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Deux ministres français à Berlin pour réclamer des investissements

Emmanuel Macron et Michel Sapin vont rencontrer leurs homologues allemands à Berlin afin de demander des investissements.

Emmanuel Macron et Manuel Valls à l'Assemblée, le 16 septembre 2014.
Emmanuel Macron et Manuel Valls à l'Assemblée, le 16 septembre 2014.
Crédit : AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Les ministres français de l'Economie et des Finances rencontrent ce lundi à Berlin leurs homologues allemands avec une revendication chiffrée - 50 milliards d'euros d'investissement - , au risque de repartir déçus. Emmanuel Macron et Michel Sapin sont reçus par Sigmar Gabriel et Wolfgang Schäuble. Une conférence de presse des quatre ministres est prévue à 13h15 GMT.

Au menu, les moyens de stimuler les investissements et la croissance dans les deux pays et l'Europe toute entière. Mais en amont de la visite les protagonistes ont réaffirmé des positions très éloignées. Pour Berlin, la clé de la guérison de la zone euro est la confiance, qui passe par un assainissement des finances publiques et des réformes structurelles.

"50 chez nous, 50 chez eux"

Schäuble ne conteste pas que son pays ait besoin d'investissements, il l'a redit dans une interview ce dimanche."Mais nous ne voulons pas de croissance à crédit", a-t-il martelé. Son objectif premier reste le "zéro pointé" du déficit fédéral l'an prochain. "C'est le seul moyen de générer la confiance", pour lui. L'investissement devra être pour l'essentiel privé, la tâche de l'Etat est simplement d'en favoriser les conditions.

Paris voudrait que le partenaire allemand utilise ses marges de manoeuvre budgétaires pour investir dans le soutien de l'économie, ce dont tous les Européens profiteraient par ricochet. Avant de faire le voyage, Macron a chiffré la requête, pour la première fois. "50 milliards d'euros d'économies chez nous, 50 milliards d'investissements chez eux, ce serait un bon équilibre", a jugé le ministre dans une interview conjointe avec Sapin au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) à paraître ce lundi.

Deuxième visite pour Emmanuel Macron

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La France s'est engagée à réduire de 50 milliards d'euros les dépenses publiques dans les trois ans à venir. Pour l'Allemagne, qui affiche depuis 2012 des comptes publics à l'équilibre (tous niveaux confondus, Etat fédéral, Länder et communes), 50 milliards d'euros de dépenses supplémentaires "seraient compatibles avec une politique budgétaire sérieuse", juge Macron.

Ce sera la deuxième visite à Berlin du jeune ministre, en poste depuis fin août. Il avait accompagné fin septembre le Premier ministre Manuel Valls, venu présenter son programme de réformes. Valls avait alors insisté sur le fait qu'il ne venait "rien demander" à Berlin. Mais entretemps les perspectives économiques se sont assombries, et les marchés financiers ont connu deux semaines très agitées. Paris est aussi en plein bras de fer avec Bruxelles sur son projet de budget 2015.

Un pacte

La Commission européenne doit se prononcer d'ici la fin du mois sur le texte, qui prévoit l'an prochain une nouvelle infraction aux règles européennes - contrairement aux promesses initiales de la France. Selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, le gouvernement d'Angela Merkel, jugeant "inimaginable" l'hypothèse d'un "non" de la Commission, viendrait en aide à Paris sous forme d'un "pacte écrit" qu'elle aiderait les Français à élaborer. Cet engagement contractuel, pris avec la Commission, détaillerait les réformes structurelles que Paris s'engage à mener.

Merkel et Schäuble ont martelé à l'envi ces dernières semaines l'importance du respect des règles budgétaires européennes, mais ils ont également pris soin de ne pas critiquer ouvertement Paris, visiblement soucieux de ne pas enfoncer davantage le partenaire français ou sembler lui faire la leçon.

Ce dimanche soir Macron s'est dit "totalement sûr" que Bruxelles donnerait son feu vert au budget français.
Il a préféré parler d'une autre forme de pacte, à savoir "que les Allemands, rassurés par le travail que nous faisons, puissent investir pour eux-mêmes et - c'est ce dont nous allons parler demain - qu'ils nous aident à porter un vrai plan d'investissement en Europe". "C'est ça le bon deal", a-t-il dit. Il a y a quelques jours Sapin avait pourtant réfuté l'idée d'un "compromis ou marchandage" sur le modèle "réformes contre investissements".

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