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Italie : un plan de sauvetage bancaire vire au cauchemar

REPLAY / ÉDITO - Le gouvernement italien a mis en place d'un fonds de solidarité pour venir en aide à de petits épargnants lésés par le sauvetage, le mois dernier, de quatre banques régionales.

François Lenglet
François Lenglet
Crédit : Damien Rigondeaud
Italie : un plan de sauvetage bancaire vire au cauchemar
03:25
François Lenglet & Loïc Farge

L'affaire est à la une de toute la presse italienne, car elle se double d'un scandale politique qui est en train d'exploser. Quatre petites banques de Toscane et d'Émilie-Romagne, les provinces du centre du pays, ont fait faillite. Le gouvernement a donc organisé un plan de sauvetage, en faisant payer les grands établissements bancaires italiens, mais aussi tous les particuliers qui avaient achetés des titres de ces banques. C'était souvent de petites gens qui croyaient avoir mis leur épargne à l'abri de la spéculation. Ces milliers d'Italiens ont tout perdu. Et parmi ceux-là, un retraité ruiné s'est donné la mort.

Ressentiment populaire

Le gouvernement est en train de revenir en arrière. Il le fait péniblement, en créant un fonds d'aide d'une centaine de millions d'euros, mais dont les critères d'intervention restent très nébuleux. Entre-temps, on a appris que le père de la ministre emblématique des réformes, la jeune et jolie avocate Maria Elena Boschi, est impliqué dans la faillite de la Banca Etruria, l'une de ces banques. Il en était vice-président lorsqu'un trou de trois milliards d'euros a été creusé. Un trou comblé par les épargnants aujourd'hui ruinés. Mardi 15 décembre, nouvelle révélation : le père du premier ministre lui-même, Tiziano Renzi, aurait été financé par cette banque pour monter un centre commercial. Cette affaire cristallise donc le ressentiment populaire contre le gouvernement de Matteo Renzi.

On a plutôt l'impression que ça marche mieux qu'avant, l'Italie. Le pays sort très difficilement d'une crise majeure, bien plus grave que celle que nous avons connue, bien plus trave que celle que l'Italie avait traversée dans les années 1930, c'est dire. Entre 2008 et aujourd'hui, le PIB a perdu près de 9%. Surtout, ce que les Italiens vivent difficilement, c'est la réforme du marché du travail. Renzi a créé le fameux contrat de travail unique dont on parle beaucoup en France, à droits progressifs, qui est en fait une sorte de CDD de cinq ans.

L'étoile de Renzi pâlit

Cela a plu aux patrons, mais pas aux salariés qui étaient habitués à un code du travail tellement protecteur qu'il avait fini par dissuader toute création d'emploi. La réforme crée en réalité un marché du travail à deux vitesses, avec les anciens qui profitent encore de la loi protectrice, et les jeunes qui sont embauchés dans des conditions bien plus précaires, avec des subventions gouvernementales importantes pour l'employeur, jeunes et anciens étant parfois dans la même entreprise, effectuant les mêmes tâches. Toute la gauche crie donc à la trahison, car Renzi est un homme de centre gauche.

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Son étoile pâlit a cause de tout cela, malgré son physique avantageux, son éloquence et sa jeunesse. Il n'y a pas d'élection législative avant 2018 en Italie, mais les municipales se dérouleront dans six mois. Ce sera un test politique. Selon les sondages, les premiers partis seront le mouvement d'extrême gauche 5 étoiles, dirigé par un ancien comique, Bepe Grillo, et la Ligue du Nord, dont le modèle en Europe est le Front national de Marine Le Pen. Au total, une moité des électeurs italiens devraient voter pour ces deux mouvements populistes.

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