2 min de lecture

"Quand il s'agit de sortir les milliards, on est hors-jeu" : Hugging Face, Pasqal… Comment la French Tech laisse filer ses licornes aux États-Unis

Hugging Face et Pasqal, deux fleurons français de l’intelligence artificielle et du quantique, ont choisi les États-Unis pour accélérer leur développement. Derrière ces départs, une même faiblesse : le manque de capitaux capables d’accompagner en France des entreprises technologiques qui ont besoin de milliards avant d’être rentables.

L'intelligence artificielle (illustration)

Crédit : Geralt via Pixabay

Hugging Face, Pasqal : la fuite des Licornes

00:02:20

Hugging Face, Pasqal : la fuite des Licornes

00:02:20

Martial You

Je m'abonne à la newsletter « Économie »

Mettre RTL en favori sur Google

Triste sort pour les licornes françaises. Ces entreprises technologiques valorisées plus d’un milliard d’euros incarnent ce que la France sait produire de mieux : des ingénieurs de haut niveau, de la recherche, des idées fortes et des innovations capables de peser à l’échelle mondiale. Mais au moment de changer de dimension, beaucoup finissent par partir ou par se vendre à l’étranger. Hugging Face et Pasqal en donnent aujourd’hui une illustration spectaculaire.

Hugging Face est devenue une référence mondiale dans l’intelligence artificielle. L’entreprise française met à disposition tous les outils permettant de créer son propre robot d’intelligence artificielle sans dépendre uniquement des grandes plateformes comme ChatGPT, Claude ou Gemini. On peut la voir comme une immense bibliothèque ouverte de l’IA, où développeurs, chercheurs et entreprises viennent puiser des briques technologiques pour concevoir leurs propres usages.

Le groupe américain Nvidia, géant des puces pour l’intelligence artificielle, a mis 13 milliards de dollars sur la table. Les trois fondateurs français ont empoché le jackpot et sont devenus milliardaires. Pour la France, le constat est plus amer : une pépite née ici change d’échelle ailleurs, portée par une puissance financière introuvable sur le marché français.

Pasqal, autre symbole d'un exil technologique

Pasqal raconte une histoire voisine, avec une autre technologie de rupture. L’entreprise travaille sur l’étape d’après dans l’intelligence des machines, en s’appuyant sur la physique quantique. Là encore, il s’agit d’un secteur stratégique, présenté comme l’un des grands paris technologiques des prochaines années.

À écouter aussi

Pour financer sa croissance, Pasqal a choisi de s’introduire en Bourse sur le Nasdaq, à New York, là où se concentrent les grands noms de la tech mondiale. Ce choix dit beaucoup de l’écosystème actuel : quand il faut lever des montants massifs pour soutenir la recherche, industrialiser et viser le marché mondial, les États-Unis apparaissent comme le passage presque obligé.

Le problème est connu. Ces entreprises de recherche brûlent énormément de cash avant d’atteindre la rentabilité. Elles ont besoin d’investisseurs capables de suivre dans la durée et de remettre au pot à très grande échelle. Or la France manque de cette profondeur financière.

Le vrai point faible : l'argent pour passer à l'échelle

Le mal est chronique. La France est un pays de PME, avec un tissu économique où neuf entreprises sur dix restent de petite ou moyenne taille. Cela permet de faire émerger des projets, de financer les premiers tours de table, parfois même de bâtir de très belles réussites. Mais lorsque vient le moment de sortir les milliards pour transformer une innovation en champion mondial, le pays décroche.

L'exemple de Nvidia est parlant : les 13 milliards de dollars mobilisés pour reprendre Hugging Face représentent à peine une vingtaine de jours de profits pour l’entreprise américaine. Cette comparaison résume le déséquilibre. En face, aucun acteur français ne dispose d’une telle force de frappe.

C'est là que le discours sur la souveraineté numérique, la French Tech, Choose France, VivaTech ou la réindustrialisation par l’intelligence artificielle se heurtent au réel. La France sait créer, inventer, former des ingénieurs et faire naître des entreprises magnifiques. Mais sans capitaux massifs, la souveraineté technologique reste un étendard fragile, qui se déchire dès lors que le nombre de zéros sur le chèque devient décisif.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée