3 min de lecture Attentats en Catalogne

Attentats en Espagne : TATP, location... Ce que prévoyaient les terroristes

ÉCLAIRAGE - Les auditions des quatre suspects encore en vie de la cellule jihadiste ont permis de mieux comprendre la préparation des terroristes et le déroulé des attentats.

Un policier devant la Sagrada Familia à Barcelone
Un policier devant la Sagrada Familia à Barcelone Crédit : PASCAL GUYOT / AFP
Claire Gaveau
Claire Gaveau
et AFP

Six jours après le double attentat en Catalogne, l'enquête permet d'en savoir davantage sur les intentions réelles des terroristes. Devant les juges, l'un des suspects a en effet confirmé que la cellule terroriste d'une douzaine de membres préparait "un attentat plus important" alors que les attaques de Barcelone et Cambrils ont fait 15 morts et 120 blessés.

Sur les quatre membres encore en vie de la cellule, arrêtés lors d'une opération de police à Ripoll, Mohamed Houli Chemlal, 21 ans, et Driss Oukabir, 27 ans, ont été inculpés mardi 22 août. Un troisième suspect, Mohammed Aalla, propriétaire de l'Audi, a été placé en liberté sous contrôle judiciaire alors que le juge a prolongé de trois jours, pour complément d'enquête, la garde à vue du quatrième, Sahl El Karib, qui tenait un taxiphone dans la petite ville située au pied des Pyrénées.

Dans l'ordonnance de placement en détention des deux suspects inculpés pour "appartenance à une organisation terroriste", "assassinats terroristes" et "possession d'explosifs", une foule de détails jusque là inconnus permettent de lever le voile sur la volonté première de la cellule terroriste, dont huit membres ont été tués.

Faire exploser des bâtiments

Ce plan de grande envergure, qui visait notamment de célèbres bâtiments comme la Sagrada Familia, a été mis à mal par l'explosion accidentelle d'une maison à Alcanar, au sud de Barcelone. Cette dernière était utilisée comme laboratoire par les terroristes présumés. L'imam de Ripoll, souvent placé au centre de cette organisation, a été tué dans cet accident.

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Dans les décombres, la police a découvert des indices démontrant leurs intentions criminelles, notamment "une grande quantité de bonbonnes de butane, de l'acétone, de l'eau oxygénée, du bicarbonate et une grande quantité de clous qui devaient être utilisés comme mitraille et des détonateurs pour déclencher l'explosion". Selon le juge en charge de l'enquête, la cellule a acheté 500 litres d'acétone, le 1er et 2 août, sans éveiller les soupçons. Cet ingrédient est pourtant utilisé dans la fabrication du TATP, un explosif particulièrement prisé par Daesh.

Sous les gravats, la police a aussi découvert un texte manuscrit, glissé dans un livre de couleur verte : "Au nom d'Allah.... Brève lettre des soldats de l'État islamique dans la terre d'Al-Andalous (l'Espagne, quand elle était sous domination musulmane, ndlr) à l'attention des croisés, des haineux, des pécheurs..." 

La mise en place d'un "plan B"

Ces auditions ont également permis d'établir que le 16 août, soit la veille des attentats, la cellule a loué deux camionnettes. La première, louée par Driss Oukabir, a servi pour l'attaque sur Les Ramblas. Ce dernier a assuré devant les juges qu'il pensait qu'elle allait servir à un déménagement. La seconde, louée par Mohamed Hichamy, n'a pas été utilisée et pose toujours question.

Prise de court à cause de l'explosion à Alcanar, la cellule jihadiste a rapidement décidé de passer à l'action et mis en place un "plan B". Faute d'explosifs, les membres encore en vie ont loué un nouveau véhicule le jeudi 17 août, dans l'après-midi. Mais le conducteur a abandonné la voiture après un accident près de Cambrils. Les jihadistes se sont alors rabattus sur la première fourgonnette, conduite par Younès Abouyaaqoub, sur les Ramblas.

Quelques heures après l'attaque de Barcelone, à 21h26, précisément, les cinq autres membres de la cellule ont acheté quatre couteaux et une hache à Cambrils avant d'emprunter l'Audi A3 de Mohamed Aalaa pour se rendre sur le fronton de la station balnéaire.

Des connexions avec l'étranger ?

Devant le juge, Mohamed Houli Chemlal a cherché à rejeter la responsabilité des attaques sur l'imam marocain tué dans l'explosion de la maison d'Alcanar. Son incarcération et celle de Driss Oukabir referment le premier chapitre de l'enquête sur ces attaques qui ont secoué l'Espagne après plus de sept ans sans attentat majeur, mais la police continue à enquêter sur de possibles ramifications internationales.

Au moins l'un des suspects s'est rendu à Zurich en décembre, selon la police fédérale suisse. Des billets d'avion pour Bruxelles au nom de l'imam ont aussi été trouvés à Alcanar. Et l'Audi A3 utilisée à Cambrils a été flashée près de Paris par un radar de contrôle de la vitesse le 12 août avec quatre personnes à son bord, selon le ministre français de l'Intérieur Gérard Collomb. 

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