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Pourra-t-on vraiment se passer des moteurs à essence et diesel dans moins de 15 ans ?

ÉCLAIRAGE - Le Parlement européen se penche sur le sujet aujourd’hui. Les constructeurs sont-ils prêts ? La mesure sera-t-elle suffisante ?

Des voitures en circulation (Illustration)
Des voitures en circulation (Illustration)
Crédit : AFP / PHILIPPE LOPEZ
Pourra-t-on vraiment se passer des moteurs à essence et diesel dans moins de 15 ans ?
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Pourra-t-on vraiment se passer des moteurs à essence et diesel dans moins de 15 ans ?
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Christophe Bourroux & Isabelle Choquet & Bénédicte Tassart - édité par Aymeric Parthonnaud

Pourra-t-on vraiment se passer des moteurs essence et diesel dans moins de 15 ans ? Le Parlement européen se penche sur le sujet aujourd’hui. Mais d'abord, de quoi parle-t-on exactement lorsque l'on évoque la fin de ces véhicules à moteur thermique ? On parle des voitures et des petits utilitaires essence ou diesel. Ils seraient interdits à la vente d'ici 2035. Les véhicules neufs, vous pourrez toujours en acheter un diesel d'occasion. Mais en concession, ce sera de l'électrique et peut-être de l'hybride. Mais ce n'est pas sûr... Ce n'est pas le souhait de la Commission européenne, même si certains pays, dont la France, font le forcing pour les préserver...

Les camions semblent, pour l'heure, en dehors du champ de cette réforme. Les camions électriques ne sont pour l'heure qu'un rêve d'écolos. Technologiquement, c'est encore trop compliqué. Imaginez la taille de la batterie pour un 38 tonnes... Pour les camions, on ira sans doute vers l'hydrogène et, a priori, il n'y aura pas d'interdiction non plus pour les deux roues, en tout cas pour l'instant... 

Les constructeurs sont-ils prêts ?

C’est une vraie révolution qui est annoncée et 2035 c’est demain. C’est à marche forcée que les constructeurs se mettent au pas. Les objectifs de l’Europe, toujours plus drastiques, ont contraint les marques à développer à vitesse grand V leur offre de modèles 100 % électriques pour éviter des amendes records. "Toutefois, les niveaux d'investissement restent très variables d'un acteur à l'autre", souligne les experts du cabinet McKinsey. De plus en plus de constructeurs annoncent l’arrêt des modèles à moteur essence/diesel au profit du tout électrique. Volkswagen et Volvo ont présenté les plans les plus ambitieux avec, respectivement, 60 % de voitures électriques en Europe, et 100 % dans le monde, d'ici 2030.

Les ventes, elles, s'accélèrent. En France, sur le premier trimestre de cette année, on est à presque 12% de véhicules 100% électriques et 8% de véhicules hybrides rechargeables... Autrement dit, actuellement, 1 voiture neuve sur 5 est équipée d'une prise. On est à peu près dans la moyenne européenne, mais c'est vraiment une moyenne, avec de grosses disparités selon les pays. En Suède, on est déjà à plus de 50% de voitures neuves électriques, et en Norvège, on flirte avec les 90%... Notez que c'est le 100% électrique qui progresse, l'hybride est plutôt en perte de vitesse...

Qui résiste face à cette réforme ?

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Naturellement, au sein des institutions européennes, la bataille fait rage. Pour le transport routier, les camions, les négociations s'annoncent très tendues mais la discussion est prévue l'année prochaine. Donc le calendrier va très vite s'accélérer.

Pour la réforme dont nous parlons aujourd'hui, 8 juin 2022, le vote est attendu cet après-midi après les débats d'hier. Il y aura ensuite l'indispensable coup de tampon des ministres de l'Environnement des 27 d'ici la fin du mois mais... c'est serré. Il se dessine une autre option, portée par la droite et l'extrême droite européenne : pas 100% de voitures électriques ou à hydrogène fabriquées à partir de 2035 mais 90%, on laisserait une marge de 10% de voitures à essence ou diesel. C'est une option qui est suggérée par les constructeurs automobiles, notamment les allemands Porsche et BMW qui aimeraient garder des voitures haut de gamme thermique. 

C'est un choix qu'il faut faire. L'argument des opposants à cette transition écologique, c'est qu'en arrêtant la production de voitures essence ou diesel, on condamne 500.000 emplois en Europe, même si on crée 225.000 dans le secteur des batteries électriques, ça ne compense pas les pertes d'emploi. C'est pour ça qu'est prévu un fonds social pour aider les sous-traitants automobiles notamment à se transformer. 

Une solution parmi tant d'autres

La fin des moteurs essence et diesel, est une solution pour lutter contre le réchauffement climatique mais elle ne peut pas être la seule solution, c'est certain... Si on regarde les chiffres de près, l'Europe représente moins de 10% des émissions de CO2 dans le monde... Et l'automobile, c'est 13% de nos émissions. Donc l'automobile en Europe, c'est seulement 1.25% du CO2 émis sur toute la planète... Il est clair que la voiture électrique, c'est mieux que rien mais ça ne fera pas de miracle. D'autant que la production d'électricité n'est pas neutre en carbone, la plupart des centrales fonctionnent au gaz ou au charbon... 

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