3 min de lecture

Au moins neuf morts, trois hommes interpellés, un cortège funéraire visé : ce que l'on sait de l'attaque meurtrière contre une église en Jordanie

Trois hommes ont ouvert le feu sur un cortège funéraire dans un village du sud de la Jordanie vendredi 23 octobre. Ils ont été arrêtés trois jours plus tard, ce lundi, alors que le pays reste sous le choc après cette attaque inédite contre les chrétiens.

Les forces de l'ordre après une attaque contre une église à Hammoud (Jordanie) le 23 octobre 2026.

Crédit : afp

La rédaction numérique de RTL & AFP

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Mettre RTL en favori sur Google

Une attaque sans précédent contre les chrétiens de Jordanie. Trois personnes ont été arrêtées lundi 26 octobre matin après une attaque meurtrière contre une église grecque-orthodoxe dans ce royaume du Proche-Orient. "Nous avons arrêté les assassins, nous examinons toutes les circonstances poussant des jeunes vers l'extrémisme, et nous tiendrons pour responsables tous ceux dont l'implication sera établie", a déclaré le ministre de l'Intérieur Mazen Al-Faraya sur X. 

Neuf personnes sont mortes lors de ce drame d'après le dernier bilan, alors que 25 blessés sont toujours hospitalisées. Les autorités avaient recensé vendredi sept morts et 34 blessés.  

Des tirs sur un cortège funéraire

Ce drame s'est déroulé vendredi 23 octobre dans un village du sud du royaume, Hammoud, qui n'a qu'une centaine d'habitants. D'après les autorités, les assaillants sont sortis d'un véhicule et ont ouvert le feu sur un cortège funéraire. Un témoin a déclaré à la chaîne al-Mamlaka que les assaillants avaient tiré pendant cinq minutes avant de prendre la fuite. 
Des images de vidéosurveillance diffusées par al-Mamlaka montrent trois hommes, l'un avec une arme longue, deux autres avec une arme de poing, tirer à plusieurs reprises depuis l'extérieur vers l'église, avant de s'avancer vers l'édifice. 

Le père Yohanna Hamati a raconté à l'AFP qu'il se trouvait avec environ 170 à 200 personnes venues assister à des obsèques lorsque des tirs ont éclaté vendredi devant l'église. Selon lui, les personnes présentes dans le bâtiment n'ont "pas compris ce qui se passait" jusqu'à ce que les gens devant l'édifice, "traqués" par les hommes armés, ne se ruent à l'intérieur. "Rien de semblable ne s'était jamais produit, ni contre une église ni contre une mosquée", dit-il. Cela "ne correspond pas aux valeurs des Jordaniens". 

Trois personnes interpellées dans une maison abandonnée

Selon la télévision d'Etat, "les trois terroristes responsables de l'attaque" ont été arrêtés lundi matin "dans une maison abandonnée" dans le gouvernorat de Karak, où se trouve l'église visée. "Ils ont tous les trois été blessés lors d'un affrontement armé, tandis qu'aucun membre des forces de sécurité n'a été blessé", a-t-elle précisé sur X. 

"La cible d'une attaque terroriste menée par un groupe d'extrémistes"

Le roi de Jordanie, Abdallah II, a promis les "peines les plus sévères" aux auteurs de la fusillade. "Nous répondrons à l'attentat terroriste qui a visé Karak avec les peines les plus sévères", a-t-il déclaré sur X. "Ceux qui s'imaginent, à tort, que les balles de la trahison peuvent diviser le peuple jordanien verront leurs efforts mis en échec par notre unité", a-t-il ajouté, adressant ses condoléances aux familles des victimes. 

"La Jordanie a été la cible d'une attaque terroriste menée par un groupe d'extrémistes", a déclaré de son côté le ministre lors d'une conférence de presse. "Les services de sécurité sont mobilisés sans relâche pour traquer ses auteurs." Le Premier ministre Jafar Hassan a décrété un deuil national de trois jours de vendredi à dimanche, avec les drapeaux mis en berne sur les institutions gouvernementales et publiques. 

Un village sous le choc

Dans le village jordanien de Hammoud, le choc est profond. Des employés s'affairent dimanche à nettoyer les dernières traces de sang dans l'église Saint-Georges et à ses abords, où dominent stupeur et tristesse après l'attaque meurtrière sans précédent contre les chrétiens du royaume. 

Sayel Al-Khaitan, un médecin qui se trouvait dans l'église au moment de l'attaque, évoque une "véritable tragédie". "C'est une attaque criminelle, obscurantiste, haineuse", affirme-t-il à l'AFP, y voyant "le style de Daech", l'acronyme en arabe du groupe jihadiste État islamique qui a semé la terreur pendant des années en Syrie et Irak voisins. Des "tirs nourris", raconte-t-il, ont éclaté lors de funérailles d'une paroissienne. "Nous avons miraculeusement survécu", souffle-t-il. 

Dans le village, des responsables religieux et militaires, l'ambassadeur du Vatican en Jordanie et des dignitaires locaux se succèdent pour présenter leurs condoléances. Depuis l'attaque, des forces de sécurité sont déployées autour de l'église. 

Le village de Hammoud se trouve dans le gouvernorat de Karak, qui compte environ 375.000 habitants. Il abrite une importante communauté chrétienne. Les chrétiens représentent environ 3% de la population jordanienne, qui compte près de 11 millions d'habitants, majoritairement sunnites. 

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée