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Cette photographie, prise le 24 août 2026, montre des maisons endommagées après le passage d'une tornade à Pomas, dans le sud-ouest de la France. Une tornade a frappé le département de l'Aude le 24 août 2026.
Crédit : Idriss Bigou-Gilles / AFP
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Après le passage d'une tornade d'une rare violence à Pomas (Aude), habitants et autorités sont à pied d'œuvre pour déblayer et réparer ce qui peut l'être dans ce village des Corbières, où les dégâts matériels restaient impressionnants ce mardi 25 août : 300 maisons sur 500 ont été détruites, bien que le bilan humain reste heureusement limité à 39 blessés. "On a pas été bombardé par des missiles, on a été bombardé par la nature", a d'ailleurs réagi pour l'AFP le maire Hervé Giné, tandis que ses administrés sont dans un "état de choc".
Désormais, la plupart des sinistrés vont être contraints de se tourner vers leurs assureurs pour tenter d'être indemnisés. Depuis quelques mois, cette rengaine est d'ailleurs de plus en plus fréquente, entre les nombreuses inondations et plus récemment les incendies estivaux.
Quand un événement climatique endommage un logement ou une voiture, l’assureur ne rembourse toutefois pas automatiquement dans tous les cas. Si bien qu'on en vient à se demander s'il sera toujours possible d'assurer ses biens dans une dizaine d'années, au vu de l'intensité des effets du dérèglement climatique qui se font de plus en plus sentir.
"Non, aujourd'hui il y a suffisamment d'offres sur l'ensemble du territoire, et puis il y a quand même des mesures de prévention qui sont mises en œuvre, qui vont être intensifiées", répond Olivier Moustacakis, co-fondateur du comparateur d'assurances Assurland.com, sur RTL. On vous explique tout.
D'abord, la prise en charge dépend d’abord d’un point essentiel : le sinistre est-il reconnu comme catastrophe naturelle ? En France, le ministère de l'Intérieur peut décider de déclencher ce régime spécial après certains événements, comme une inondation ou un séisme. Une zone est alors délimitée, avec les communes concernées. Dans ce cadre, l’assuré doit payer une petite franchise, mais l’indemnisation couvre globalement les réparations.
Tous les sinistres liés au climat n’entrent pas dans ce dispositif, à l'image de la grêle. Tandis que les incendies ne sont pas considérés comme des catastrophes naturelles, même lorsqu'il s'agit de méga-feux comme observés en Gironde cet été, puisque l'origine est le plus souvent humaine. Dans ces situations, l’indemnisation dépend du contrat d’assurance et la logique est classique : plus il est cher, plus la couverture vous protège en cas de sinistre.
Le coût de la couverture spécifique des catastrophes naturelles (Cat-Nat) a déjà beaucoup augmenté et l'on parle même de surprime. Depuis janvier 2025, sa part est passée de 12 à 20% dans les contrats d’assurance habitation, et de 6 à 9% pour les assurances auto.
Au total, cela représente environ 40 euros supplémentaires par an pour un assuré, soit une hausse importante. Ce qui s'explique également par le fait que ce taux n’avait pas été relevé depuis 25 ans. En d'autres termes, c'est une sorte de rattrapage. La surprime doit désormais être révisée tous les 5 ans, conséquence de la récurrence et de la violence accrue de ces phénomènes.
Avant cette revalorisation, le régime était largement déficitaire. Aujourd’hui, il est revenu à l’équilibre. Si les sinistres climatiques continuent d’augmenter et que la surprime ne suit pas, le système pourrait redevenir déficitaire dans les années à venir et engendrer de nouvelles hausses en 2030.
À noter que le Cat-Nat repose sur un principe de solidarité. Concrètement, tout le monde paie cette surprime, y compris des personnes peu exposées : un habitant vivant au sixième étage d’un immeuble à Lyon, qui ne connaîtra probablement jamais un risque d’inondation direct au vu de la hauteur, y contribue. L’objectif est d’éviter une explosion des tarifs dans les zones les plus exposées.
Face aux risques plus élevés dans certaines zones, les assureurs peuvent par ailleurs arrêter d'assurer les particuliers. Comme il s'agit d'un marché privé libre, il n’y a aucun recours possible si un assureur décide de mettre fin au contrat. Mais c'est encadré : un assureur ne peut pas rompre un contrat du jour au lendemain juste après un sinistre. Il existe des échéances et des règles, ce qui laisse du temps à l’assuré pour chercher une autre solution.
Aujourd’hui il n’existe pas de zone blanche assurantielle en France : au pire, il y a moins d’assureurs dans certaines zones, ce qui fait gonfler les prix car il devient plus dur de faire jouer la concurrence.
Selon le dernier baromètre d'Assurland.com, les tarifs progressent beaucoup plus vite dans les zones les plus touchées par les sinistres. "En risque naturel, c'est la sécheresse qui va coûter le plus cher", confie Olivier Moustacakis d'Assurland.com. C’est notamment le cas de la Nouvelle-Aquitaine, où les prix ont augmenté de 20% l’an dernier, avec une nouvelle hausse attendue l’année prochaine.
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