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"Gilets jaunes" : la politique fiscale d'Emmanuel Macron est-elle mauvaise ?

ÉDITO - Au lendemain de ce week-end d'émeutes, c'est toute la stratégie fiscale d'Emmanuel Macron qui est rejetée...

Des CRS au contact de "gilets jaunes" samedi 1er décembre 2018
Des CRS au contact de "gilets jaunes" samedi 1er décembre 2018
Crédit : Eric Dessons/JDD/SIPA
"Gilets jaunes" : la politique fiscale d'Emmanuel Macron est-elle mauvaise ?
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"Gilets jaunes" : la politique fiscale d'Emmanuel Macron est-elle mauvaise ?
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François Lenglet & Leia Hoarau

Les taxes sur l'essence focalisent les critiques, mais la remise en cause est beaucoup plus globale. Même si on laisse de côté un instant les carburants, la politique fiscale du gouvernement n'est ni comprise, ni admise. La bascule CSG-cotisations sociales, avec la hausse de l'une et la baisse des autres, a été assimilée à une entourloupe, alors qu'elle se traduit par une baisse légère des prélèvements sur les salaires. 

Si elle a manqué son but, c’est parce que la diminution des charges a été faite en deux fois, au printemps et à l'automne, pour gagner du temps et afficher un déficit plus faible. Le gouvernement, secondé par Bercy, a voulu jouer au plus fin. Le plan était parfait en matière budgétaire, mais désastreux politiquement

La baisse de la taxe d'habitation incomprise aussi

C'est un paradoxe, car durant la campagne, c'est l'annonce de cette mesure qui avait permis à Macron de faire la différence. Mais là encore, l'exécution a péché... Toujours la même volonté d'enfumer le contribuable, qu'on doit probablement à Bercy : une baisse étalée sur trois années et compensée par la hausse des taxes sur la carburant, celle-ci étant vendue comme une taxe verte, alors que son produit va très majoritairement dans les caisses de l'État. Là encore, on a voulu jouer au plus fin.

Sans oublier les augmentations décidées par les municipalités, qui ont minoré d'autant le bénéfice pour les ménages. Au total, ces aller-retours ont été mis au passif de l'exécutif, de façon encore plus violente que la hausse des impôts de Hollande en 2013, alors que celle-ci avait été considérable.

Comment expliquer les émeutes ?

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Or, alors que la politique Macron n'a rien à voir avec le matraquage de Hollande, des émeutes éclatent. Comment peut-on les expliquer ? D'abord, le niveau des prélèvements n'a cessé de monter depuis 2011, avec les hausses Hollande mais aussi les hausses Sarkozy, auparavant. Le seuil de déclenchement d'une révolte fiscale est difficile à établir, mais il est certain que plus les impôts montent, plus on s'en approche. De ce point de vue, c'est Hollande qui a tendu le ressort fiscal de la révolte qui frappe Macron.

Ensuite, les provocations verbales incessantes du président, qui ont été vécues comme du mépris pour la France des classes moyennes. C'est frappant de voir comme les slogans des manifestants, les tags des casseurs, reprennent ces petites phrases de Macron en les détournant. Elles ont blessé. Enfin, il y a la réforme de l'ISF (impôt sur la fortune) qui a donné le sentiment que les contribuables fortunés profitaient d'un cadeau fiscal immédiat et sans contreparties, contrairement aux autres, ceux de la classe moyenne, qui doivent patienter.

La réforme de l'ISF, inutile ?

Si, elle était souhaitable à mon sens. À partir du moment où nous nous trouvons dans un espace ouvert, où les capitaux et les hommes circulent librement. C'est l'Europe, la France ne peut pas se distinguer avec un tel prélèvement qui fait fuir l'argent. Il fallait la faire. Mais il fallait aussi l'équilibrer tout de suite avec une baisse d'impôt significative pour la classe moyenne. Or, ça n'est pas le choix qui a été fait.

Et ce déséquilibre politique du premier budget voté, dans les premières semaines du quinquennat, est certainement un élément d'explication des violences de ce week-end. Et il est bien possible qu'Emmanuel Macron devra payer durablement cette bourde initiale, avec des difficultés croissantes sur les autres réformes qui se profilent.

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