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Hôpitaux publics et absentéisme : faut-il rétablir le jour de carence ?

REPLAY - Dans 22 hôpitaux français, les agents ont cumulé au moins 30 jours d'arrêt maladie en 2014.

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Hôpitaux publics et absentéisme : faut-il rétablir le jour de carence ? Crédit Image : Elodie Grégoire | Crédit Média : Marc-Olivier Fogiel | Durée : | Date : La page de l'émission

On refait le monde avec :
- Guillaume Perrault, grand reporter figaro, 
- Patrick Chêne, journaliste
- Gérard Miller, psychanalyste
- Paolo Levi, correspondant à Paris de l'agence de presse italienne Ansa.

Dans 22 hôpitaux français, les agents ont cumulé au moins 30 jours d'arrêt maladie en 2014. Cela représente 7 jours de plus que la moyenne des hôpitaux publics et 14 de plus que dans le privé. La suppression du jour de carence en 2013 a sans doute provoqué ce retour au niveau d'absentéisme d'avant 2012. 

Pour Gérard Miller, il ne faut pas tomber dans la caricature des congés maladie "de complaisance". "Quand on est psychanalyste, on prend très au sérieux la maladie et la souffrance de l'autre. On n'a pas ce point de vue que souvent les patrons ont peut-être de considérer que lorsque le salarié est malade c'est qu'il fait semblant." Il reconnaît que certains semblent toujours être en train de travailler, que certaines professions semblent ne jamais tomber malades comme les agriculteurs ou les petits commerçants. "Mais ce n'est pas le point de vue juste. Le point de vue juste c'est que la sécurité sociale ça a été un bien pour tout le monde et un certain nombre de gens ne peuvent pas en bénéficier comme les autres." Et s'il le regrette, il sait, après avoir travaillé à l'hôpital pendant 15 ans, que les conditions de travail peuvent justifier ces absences répétées.

Patrick Chêne est d'accord sur un point, "il ne faut pas être caricatural". Il n'empêche, "cet écart est assez troublant entre l'avant et l'après 2014". Le journaliste se souvient des propos de Marylise Lebranchu qui lui avait dit : "Vous comprenez, ce jour de carence pour le personnel fonctionnaire est humiliant". "Je crois qu'on prend le problème par le mauvais bout", explique Patrick Chêne. "Parce que je ne vois pas d'humiliation à ce qu'on demande aux citoyens de participer à l'effort du pays." Or, comme il l'explique, quand quelqu'un est malade cela coûte deux jours de travail, car l'employeur paie le malade et son remplaçant.

Vers un jour de carence pour tous ?

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Paolo Levi, lui, compare avec son pays d'origine, champion européen de l'absentéisme, jusqu'à il y a peu. Pour combattre ce mal, l'Italie a dû prendre des mesures radicales pour éviter des situations aberrantes où des "malades" profitaient de leur jour d'absence pour aller à la plage. "Chez nous, ça a vraiment atteint des niveaux inimaginables et donc il y a quelques mois, il y a eu une loi qui prévoit une seule mise en garde et ensuite le licenciement immédiat" pour tous les absentéistes qui abuseraient des arrêts maladie.

De son côté, Guillaume Perrault s'étonne de voir un pays où on parle tant d'égalité permettre "une différence de traitement entre le public et le privé sur la question des jours de carence (...) Il faut le même traitement pour tout le monde et on ne peut pas dire alignons-nous sur les conditions les plus favorables. Patrick Chêne le repend : "Je suis favorable à un jour de carence pour tout le monde et que les entreprises privées laissent ce jour de carence et ne le paient pas, comme ça tout le monde aurait un effort de solidarité."

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