dizaine de kilomètres de la première attaque terroriste, où se dressent la Commission européenne, le Conseil européen et plusieurs institutions européennes majeures. Un second individu qui l'accompagne quitte le réseau de transports sans actionner quoique ce soit.

C'est difficile à croire depuis Paris, et pourtant... La terreur n'est pas finie. "On a entendu des cris, des gens en crise nerveuse, des hurlements de femmes"raconte Mercedes, qui se trouvait dans un hôtel à proximité de la station de métro visée. "Il y avait des gens assis avec des couvertures métalliques. On entendait aussi des gens respirer comme en état de choc. Il y avait entre trente et quarante personnes et des brancards, avec un gars emballé de la tête aux pieds, ou presque, assis avec des ambulanciers". Les usagers du métro bruxellois sont évacués dans les tunnels et s'enfoncent peu à peu dans le noir avant que des agents ne viennent les délivrer.

Il y a eu un gros flash de lumière et tout le métro a explosé

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"Il y a eu un gros flash de lumière et tout le métro a explosé. Les fenêtres nous sont tombées dessus et les portes se sont ouvertes", confie une habitante à la Libre Belgique. Arrivés sur place, les secours découvrent une scène de chaos digne des pires théâtres de guerre. "C'est indescriptible. Tout est en morceaux. Tout est détruit. En une quarantaine d'années de métier, c'est la chose la plus grave que j'ai vue", raconte un porte-parole des pompiers bruxellois au quotidien belge. 

L'intérieur de la rame de métro après l'explosion à Maelbeek à Bruxelles mardi 22 mars 2016
L'intérieur de la rame de métro après l'explosion à Maelbeek à Bruxelles mardi 22 mars 2016 Crédit : Capture d'écran RTL BE

La Belgique plonge ensuite dans une panique totale. La capitale est partiellement bloquée et la population est invitée à rester chez elle. Quant au troisième homme "au chapeau", identifié comme Mohamed Abrini, il est arrêté le 8 avril 2016. Tout comme Osama Krayem, celui qui a accompagné le kamikaze du métro pour finalement renoncer à se faire sauter. Aujourd'hui, ils sont 10 a avoir été inculpés dans l'enquête sur les attentats, dont le procès ne devrait pas avoir lieu avant 2019 au mieux, voire 2020.

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RÉCIT - Le 22 mars 2016, une double explosion à l'aéroport de Bruxelles est suivie d'une troisième attaque explosive dans le métro. Les attentats revendiqués par Daesh ont fait 32 morts et 340 blessés. C'était il y a deux ans.
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