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Michelin, Continental... Pourquoi l'industrie européenne du pneu est à plat

Le champion français du pneumatique a annoncé la fermeture de deux de ses usines prochainement. Une conséquence notamment de la concurrence des pays asiatiques dans ce domaine.

Un ouvrier contrôle un pneu dans une usine Michelin en octobre 2016 (illustration)
Un ouvrier contrôle un pneu dans une usine Michelin en octobre 2016 (illustration)
Crédit : GUILLAUME SOUVANT / AFP
Michelin, Continental... Pourquoi l'industrie européenne du pneu est à plat
03:09
Michelin, Continental... Pourquoi l'industrie européenne du pneu est à plat
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François Lenglet - édité par Léa Stassinet

Série noire pour l'industrie du pneumatique. Michelin a annoncé mercredi 25 septembre la fermeture d'une usine en Allemagne, à Bamberg, en Bavière, où travaillent 850 salariés. Le groupe avait déjà prévenu qu'il allait fermer une usine en Écosse l'année prochaine. Hier, il a également été confirmé qu'une forte inquiétude planait sur l'avenir de l'usine Michelin de La-Roche-sur-Yon, en Vendée, où 650 salariés fabriquent des pneumatiques pour poids lourds.

Hier encore, c'est Continental, le rival allemand de Michelin, qui révélait un programme d'économies et de suppressions d'emplois qui pourrait atteindre plusieurs milliers, en Europe et aux États-Unis. En clair, c'est toute l'industrie européenne du pneu qui est à plat.


Deux causes se conjuguent. D'abord, le ralentissement de la conjoncture automobile. Les ventes de voitures baissent, celles des poids lourds connaissent une forte secousse depuis peu à cause de la chute du commerce international : sur les sept premiers mois, le commerce mondial s'est contracté, par rapport à la même période de l'année dernière. Et ensuite, et surtout, la concurrence des producteurs de pneus asiatiques, coréens et chinois.

Le marché asiatique casse les prix

Mais qu'ont-ils de plus, ces pneus chinois ? Le prix, qui est d'un tiers inférieur, et qui a permis  à ces producteurs de conquérir une forte part de marché en Europe. En cinq ans, ils sont passés de 5 à 30% du marché, non pas pour ce qu'on appelle la première monte, c'est à dire les produits fournis sur une voiture neuve, mais pour les pneus de remplacement, ceux qu'on achète dans les commerce spécialisés ou les garages.

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Cette différence de prix s'explique notamment par le dumping, pour une part, ce qui a d'ailleurs valu à ces pneus chinois d'être taxés par les Etats-Unis à 88%, avant même Donald Trump, suivis tardivement, l'année dernière, par l'Europe. En plus, disent les industriels français, ces pneus sont de moins bonne qualité.

Pour résister, Michelin tente de monter en gamme

La différence se voit non pas quand le pneu est neuf, mais lorsqu'il a déjà vieilli, où le matériel chinois perd de ses qualités bien plus vite, dit Michelin. Tous les pneus n'offriraient pas le même niveau de sécurité tout au long de leur vie. Sans compter l'économie de consommation, avec un pneu de meilleure qualité. C'est la raison pour laquelle Michelin militait pour une modification des tests européens d'homologation, de façon à introduire aussi une épreuve sur les pneus usagés. 

La meilleure façon de résister à cette concurrence, c'est la montée en gamme. Michelin tente de le faire en fabriquant les pneus les plus grands et les plus larges, où les marges sont meilleures. Mais la pression est permanente sur les coûts. Depuis 2009, Michelin a fermé dix usines en Europe, dont trois en France, à Tours, à Noyelles et Toul. 

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