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Des pains dans une boulangerie
Crédit : Thomas SAMSON / AFP
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Le 17 avril dernier, l’exécutif évoquait une évolution majeure pour le 1er mai : permettre aux boulangeries-pâtisseries artisanales et aux fleuristes d’ouvrir. Une annonce qui a suscité l’espoir chez de nombreux professionnels. En l’état du droit, l’ouverture reste possible, mais le travail de leur salariés repose sur le volontariat, et aucune consigne de tolérance n’a été donnée aux inspecteurs du travail.
C’est dans ce contexte qu’un boulanger de Pessac, près de Bordeaux, a décidé de maintenir le cap. Invité ce vendredi sur RTL, il a revendiqué un choix fidèle à ses habitudes et à ses convictions. "On défend nos valeurs. Nos valeurs, c’est le travail. Et nous sommes là pour servir les gens, pour qu’ils puissent passer une bonne journée", a-t-il expliqué au micro de RTL, en rappelant que pour lui, le 1er-Mai reste avant tout "un jour de fête" où les clients doivent pouvoir "profiter de nos produits".
Le risque d’un procès-verbal existe pourtant bel et bien. Mais pour cet artisan, il passe après l’essentiel. "Ça sera une question secondaire", a-t-il tranché, avant d’insister sur la constance de sa démarche : "Je tiens à mes valeurs. J’ai toujours ouvert le 1er-Mai depuis 40 ans, sauf l’année dernière où on a vraiment été obligé."
Il a néanmoins reconnu une situation devenue plus confuse ces dernières années. "C’est très curieux. J’ai toujours ouvert, la question ne s’est jamais posée. Depuis deux ans, ça crée un trouble", a-t-il observé.
Dans son établissement, 19 salariés sont présents ce 1er mai. Tous "volontaires", a-t-il assuré, et "rémunérés au double". Une organisation qu’il a revendiqué comme cohérente avec l’esprit de son équipe. Il a expliqué ainsi travailler avec "des gens qui aiment leur métier, qui aiment faire plaisir".
"Je ne travaille pas avec des gens qui viennent faire un job", insiste-t-il, en évoquant une profession où "le pain est une valeur sacralisée en France".
Derrière cet engagement, il a évoqué aussi des réalités concrètes. Pour certains salariés, travailler ce jour-là peut représenter un avantage financier non négligeable. Il a pris l’exemple d’"une maman qui a ses enfants à élever", pour qui être payée double peut permettre "de faire plaisir à ses enfants".
Face aux syndicats qui ont défendu la sanctuarisation du 1er-Mai comme jour chômé, le boulanger s'est voulu nuancé. "Je comprends tout à fait leur démarche" a-t-il lancé. Mais dans le même temps, il a revendiqué "la liberté de pouvoir travailler".
Car au-delà du principe, l’enjeu est aussi économique. Le 1er-Mai est une journée particulière pour la profession. "C’est un jour de fête, c’est comme un dimanche pour nous", a-t-il explicité, reconnaissant que l’activité y est plus soutenue.
Reste la possibilité d’un contrôle. Si un inspecteur du travail venait à se présenter, l’artisan a assuré qu’il ne cherchera pas à s’y opposer. "Je n’ai rien à lui dire. Il fera son travail. Je le recevrai cordialement, moi je fais le mien", a-t-il conclu.
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