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"C’est le portefeuille qui transpire" : pourquoi l’assurance habitation flambe avec les catastrophes naturelles

L’assurance habitation coûte en moyenne 310 euros par an, soit 36 euros de plus que l’an dernier, selon un baromètre d’Assurland publié ce matin. En cause : la multiplication des catastrophes naturelles. La question est simple : jusqu’où les primes vont-elles encore augmenter face au changement climatique ?

Des pompiers en intervention dans des habitations endommagées, dont certaines entièrement détruites, après une attaque de drones russes Shahed à Vilnyansk, dans la région de Zaporijjia, le 29 janvier 2026.

Crédit : JOSE COLON / ANADOLU / Anadolu via AFP

Pourquoi l'assurance habitation flambe avec les catastrophes naturelles et le coût des réparations?

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Pourquoi l'assurance habitation flambe avec les catastrophes naturelles et le coût des réparations?

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Daniel Rampf & Pierre Herbulot

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Le changement climatique se lit désormais sur les avis d’échéance. L’assurance habitation coûte en moyenne 310 euros par an, soit 36 euros de plus que l’année dernière, d’après un baromètre du comparateur Assurland publié ce matin. Depuis le début de l’année, la hausse atteint 13%.

Cette augmentation s’explique d’abord par le coût croissant des catastrophes naturelles. Selon France Assureurs, les sinistres dépassent les 5 milliards d’euros par an depuis 2023. Et 2026 ne montre aucun signe d’accalmie. Entre les incendies monstres, avec plus de 32.000 hectares brûlés, la sécheresse inédite qui provoque le phénomène de retrait-gonflement des sols et donc des maisons fissurées, sans oublier les inondations de l’hiver, la facture continue de s’alourdir.

Tout le secteur est pris dans cette mécanique. Plus les événements extrêmes se multiplient, plus les indemnisations augmentent. Et cette pression se répercute sur les cotisations payées par les assurés, y compris ceux qui n’ont subi aucun dégât chez eux. Le système repose sur la solidarité : chacun finance, à travers son contrat, une part des dommages causés par les catastrophes naturelles.

Des réparations de plus en plus chères

À cette hausse des sinistres s’ajoute celle du coût des travaux. Sous l’effet de l’inflation, reconstruire une maison coûte beaucoup plus cher qu’il y a cinq ans : +12% sur la période, et même +28% pour la menuiserie et la charpenterie, d’après l'INSEE. Le problème ne s’arrête pas là. Beaucoup de particuliers repoussent certains travaux d’entretien. Résultat : les logements sont plus vulnérables. Quand un orage éclate ou qu’un épisode climatique violent survient, les dégâts peuvent être plus lourds. Là encore, l’assureur paie davantage, et cette hausse finit par se retrouver dans les primes.

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LE CONSEIL CONSO - Assurances habitations : nos conseils pour être bien indemnisé

00:02:42

Les biens à remplacer à l’intérieur des logements pèsent aussi plus lourd qu’avant. Les maisons sont davantage équipées en domotique, en tablettes, en ordinateurs, en mobilier plus coûteux. Or l’inflation touche aussi ces équipements. Chaque sinistre devient donc plus cher à indemniser.

Pourquoi les prix vont encore augmenter

Rien n’indique que cette flambée soit temporaire. Au contraire, tout laisse penser que les tarifs continueront de progresser l’an prochain, puis l’année suivante. Tant que les catastrophes naturelles resteront plus fréquentes et plus coûteuses, l’assurance habitation suivra la même trajectoire.

Pour casser cette spirale, la prévention apparaît comme le levier le plus concret. L’idée est simple : le sinistre le moins cher est celui qui cause le moins de dégâts. Les nouvelles technologies, et en particulier l’intelligence artificielle, peuvent améliorer les prévisions météo, affiner l’anticipation des orages ou de la progression d’un incendie, et permettre l’envoi d’alertes SMS ciblées. Avec quelques minutes ou quelques heures d’avance, un particulier peut mettre sa voiture à l’abri avant un orage ou débroussailler son terrain lorsqu’un feu approche.

Vers un nouveau modèle d’assurance dans les zones à risque ?

Une proposition de loi ouvre aussi une autre piste. Aujourd’hui, le principe est de reconstruire à l’identique une maison détruite. Mais la loi d’adaptation au changement climatique votée à l’Assemblée suggère, dans les zones exposées, de changer de logique. Un logement menacé par les inondations pourrait, par exemple, être reconstruit plus haut.

Cette évolution est présentée comme indispensable. Car à ce rythme, le risque n’est plus seulement de voir le prix de l’assurance habitation augmenter. Le danger, à terme, est celui de "zones blanches assurancielles" : des rues, des quartiers, voire des villes entières qui ne seraient plus assurées du tout.

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