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"Ne pas dépenser, c'est une erreur" : Jean-Marc Jancovici explique pourquoi investir dans la transition écologique revient à faire des économies

Le fondateur du Shift project explique que des économies drastiques en matière de transition écologique seraient une erreur. Il s'appuie sur un rapport de la Cour des comptes qui va en ce sens.

Des arbres (photo d'illustration)

Crédit : RTL.fr / Marine Machefer et Luis Benitez-Dany

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La Cour des comptes estime que la France ne dépense pas assez en matière de transition écologique. Cette prise de position inhabituelle ne surgit pas de nulle part : il y a déjà quelques années, l'institution avait consacré une place exceptionnelle à l'adaptation au réchauffement climatique dans son rapport annuel, avec 700 pages sur le sujet, là où elle se contente d'ordinaire de passer en revue l'ensemble des finances publiques.

Le raisonnement avancé est simple, il ressemble à celui d'une prime d'assurance. Quand on sait qu'il existe un risque sérieux d'incendie, d'inondation ou de grêle sur une maison, ne pas payer cette prime n'est pas une bonne idée. Il vaut mieux engager cette dépense pour éviter des dommages plus lourds ensuite. C'est exactement ce que fait la Cour des comptes : elle nous dit que le fait de ne pas dépenser cet argent nous mettra dans une plus mauvaise posture que le fait de le dépenser, quand bien même on peut penser qu'on n'a pas l'argent à dépenser.

Demander plus de dépenses semble contre-productif dans un contexte économique difficile. Mais une des choses que la Cour des comptes dit en sous-entendu, d'une certaine manière, c'est que dans les actifs naturels, il y en a un certain nombre qu'on ne valorise pas. Si on le faisait, on se rendrait compte que ce qui est économiquement rationnel serait de préserver ces actifs. 

Développer certaines activités est un bénéfice économique

L'exemple le plus connu, c'est la forêt dans le bassin versant qui épure l'eau que l'on devrait épurer de façon onéreuse avec des procédés chimiques. C'est exactement pareil pour un climat stable. Le climat stable nous rend des services. Le fait de déstabiliser le climat, ça coûte beaucoup. Et donc, ce que dit la Cour des comptes implicitement, c'est que finalement, si on avait une comptabilité actif-passif, c'est-à-dire compter en plus ce qu'on a et en moins ce qu'on n'a pas, on se rendrait compte que c'est de ne pas payer qui est le mauvais raisonnement économique. 

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Par ailleurs, il y a un certain nombre de domaines dans lesquels le fait de développer les activités est un bénéfice économique en soi. Par exemple, si on développe les pompes à chaleur en France pour éviter de payer des importations de gaz et de fioul, même sur le plan économique, c'est gagnant. On a intérêt à le faire sur le plan économique. 

Et il y a d'autres exemples comme ça où c'est plutôt une bonne affaire. Donc la Cour des comptes fait un rappel utile, alors que les candidats sont en train de s'écharper sur "qu'est-ce qu'on fait de la dette". Ça ne va pas résoudre tout le problème de la dette, c'est évident. Mais il est utile de rappeler que de temps en temps, ne pas dépenser de l'argent, en fait, c'est une erreur.

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