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Pourquoi les cerises seront plus chères et moins nombreuses cet été

INTERVIEWS - La France a suspendu l'importation de cerises traitées au diméthoate, ainsi que son utilisation sur son sol. L'insecticide était très largement employé par les producteurs français.

Nos cerises sont-elles menacées ?
Nos cerises sont-elles menacées ?
Crédit : iStock
Marie de Fournas

Les étalages de cerises de vos supermarchés seront moins remplis et vos fruits plus chers. Pour des raisons de sécurité sanitaire, la France a décidé d'interdire la vente de cerises traitées au diméthoate, un insecticide représentant des "risques inacceptables" pour le consommateur, selon l'Agence de sécurité sanitaire. Afin de ne pas pénaliser les producteurs français, le ministère de l'Agriculture a également suspendu jusqu'à la fin de l'année l'importation de cerises traitées avec ce produit. Les agriculteurs devraient recevoir une indemnisation en fonction des pertes à venir mais le ministère, contacté par RTL.fr, n'est actuellement pas en mesure de la quantifier.

Car des pertes, il va y en avoir. Le diméthoate est une vieille molécule utilisée pour protéger les cerises des attaques du drosophilia suzukii, un moucheron particulièrement agressif capable d'infester très rapidement et largement une production. Sans cet insecticide ou avec d'autres de substituts moins efficaces, les pertes risquent d'être énormes. "Cela peut aller jusqu'à 90 % de la production d'une exploitation", assure à RTL.fr Emmanuel Aze, secrétaire national de la Confédération Paysanne en charge du dossier pesticides.

Le moucheron Suzukii apprécie la fraîcheur et l'humidité, s'il fait ce temps-là cet été, cela sera la cata

Emmanuel Aze, Secrétaire national de la Confédération Paysanne

Moins de cerises produites en France mais aussi dans les pays de l'Union européenne qui ont adopté la même loi, comme l'Italie et l'Espagne, premiers exportateurs de cerises en France. Avec l'interdiction d'importation de cerises traitées, certains grands exportateurs comme la Turquie ne pourront plus alimenter les stocks français. Impossible de prévoir de combien sera réduite la quantité de fruits dans les étalages. "Cela dépendra beaucoup du temps, explique Emmanuel Aze. Le moucheron Suzukii apprécie la fraîcheur et l'humidité. S'il fait ce temps-là cet été, ce sera la cata. Mais s'il fait sec et très chaud, les dégâts seront moindres".

La diminution du nombre de cerises va faire gonfler les prix mais ne sera pas le seul facteur de cette augmentation. Les autres insecticides qui peuvent remplacer le diméthoate coûtent cher. "Huit à 10 fois plus", selon le Secrétaire national de la Confédération Paysanne. Et d'autres surcoûts sont à prévoir. "Lors de la cueillette, cela demandera plus de travail. Il faudra faire plus attention aux cerises infectées et pareil lors du tri après la production", indique Emmanuel Aze. Impossible de savoir là encore dans quelle proportion cela se répercutera sur le prix de la cerise mais le Syndicat Agricole et le ministère de l'Agriculture sont unanimes : "Le prix augmentera". Cependant les cerises seront, selon eux, de meilleure qualité.  

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Un incident sanitaire évité

Ces mesures n'interviennent en effet pas par hasard. La loi encadrait déjà l'utilisation du diméthoate. "Mais si l'on respectait les règles de dosage et de délais de pulvérisation avant récolte, celui-ci n'était pas efficace, confit Emmanuel Aze. Les producteurs en mettaient donc plus que la limite autorisée. Si l'on avait dû faire face à un pépin sanitaire d'une personne infectée, cela aurait été pire. Cela aurait été la panique et plus personne n'aurait acheté de cerises". 

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