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L'assurance habitation (illustration)
Crédit : RTL
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Les assurances vont encore augmenter en 2027. Pour les voitures, la hausse attendue se situe entre 3 et 4,5%. Pour les habitations, elle grimperait entre 5 et 7,5%. Une progression qui ne ralentit pas et qui reste, une nouvelle fois, au-dessus de l'inflation.
À la fin de l'année, l'inflation devrait se situer entre 2,5 et 3%. Dans ces conditions, l'assurance habitation augmenterait donc à un rythme environ deux fois plus élevé. L'assurance auto est un peu moins touchée, notamment parce que les automobilistes roulent moins depuis la flambée des prix à la pompe. Mais cet écart reste une maigre consolation pour les assurés.
Au fil des années, le sentiment s'installe que le système assurantiel arrive à saturation. Les assureurs expliquent que certains risques sont devenus trop massifs pour être absorbés seuls. Le risque pandémique, par exemple, est présenté comme un risque systémique. Les émeutes, qu'il s'agisse des Gilets jaunes ou des violences en Nouvelle-Calédonie, renvoient selon eux à la responsabilité de l'État en matière de sécurité des biens et des personnes.
Même logique pour le risque cyber. Il peut être assuré, mais si une attaque devait un jour mettre le pays à l'arrêt, les assureurs laissent entendre qu'ils ne pourraient pas porter seuls un tel choc. Quant au climat, il pèse déjà de plus en plus lourd dans l'équation économique du secteur.
Le financement du régime de catastrophe naturelle a déjà été renforcé. Concrètement, chacun paie désormais 20% sur ses primes, contre 12% auparavant, pour financer l'indemnisation des tempêtes, inondations, incendies et sécheresses. Cette hausse traduit une réalité simple : les sinistres climatiques coûtent de plus en plus cher.
Les projections avancées par les assureurs sont sans appel. Le risque climatique a coûté 73 milliards d'euros entre 1989 et 2019. Entre 2020 et 2050, il pourrait atteindre 143 milliards d'euros. Autrement dit, la charge augmente à un niveau tel que le système de mutualisation traditionnel pourrait ne plus suffire.
Ce modèle repose sur un principe simple : faire payer tout le monde pour indemniser ensuite ceux qui subissent un accident ou un sinistre. Mais si le risque devient trop lourd, l'État devra prendre une part croissante du relais.
Le problème, c'est que l'État lui-même n'a plus beaucoup de marges de manœuvre. Pourtant, la protection face aux grands risques relève bien de ses obligations régaliennes. Encore faut-il, selon cette analyse, qu'il cesse de faire de la politique tarifaire avec les assureurs.
En 2022, dans le contexte d'hyper-inflation qui a suivi l'invasion de l'Ukraine, Bruno Le Maire avait demandé aux assureurs de ne pas répercuter pleinement la hausse des prix. Ce plafonnement artificiel a duré deux ans. Depuis, le secteur procède à un rattrapage, avec des augmentations qui reviennent chaque année.
L'enjeu, désormais, est d'assurer l'essentiel, de renforcer la prévention des risques et de construire en fonction de cette nouvelle donne. Il ne s'agit plus d'espérer échapper à la tempête, à l'orage ou à l'inondation, mais de faire en sorte que leurs dégâts soient les plus limités possible.
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