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"Tant qu'on reste dépendant du pétrole..." : pour Jean-Marc Jancovici, les mouvements sociaux sont amenés à se répéter face à la crise énergétique

Jean-Marc Jancovici pointe du doigt le point commun entre la mobilisation des gilets jaunes en 2018 et les manifestations actuelles : le prix du pétrole. Il appelle à trouver des alternatives à cette ressource le plus tôt possible.

Des manifestations ont eu lieu en France samedi 17 octobre.

Crédit : Kiran RIDLEY / AFP

Mobilisation du 24 octobre : "Tant qu'on reste dépendant du pétrole", ce genre de mouvement restera prévisible

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Jean-Marc Jancovici

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Une nouvelle journée de mobilisation se tient ce samedi 26 octobre à travers toute la France. Les manifestants dénoncent notamment le coût de la vie. La colère des Gilets jaunes version automne 2026 ne fait pas de surprise, selon Jean-Marc Jancovici. Nous avons déjà eu une version en 2018. En ce moment, le prix du pétrole repart vers les sommets, c'était déjà le cas en 2018.

Tant qu'on restera dépendant du pétrole, son prix repartira vers les sommets périodiquement à l'avenir. Le pétrole est une denrée qui n'existe pas chez nous, que nous devons importer, dont la production mondiale n'augmente plus depuis 2018, ou quasiment plus, et qui a maintenant baissé à cause des restrictions de circulation dans le détroit d'Omuz. Donc, quand il y a une baisse, une insuffisance temporaire, le prix monte et un certain nombre de gens qui en dépendent ne sont pas contents et on peut les comprendre.

Tant qu'on reste dépendant du pétrole, on a ce genre d'épisodes douloureux. C'est quelque chose qui, malheureusement, n'est pas très difficile à prévoir.

Comment limiter cette dépendance ?

Il n'y a qu'une seule solution, arriver à se passer progressivement du pétrole. Il n'y a pas de réponse facile face à ça. Jusqu'à maintenant, on a à chaque fois essayé de faire la même chose : sortir le carnet de chèques. C'est soit ce qui est proposé par le gouvernement, soit ce qui est réclamé par les gens qui souffrent. 

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Malheureusement, le carnet de chèques, en ce moment, c'est un peu des chèques sans provision, comme on s'en rend compte. Donc, il faut se désintoxiquer progressivement du pétrole. Cela signifie assurer des solutions de mobilité qui, de plus en plus, se passent du pétrole. On pense évidemment à la voiture électrique, mais il n'y a pas que ça. Il y a aussi les transports en commun, par exemple des autocars qui peuvent être mis dans des endroits avec des parkings de rabattement…

Les mobilités actives peuvent être extrêmement efficaces quand les gens n'ont pas de trop grandes distances à faire. En général, ils n'ont pas de trop grands problèmes de facture de carburant, parce que ce n'est pas eux que ça concerne en premier. Il peut y avoir le train, il peut y avoir une combinaison de tout ça. Par exemple, quelqu'un qui passe vous chercher à côté de chez vous pour aller jusqu'à la gare.

Rien de tout ça n'est une solution très rapide à mettre en œuvre. C'est bien le problème. Mais justement, parce que ce n'est pas rapide, il aurait fallu s'y prendre il y a 20 ans. Mais comme on ne s'y est pas pris il y a 20 ans, il faut déjà s'y prendre tout de suite pour essayer de faire en sorte que tous les cinq ans, on ne se reprenne pas une manifestation comme celle qu'on a en ce moment.

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