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Hausse des taux, dette publique, inflation... Pourquoi l'argent coûte plus cher et menace déjà le budget des Français

Partout dans le monde, les taux d’intérêt remontent fortement, qu'il s’agisse de la dette publique, du crédit immobilier ou des emprunts à la consommation. En France, cette hausse renchérit déjà le coût de la dette de l'État.

De l'argent, en monnaie (image d'illustration)

Crédit : BELPRESS/MAXPPP

Pourquoi l'argent devient de plus en plus cher ?

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François Lenglet

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Le mouvement est spectaculaire : partout dans le monde, le prix de l'argent augmente. Concrètement, cela signifie que les taux d'intérêt montent, en particulier ceux auxquels les États empruntent sur les marchés. En France, le taux d'emprunt à dix ans atteignait 4,24% mercredi 2 septembre dans la soirée, contre 3,2% il y a un peu plus d'un an. On est au plus haut depuis 20 ans. La différence peut sembler faible, mais elle devient considérable à l'échelle d’un pays qui doit emprunter plus de 300 milliards d'euros cette année.

La France n'est pas un cas isolé. Le même phénomène se produit aux États-Unis, où le taux atteint 4,8%, et au Japon, où il se situe à son plus haut niveau depuis 1996. Même l'Allemagne est touchée par cette remontée. Autrement dit, les grands prêteurs internationaux demandent désormais une rémunération plus élevée pour prêter aux États.

La lecture la plus directe est simple : les investisseurs jugent que les risques augmentent. Les grands fonds de pension, les épargnants et les prêteurs du monde entier sont plus réticents à confier leur argent, parce qu'ils estiment que les chances d'être remboursés dans de bonnes conditions ont diminué. Ils exigent donc des taux d’intérêt plus élevés.

Les dettes publiques n'ont jamais été aussi élevées

Ce qui les inquiète d'abord, c’est le niveau des dettes dans le monde. Les dettes publiques n'ont jamais été aussi élevées en temps de paix. C'est particulièrement vrai aux États-Unis, où Donald Trump fait n'importe quoi, mais aussi en France.

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Et surtout, rien n’indique une baisse rapide. Le vieillissement démographique pousse les dépenses sociales à la hausse. Dans le même temps, les tensions géopolitiques imposent des investissements militaires beaucoup plus lourds.

À cela s’ajoute l’endettement massif des grandes entreprises de la tech, qui empruntent pour financer des investissements colossaux dans l’intelligence artificielle. Cette accumulation de besoins de financement alimente la hausse générale du prix de l’argent.

Inflation, énergie, guerre

L'autre grande inquiétude, c'est le retour de l'inflation. On le voit notamment sur l'énergie. Or, pour un prêteur, l’inflation est l'ennemi : elle réduit la valeur réelle de l’argent remboursé. Si les prix augmentent fortement, le créancier récupère une somme qui vaut moins qu’au moment où il a prêté, et risque ainsi d’être remboursé en monnaie de singe. Là encore, il demande donc une rémunération plus forte.

Cette inflation est elle-même nourrie par les désordres du monde. La guerre d’Iran fait flamber les cours du pétrole et du gaz. Plus largement, la fragilisation du commerce mondial et des chaînes d’approvisionnement, de plus en plus exposées aux tensions militaires et géopolitiques, entretient cette pression. Le risque est celui d’un monde durablement plus inflationniste.

Pour les particuliers, les conséquences sont très concrètes. D’abord comme contribuables : la dette publique coûtera plus cher à financer, et cela se voit déjà cette année. Ensuite comme consommateurs : les crédits à la consommation et les crédits immobiliers deviennent eux aussi plus chers. C'est le prix très concret de l'instabilité mondiale.

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