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La dégressivité des allocations chômage, "une idée saugrenue"

REPLAY / ÉDITO - François Lenglet juge que la proposition de la ministre du Travail, Myriam El Khomri, ajouterait du stress social et ne résoudrait pas le problème du chômage.

François Lenglet
François Lenglet
Crédit : Damien Rigondeaud
La dégressivité des allocations chômage, une idée saugrenue
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François Lenglet & Loïc Farge

Cette idée qui se répand dans la classe politique, et en particulier dans la majorité, est regrettable et paresseuse. Elle est même toxique, parce qu'elle sous-entend que notre problème ce sont les chômeurs et pas le chômage. Rappelons qu'il s'agit de diminuer, tous les quatre mois par exemple, les indemnités chômage des sans-emploi, de façon à les inciter à retrouver un travail. Aujourd'hui, les mensualités versées par l'Unedic sont constantes, et varient selon l'âge et la durée de cotisation du chômeur. Elles représentent en moyenne 65% du salaire net d'avant. Elles peuvent durer jusqu'à trois ans pour les plus de 50 ans.

Le problème, c'est le déficit important de l'Unedic (près de 30 milliards cumulés). Il faut bien faire quelque chose. C'est un chiffre impressionnant, encore faut-il savoir de quoi on parle. Ce n'est pas le régime des salariés ordinaires qui perd de l'argent. Celui-là est excédentaire de 24 milliards d'euros sur 25 ans. Ce sont les intermittents du spectacle (20 milliards d'euros de déficit) et le régime des intérimaires (20 milliards également) qui ont creusé le trou ! Sans compter qu'on met maintenant sur le dos de l'Unedic le financement indirect des pré-retraites, puisque les plus de 50 ans au chômage qui n'ont pas leurs trimestres pour la retraite patientent tous sur les listes de Pôle emploi en étant indemnisés. On a transféré sur l'assurance-chômage une partie du déficit de la Sécu. Comment s'étonner du déficit avec tout ça ?

L'idée de pénaliser les vrais chômeurs parce qu'il y a des faux, c'est un peu baroque

François Lenglet

Les promoteurs de la dégressivité nous expliquent que la France est l'une des plus généreuses avec ses chômeurs. Ils ont tort. En réalité, c'est vrai que nos prestations sont dans le haut de la fourchette. Mais nos cotisations figurent aussi parmi les plus élevées. Les assurés, les salariés du privé, payent cher leur assurance. Il faut donc qu'ils en aient pour leur argent. En France, la cotisation annuelle, prélevée sur nos feuilles de salaire, représente un mois et demi de prestation. La moyenne de l'OCDE c'est 0,8, deux fois moins cher.

La France a déjà pratiqué ce système de la dégressivité. C'était entre 1992 et 2001. L'Insee l'a étudié, et sa conclusion est sans appel : ça n'a pas favorisé le retour à l'emploi. Un rapport récent de l'Institut de l'entreprise, le rapport Coquet, dit exactement la même chose. Ce serait probablement encore plus net aujourd'hui. Car le problème français, c'est qu'il n'y a pas de création d'emploi.

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Il y a quand même, tout le monde le sait, des faux chômeurs. Pour les débusquer, il y a en principe des contrôles effectués par les agents de Pôle emploi. C'est à eux de faire ce travail. L'idée de pénaliser les vrais chômeurs parce qu'il y a des faux, c'est un peu baroque. On aimerait que les responsables qui songent à la dégressivité se concentrent plutôt sur les moyens de favoriser la création d'emploi en France. Ça serait prendre le problème par le bon bout.

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