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"Je me suis dit, une charge suffira" : le coup de gueule de François Lenglet contre la voiture électrique après un périple de 700 km

La voiture électrique promet des économies et moins d’émissions de carbone. Mais sur un long trajet de vacances entre Paris et le mont Ventoux, l'éditorialiste François Lenglet a découvert une autre réalité : autonomie réduite sur autoroute, recharges plus longues que prévu et bornes saturées.

Une voiture électrique rechargée à une borne.

Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Paris-Mont Ventoux en voiture électrique, ou comment traverser la France en diligence

00:03:32

Paris-Mont Ventoux en voiture électrique, ou comment traverser la France en diligence

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François Lenglet

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Je ne suis pas un fan de la voiture électrique. La méthode choisie par l’Europe pour mener la transition a coûté cher à notre industrie et a, dans le même temps, favorisé les constructeurs chinois. Le résultat, on le paie aujourd’hui.

Je m’y suis pourtant mis. D’abord pour des raisons économiques : à Paris, le stationnement est gratuit pour les véhicules électriques de moins de deux tonnes, et le prix de l’essence... Ensuite pour des raisons climatiques : une voiture électrique émet moins de carbone à l’usage. Au quotidien, l’expérience était plutôt convaincante. Une ou deux charges par semaine suffisaient, et la conduite électrique est incontestablement plus agréable. Tout a changé au moment du départ en vacances.


Je devais rejoindre le sud de la France, au pied du mont Ventoux, soit environ 700 kilomètres. Ma voiture affichait 475 kilomètres d’autonomie. Je me suis dit, une charge suffira. Mais en entrant l’adresse dans l’ordinateur de bord, le verdict est tombé : trois recharges seraient nécessaires sur la route. Temps de trajet estimé, neuf heures, contre sept habituellement en voiture thermique.

Une autonomie bien plus faible que celle affichée

La raison est simple, et elle est décisive sur longue distance. Pour préserver la batterie, il vaut mieux ne pas la charger au-delà de 80% ni la décharger sous les 20%. En clair, l’autonomie réellement exploitable n’a plus grand-chose à voir avec l’autonomie théorique affichée. Elle n'est pas de 475 km, mais de 280 km. Et encore, à condition de ne pas rouler à 130 km/h. Sur autoroute, à cette vitesse, l’autonomie réelle descend plutôt autour de 200 kilomètres.

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On peut bien sûr charger à 100% avant un long trajet. Mais là encore, la réalité est moins simple que la promesse. Entre 80% et 100%, la recharge ralentit fortement. Il faut alors ajouter 20 à 30 minutes à la première demi-heure nécessaire pour une charge classique. Certaines stations vont même jusqu’à doubler le prix du kilowattheure au-delà de 30 minutes de charge.

Sur l'autoroute, la recharge peut vite tourner à l'épreuve

La première recharge, vers 8 heures du matin, à un superchargeur situé à 200 kilomètres de chez moi, s’est déroulée sans difficulté. C’est à la deuxième étape, 200 kilomètres plus loin, que les choses se sont compliquées.

À la station, c’était un bazar monumental. Une file d’attente s’était formée, avec des automobilistes belges et hollandais excédés par le manque d’équipement en France. J’ai attendu 55 minutes avant qu’une borne se libère, alors même qu’il ne s’agissait pas d’un grand week-end de départ. Au total, cet arrêt m’a immobilisé 1h29. À ce stade, on finit par connaître l’aire d’autoroute par cœur.

Pour éviter une troisième recharge du même genre, j’ai quitté l’autoroute plus tôt afin de réduire ma consommation. J’ai traversé la Drôme et ses champs de lavande l’œil rivé sur le compteur de kilomètres, avec la crainte de la panne.

Au final, l’opération m’a coûté 80 euros d’électricité, contre environ 100 euros en essence pour un trajet comparable. L’écart existe, mais il reste limité. En revanche, sur le temps de parcours, la différence est nette : 10 heures 30 de route en électrique, contre 7 heures en thermique. Je devais arriver chez des amis pour le déjeuner. Je suis arrivé pour le café. Voire pour le thé.

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