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Ancienne infirmière, mère de deux enfants... Qui est Sarah Mullally, la première femme archevêque de Canterbury ?

Sarah Mullally s'apprête à marquer l'histoire ce mercredi 28 janvier en devenant la première femme à occuper le poste d'archevêque de Canterbury. À 63 ans, cette ancienne infirmière apportera son expérience unique à une Église anglicane en quête de renouveau et de réconciliation.

Sarah Mullally, première femme à la tête de l’Eglise d’Angleterre, le 12 novembre 2025 à Londres

Crédit : Stefan Rousseau / POOL / AFP

Eléonore Aparicio

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L’Église d’Angleterre s’apprête à vivre un moment historique. Pour la première fois depuis plus de mille ans, la charge d’archevêque de Canterbury sera exercée par une femme. Sarah Mullally, 63 ans, prendra officiellement ses fonctions, ce mercredi 28 janvier.
Sa nomination annoncée à l’automne 2025, marque un tournant symbolique pour l’anglicanisme, au moment où l’institution traverse de profondes interrogations théologiques, sociales et politiques, au Royaume-Uni comme dans l’ensemble de la communauté anglicane.

Cette mère de famille arrive dans le diocèse Canterbury avec un parcours atypique qui la distingue de nombre de ses prédécesseurs. Avant d’embrasser la vocation religieuse, elle a fait carrière dans le système de santé britannique. Infirmière de formation, spécialisée en oncologie, elle a gravi les échelons du National Health Service jusqu’à devenir l’une des figures majeures de la politique de santé publique en Angleterre.
Cette expérience, marquée par le soin, l’écoute et la gestion de grandes institutions, a profondément façonné sa manière de concevoir l’autorité et le service, une approche qu’elle revendique encore aujourd’hui dans son ministère pastorale.

Une entrée "tardive" dans l'Église

Sarah Mullally est entrée progressivement dans l'Église. Ordonnée au début des années 2000, à une période où l’ordination des femmes restait récente et contestée, elle s’est rapidement imposée par sa capacité à dialoguer avec des sensibilités diverses. De chanoinesse à Salisbury à évêque de Crediton, puis évêque de Londres, elle a occupé certains des postes les plus exposés de l’Église d’Angleterre, souvent dans des contextes tendus, où se mêlaient enjeux sociaux, médiatiques et ecclésiaux.

À Londres, elle s’est fait connaître pour son attention aux plus vulnérables, son engagement en faveur de la protection des personnes victimes d’abus et sa volonté de maintenir le dialogue au sein d’une Église traversée par de profondes divisions, notamment sur les questions de sexualité, de gouvernance et de place des femmes.

La nouvelle archevêque de Canterbury ne se présente pas comme une réformatrice, mais adopte une approche pragmatique, visant à concilier des positions souvent opposées plutôt qu'à les diviser.

Restaurer la confiance dans l'Église

En devenant archevêque de Canterbury, Sarah Mullally hérite d’un rôle à la fois spirituel et politique. Cheffe de l’Église d’Angleterre, mais aussi figure de référence pour l’ensemble de la Communion anglicane mondiale, elle devra composer avec des Églises aux traditions et aux visions très différentes, tout en répondant aux attentes d’une société britannique largement sécularisée.
Sa nomination, saluée comme un symbole fort d’ouverture, place sur ses épaules de grandes espérances, mais aussi le poids d’une institution en quête de renouveau. Elle succède à Justin Welby, qui a dû démissionner en 2024 après avoir été accusé d'avoir dissimulé un scandale de pédocriminalité. Sa première tâche sera de restaurer la confiance au sein d'une Église qui, pendant des décennies, a ignoré les agressions et abus commis par ses prêtres et laïcs sur des mineurs. 

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