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Un kiosque incendié sur la place de la République à Paris en marge des manifestations du 17 octobre 2026.
Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
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La crise française se joue désormais sur trois tableaux simultanés. Dans la rue, où les violences et pillages font rage, sur fond de revendications portant sur le niveau de vie et le système éducatif. À l'Assemblée nationale, où le gouvernement tente de faire passer un budget 2027 qui laisse en l'état tous les problèmes du pays, à commencer par un déficit intenable.
Entre 2020 et 2027, la France aura accumulé près de 50% du PIB de déficit. Il n'y a pas un pays de la zone euro qui affiche un tel désastre budgétaire. Et sur les marchés financiers, où le pays peine à convaincre ses prêteurs, sauf à payer des taux d'intérêt de plus en plus élevés. Tandis qu'il lui faut désormais plus de 300 milliards d'euros par an, avant même d'avoir commencé à rembourser le premier fifrelin. Désordre dans les rues, dans les comptes, à l'Assemblée nationale... ainsi finit ce mandat présidentiel calamiteux.
Pour plusieurs raisons, il faut faire le lien entre crise sociale et sécuritaire, crise politique et crise financière. D'abord, à l'origine de ces crises, il y a un manque d'autorité, un pouvoir dépassé par l'enchaînement des événements. Ensuite, ces crises se nourrissent l'une l'autre. Comme il n'y a plus d'argent, il est impossible de calmer la colère à coup de milliards, comme on le fait habituellement. Et comme il n'y a plus de majorité, il est également impossible de redresser les comptes.
De ce point de vue, la dissolution stupide de l'été 2024 est l'une des causes du bazar actuel. Elle libère son venin progressivement. Par ailleurs, si les marchés financiers nous pénalisent, c'est à cause de l'état de nos finances, mais aussi parce qu'ils comprennent bien que le pays n'est pas prêt, ni au plan social, ni au plan politique, à les remettre d'équerre. Une crise financière est en réalité la punition d'une paralysie politique.
Ou va nous mener l'enchevêtrement de ces trois crises ? Ce qui est frappant, c'est que ce maelstrom se produit à quelques encâblures de l'élection française clé : la présidentielle. Comme si les marchés financiers et les casseurs avaient commencé à voter avant les citoyens. Comme si les marchés anticipaient, au vu des candidats et de la situation sociale du pays, que la présidentielle ne serait pas résolutoire pour les problèmes.
Jusqu'ici, chaque élection présidentielle nous apportait une surprise, avec l'effondrement d'un favori : Dominique Strauss-Kahn en 2011, Alain Juppé puis François Fillon en 2017, ou l'émergence d'un nouveau. Cette fois-ci, la surprise, c’est peut-être que le destin du pays ne se jouera pas dans les urnes, mais sur les marchés financiers et dans la rue, avec un pouvoir politique spectateur, sans prise sur les événements, comme Emmanuel Macron dimanche 18 octobre 2026 au soir.
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