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Dix ans de rodomontades autour du salaire des patrons

REPLAY / ÉDITO - François Hollande a une nouvelle fois menacé les grands dirigeants d'entreprises de limiter leurs rémunérations par la loi, si les excès continuaient.

Des billets de banque.
Des billets de banque.
Crédit : Flickr - CC - Images_of_Money
Dix ans de rodomontades autour du salaire des patrons
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François Lenglet & Loïc Farge

C'est une menace fantoche, qui n'a aucune réalité. Tout comme celle d'Emmanuel Macron, le ministre de l'Économie, qui a dit la même chose il y a quelques jours. Il faut d'ailleurs se souvenir que le candidat Hollande le promettait déjà dans le fameux discours du Bourget, le 22 janvier 2012. Il annonçait l'encadrement des bonus des patrons et l'interdiction des stock-options. Rien de cela n'a été fait.

Voilà dix ans que Nicolas Sarkozy d'abord, François Hollande ensuite, font des moulinets à la suite de chaque affaire. Dès 2006, le candidat Sarkozy annonçait une régulation dans ce domaine. En réalité, les deux présidents se sont servis de ce thème pour témoigner de leur désir de justice sociale. C'est ce qu'on appelle un marqueur politique. Mardi (17 mai), le chef de l'État voulait évidemment se refaire une beauté d'homme de gauche, alors qu'il prépare sa candidature pour 2017.

L'impôt, l'unique instrument de régulation

Pourquoi calent-ils systématiquement ? Parce que ce n'est tout simplement pas possible pour l'État de décider du salaire de quiconque, si ce n'est bien sûr des salaires des entreprises publiques. Ceux-là ont d'ailleurs été limités par François Hollande à 40.000 euros par mois. Le seul cas où ça a été fait pour le privés, c'était en 2009, pour les banques et les constructeurs automobiles qui avaient bénéficié d'une aide financière de l'État. Nicolas Sarkozy avait alors décidé de plafonner leur rémunération, tout à fait à raison. Mais ce n'était qu'une mesure provisoire : elle n'a été en vigueur qu'en 2010, et elle ne concernait qu'une dizaine d'entreprises. Pour le reste, le seul instrument de régulation dont dispose l'État c'est la fiscalité.
François Hollande a tenté de s'en servir, avec une opération de pieds nickelés : la fameuse taxe à 75% sur les revenus supérieurs à un million d'euros par an, décidée sur un coin de table. Une fois de plus, l'improvisation du gouvernement a buté sur le Conseil constitutionnel. Le gouvernement a dû se rabattre sur une version de proche, qui a touché 1.000 personnes en France, en 2013 et 2014. ll s'agissait d'artistes, de patrons, de traders et de 120 joueurs de foot. Cette taxe mal boutiquée est aujourd'hui supprimée, mais elle continue à faire des dégâts sur l'image de la France à l'étranger.

Appliquer une fiscalité simple et stable

Au-dessus de 150.000 euros par an et par personne, c'est-à-dire par part fiscale, le taux de l'impôt sur le revenu en France est de 45%, ce à quoi s'ajoute 8% de CSG. Les gros revenus sont donc taxés à 53% chez nous. Cela nous situe, au sein des pays de l'OCDE, en haut du tableau. Mais ça ne vaut pas pour tous les revenus. Le paradoxe, c'est que dans la loi Macron, le gouvernement a abaissé les impôts sur les actions gratuites dans des fortes proportions. Du coup, ce mode de rémunération est massivement utilisé pour payer les patrons (cela a augmenté de 30% en 2015). C'est donc l'actuel gouvernement - et donc l'actuel Président - qui a en fait abaissé la fiscalité sur les revenus patronaux, et qui pourtant multiplie les rodomontades dans les discours.

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Quel serait donc le bon système ? Ce serait d'abord d'appliquer une fiscalité simple et stable, même si elle est élevée. Ensuite, ce serait de soumettre les salaires des patrons à un avis des actionnaires, non plus consultatif comme c'est le cas chez nous aujourd'hui, mais contraignant, comme au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas.

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