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3 questions pour comprendre la situation en Tchétchénie, où les LGBT sont persécutés

Dès la fin du mois de mars, un journal indépendant russe a révélé que les autorités tchétchènes ont lancé une campagne de répression contre les homosexuels. Dans cette société conservatrice, en majorité musulmane, l'homosexualité est un crime passible de mort.

Ramzan Kadyrov, le président tchétchène, le 23 mars 2014 en Israël
Ramzan Kadyrov, le président tchétchène, le 23 mars 2014 en Israël
Crédit : MENAHEM KAHANA / AFP
Philippe Peyre & AFP

"Traqués, arrêtés et torturés". Si ces trois mots permettent de décrire l'enfer que doivent affronter les homosexuels tchétchènes au quotidien, aucun ne peut qualifier le crime odieux que les autorités seraient en train de mener. 

Les premières révélations, qui remontent à la fin du mois de mars, émanent d'un journal indépendant russe, Novaïa Gazeta, qui a mené l'enquête. Les autorités tchétchènes auraient lancé fin mars une campagne de répression contre les homosexuels ou considérés comme tels, qui seraient "traqués, arrêtés et torturés" dans des "prisons secrètes", selon le journal, précisant que plus d'une centaine de personnes seraient détenues et trois seraient décédées. 

À la mi-avril, les autorités de Tchétchénie, une république de la Fédération de Russie, auraient lancé un appel aux habitants, les exhortant à tuer les homosexuels dans leur famille pour "laver leur honneur". Ces soupçons de persécutions sont d'autant plus pris au sérieux que les milices du président Ramzan Kadyrov sont accusées depuis des années d'exactions et d'enlèvements.

1. Comment se défend le pouvoir tchétchène ?

Face à ces accusations mortifères, le président russe Vladimir Poutine a convoqué le président Kadyrov qui a démenti toute exaction envers les homosexuels dans son pays, qualifiant les articles de "provocateurs". Son porte-parole a réfuté ces informations d'une étrange façon, assurant que les gays "n'existent pas" dans la république.

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Pourtant, des homosexuels tchétchènes ayant fui à Moscou ont affirmé à l'AFP avoir été battus et détenus "dans une prison non-officielle", et vivre aujourd'hui la peur au ventre d'être identifiés et traqués par leur famille.

2. Que fait Vladimir Poutine ?

Confronté à la prise de position de la chancelière allemande lui demandant le 2 mai d'user de son "influence" pour mettre un terme à ces persécutions, le président russe n'a pas évoqué cette discussion ni le sort réservé aux homosexuels en Tchétchénie avant le 6 mai. 

Vladimir Poutine a ensuite assuré soutenir l'enquête, précisant que la déléguée pour les droits de l'Homme a été chargée de vérifier "les informations ou rumeurs, si l'on peut dire, concernant ce qui se passe chez nous dans le Caucase du nord avec des gens à l'orientation sexuelle non traditionnelle".

Si une enquête a été ouverte le 1er mai par le Parquet général russe, les enquêteurs ont assuré n'avoir reçu "aucune plainte officielle" de victime, selon la déléguée russe pour les droits de l'Homme Tatiana Moskalkova. 

"Imaginer que des personnes viennent témoigner sans garantie de sécurité est tout simplement impossible", s'est indignée Tania Lokchina, de l'ONG Human Rights Watch. "Les personnes LGBT, déjà extrêmement vulnérables, doivent, en plus des autorités, craindre leurs propres familles", a-t-elle expliqué. 

3. Comment réagit la communauté internationale ?

La chancelière allemande Angela Merkel a donc demandé mardi 2 mai au président russe d'user de son "influence" pour que les homosexuels soient respectés en Tchétchénie. "J'ai demandé au président qu'il use de son influence pour que les droits des minorités soient préservés", a déclaré la chancelière au cours d'une conférence de presse commune avec Vladimir Poutine à Sotchi. 

Il suffirait d'un coup de fil du Kremlin à Ramzan Kadyrov pour que les arrestations cessent

Tania Lokchina, de l'ONG Human Rights Watch

En France, la réaction s'est elle aussi faite attendre. Ce n'est qu'au lendemain de la prise de position d'Angela Merkel que l'on a appris que cinq chefs de la diplomatie de pays européens, dont la France, avaient écrit en date du 28 avril à leur homologue russe Sergueï Lavrov pour exprimer leur "profonde inquiétude" concernant le sort des homosexuels en Tchétchénie. 

"Nous appelons le gouvernement russe à user de son influence sur les autorités régionales de Tchétchénie pour faire cesser immédiatement toute persécution, apporter assistance aux victimes et déférer les auteurs devant la justice", ont conclu les ministres dans cette lettre. 

Pour Tania Lokchina, de l'ONG Human Rights Watch, "il suffirait d'un coup de fil du Kremlin à Ramzan Kadyrov pour que les arrestations cessent". 

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