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Grèce : cette fois, les conditions d'un accord sont réunies

REPLAY / ÉDITO - Va-t-on trouver un accord avec Athènes ? C'est le sentiment de François Lenglet, qui a parcouru les dernières propositions que le gouvernement Tsipras a envoyées à l'Europe.

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Grèce : cette fois, les conditions d'un accord sont réunies Crédit Image : Damien Rigondeaud | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet Journaliste RTL

Ces propositions devraient constituer le socle des négociations du week-end et ouvrir la voie à un nouveau plan de sauvetage pour la Grèce (le troisième), qui serait compris entre 50 et 60 milliards d'euros sur trois ans, hors aides bancaires. Il y a trois éléments importants qui peuvent convaincre les Européens.

D'abord, les réformes pour arriver à l'équilibre budgétaire (réforme fiscale, réforme des retraites et coupes dans les dépenses). Ensuite, les réformes seraient mises en œuvre dès la semaine prochaine, c’est-à-dire avant même la finalisation de l'accord européen. Enfin, la Grèce ne mentionne plus l’allègement de sa dette comme préalable, pour éviter de braquer les Allemands.

On est donc très proche des propositions faites il y a vingt jours non pas par Athènes, mais par ses créanciers, qui avaient justement été refusées par Athènes, et refusées par les électeurs lors du référendum de dimanche dernier.

Encore plusieurs haies à sauter

Cela veut-il dire que Tsipras s'est "couché" ? Pas sûr. Le référendum était, de son point de vue, l'étape indispensable pour un accord. Avant le référendum, le Premier ministre grec n'aurait jamais pu faire avaliser un tel programme par sa majorité, car ce qu'il propose est le contraire exact du programme électoral qui avait porté Syriza au pouvoir.

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Après avoir gagné le référendum de dimanche dernier, il a une chance bien meilleure de le faire voter. Au fond, le référendum n'était pas destiné à peser sur les Européens, mais à conforter sa légitimité. Tsipras fait de la politique.

Manifestement, Tspiras souhaite un accord ce week-end. Il faut dire que s'il n'y a pas d'accord, les banques ne rouvriront jamais. Leurs caisses sont vides, si la Banque centrale européenne suspend son aide. On peut penser que les Européens, malgré leurs rodomontades, ne sont pas prêts à laisser partir la Grèce. Même l'Allemagne, qui va finir par accepter un compromis sur la dette.

On n'effacera pas formellement la dette, mais Athènes obtiendra la permission de ne pas la payer. Ce qui satisferait les deux parties.
D'ici dimanche, il y a plusieurs haies à sauter. Le parlement grec doit voter pour donner mandat à Tspiras pour négocier. Ensuite, les propositions seront examinées par les créanciers, dont le FMI. Samedi, ce sera au tour de l'Eurogroupe, c’est-à-dire les ministres des finances de la zone euro.

Problèmes de fond

Dimanche soir, ces propositions seront en principe validées par les chefs d'État. Mais lundi, c'est la partie la plus dure qui commence : il va falloir que toutes ces mesures soient mises en œuvre. Même un accord est avalisé dimanche, je pense que la Grèce n'est pas sortie d'affaire pour autant. Parce qu'il subsiste deux problèmes de fond.

D'abord, l'euro ne convient pas à la Grèce. C'est une monnaie trop forte pour un pays littéralement effondré. Si l'on décide de garder la Grèce dans l'euro, il faudra payer régulièrement pour la maintenir à flot, exactement comme un État le fait pour les régions déshéritées de son territoire. Il n'y a pas d'avenir indépendant pour la Grèce dans l'union monétaire.

L'autre raison de fond, c'est la faible capacité d'exécution des réformes d'Athènes. Jusqu'ici, aucun gouvernement grec n'a réussi à faire payer les impôts par les gros contribuables. Aucun n'a réussi à mettre en place un cadastre, un État de droit tout simplement. Mais là-dessus, peut-être Tsipras va-t-il encore nous surprendre.

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