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Vivarte cède Minelli et San Marina : "un énorme gâchis", selon Bénédicte Tassart

Les chaussures Minelli et San Marina sont sous le coup d'une cessation et leurs employés n'ont plus qu'à croiser les doigts... L'ennemi de Vivarte, c'est bien la finance.

Une manifestation de syndicalistes du groupe Vivarte ici en 2017
Une manifestation de syndicalistes du groupe Vivarte ici en 2017
Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Vivarte cède Minelli et San Marina : "un énorme gâchis", selon Bénédicte Tassart
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Vivarte cède Minelli et San Marina : "un énorme gâchis", selon Bénédicte Tassart
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Bénédicte Tassart

Vivarte vend encore deux de ses enseignes, les chaussures Minelli et San Marina. Le groupe a annoncé lundi 5 novembre la cessation de ses deux marques. 1.447 salariés vont vivre des mois d'angoisse, avant de connaître le nom de leur éventuel repreneur et de s'assurer que leur emploi est conservé. 

La direction promet que l'argent dégagé par ces ventes va servir à redynamiser ce qui reste. On veut bien le croire mais, de fait, du géant de l'habillement qui possédait 17 marques, il ne reste plus aujourd'hui que Caroll et la Halle aux vêtements. Patrick Puy, le PDG, jure qu'il va mettre 100 millions d'euros sur 3 ans dans la Halle et 10 millions rien que cette année dans Caroll.

Les syndicats, eux, sentent une nouvelle entourloupe et parlent d'un démantèlement total du groupe avec, pourquoi pas, une vente de La Halle aux vêtements pour l'année prochaine. À ce stade, ce n'est plus du scepticisme, mais du désespoir. Depuis les années 2000, c'est une catastrophe : ont été vendus Naf-Naf, André, Kookaï, Défi mode, Chevignon, les chaussures Besson. 

Des enseignes vieillissantes

Vivarte est LE symbole d'une entreprise florissante au départ, victime de la finance. Le groupe est racheté dans les années 2000 par un fonds d'investissement britannique qui n'a pas l'argent, qui emprunte mais qui ne rembourse pas son prêt et c'est Vivarte qui, tous les mois, fait des virements aux établissements financiers. C'est légal, cela s'appelle un LBO. Mais pendant qu'il rembourse les banques, Vivarte n'investit plus. Le groupe n'en a plus les capacités, les enseignes vieillissent et les bénéfices chutent.

À lire aussi

La crise économique de 2008 n'arrange rien, Vivarte tombe ensuite dans les mains de fonds vautours, des fonds d'investissements américains qui ont bien repéré un Vivarte très endetté mais rentable... Ces fonds démantèlent, vendent par petites pièces pour encaisser les chèques. Huit enseignes ont été cédées en deux ans, des plans sociaux en boucle. 

En 2016, une dette d'un milliard et demi d'euros. Aujourd'hui, une partie de cette dette a été écrasée, mais il reste quand même un trou de plusieurs centaines de millions qu'il faut reboucher. Vivarte, c'est un gâchis énorme, à voir maintenant ce qu'il va advenir des deux survivants : La Halle et Caroll, qui sont deux belles marques mais qui ont besoin d'être soutenues. 

Les plus...

- Afflux de demandes de formation suite à la création du compte personnel. La loi Pénicaud prévoit qu'au 1er janvier prochain les heures de formation soient comptabilisées non plus en temps mais en euros. Chacun pourra acheter sa formation comme bon lui semble, promet le gouvernement. 

- Force Ouvrière se cherche une tête : clôture aujourd'hui des candidatures pour succéder à Pascal Pavageau, sorti après moins de 6 mois de mandat. 

- Il n'y a plus de houblon en France : il ne reste que 50 producteurs contre une centaine il y a 10 ans, alors que la consommation de bière est repartie à la hausse depuis 3 ans, grâce aux bières artisanales. 

La note du jour

Une note très objective ! Un 20 sur 20 à notre consœur Anaïs Bouissou, qui remporte le prix Varenne pour son reportage 24 heures en Ehpad, le lourd quotidien des soignants.

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