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Crise en Grèce : la Bourse d'Athènes perd plus de 22% à sa réouverture

Après cinq semaines de fermetures, les opérations ont repris ce lundi 3 août à la Bourse d'Athènes.

L'accueil de la Bourse d'Athènes (illustration).
L'accueil de la Bourse d'Athènes (illustration).
Crédit : LOUISA GOULIAMAKI / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Le séisme était prévisible. Fermée pendant cinq semaines après l'instauration d'un contrôle de capitaux par le gouvernement grec, la bourse d'Athènes a rouvert ce lundi 3 août en plongeant précisément de 22, 68% à 8 heures GMT. L'indice ATHEX de la place athénienne s'est effondré à 615,72 points, quelques minutes après sa réouverture, alors que la Bourse avait clôturé en hausse, à 797,52 points lors de la dernière séance, le 26 juin. Les valeurs bancaires accusent le coup avec des pertes d'environ 30%.

"Naturellement, nous nous attendons à de la pression. Les marchés ne manqueront de répercuter une telle interruption (des opérations, ndlr). Mais nous ne devons pas nous laisser emporter. Nous devons attendre la fin de la semaine pour voir avec plus de sérénité comment sera appréhendée cette réouverture", a annoncé sur la radio Skai le président de la Commission des marchés Konstantinos Botopoulos, peu avant la reprise.

Le 26 juin, le Premier ministre Alexis Tsipras avait provoqué la surprise en annonçant l'organisation d'un référendum sur les nouvelles mesures d'austérité proposées à son pays. Par ce référendum, le Premier ministre espérait sortir de l'impasse dans laquelle s'étaient retrouvées les négociations avec les créanciers (UE et FMI) en soumettant ainsi leur offre d'accord sur le financement à l'avis des électeurs. Le "non" à ce plan des créanciers l'avait emporté le 5 juillet.

Cette décision avait provoqué la panique des épargnants qui s'étaient précipités aux distributeurs de billets pour retirer de l'argent, aggravant la vulnérabilité des banques avec le retrait de plus de 40 milliards d'euros par les déposants depuis décembre 2014. Pour pallier le risque d'un effondrement des banques, le gouvernement avait ainsi décrété un contrôle des capitaux et la fermeture à la fois des banques et de la Bourse. Les banques ont finalement rouvert le 20 juillet.

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Les opérations boursières ont repris ce lundi 3 août avec des limitations pour les investisseurs locaux : ils ne peuvent pas financer l'achat de titres en retirant de l'argent sur leurs comptes bancaires en Grèce, qui restent soumis au contrôle des capitaux en vigueur dans ce pays. Les investisseurs peuvent en revanche se servir de comptes à l'étranger ou effectuer des transactions en liquide.

Un troisième plan de renflouement sur fond de divergences entre créanciers


La réouverture de la Bourse d'Athènes s'inscrit dans le contexte incertain de négociations d'un troisième plan de renflouement de la Grèce à court d'argent, dont l'accord a été conclu le 13 juillet. Les discussions s'annoncent en effet très difficiles, en raison de divergences entre créanciers sur un allègement de la dette publique grecque, soutenu par la Banque centrale européenne, le Fonds monétaire international ou encore la France. Mais que l'Allemagne répugne à évoquer.

Le ministre français des Finances, Michel Sapin, a jugé dimanche que son homologue allemand Wolfgang Schäuble "se trompait" en proposant une sortie temporaire d'Athènes de la zone euro : "Je crois que M. Schäuble se trompe et rentre même en contradiction avec sa volonté profondément européenne. Cette volonté, c'est aussi la mienne, consiste à renforcer la zone euro", ce qui exclut une sortie temporaire de l'euro, explique Michel Sapin, dans une interview dans le quotidien des affaires Handelsblatt.

Le ministre des Finances français Michel Sapin et son homologue et allemand Wolfgang Schäuble lors d'une réunion de l'Eurogroupe en 2014 (illustration)
Le ministre des Finances français Michel Sapin et son homologue et allemand Wolfgang Schäuble lors d'une réunion de l'Eurogroupe en 2014 (illustration)
Crédit : GEORGES GOBET / AFP


Parler actuellement d'un Grexit, comme l'avait avancé Wolfgang Schäuble lors des négociations mi-juillet à Bruxelles, n'est "pas réaliste", a-t-il estimé. Le ministre français des Finances respecte toutefois la position du ministre allemand, qui n'est pas une position "tactique" mais "de conviction". "Sur ce point (du Grexit), il y a un désaccord, un désaccord clair", a encore déclaré Michel Sapin au journal, jugeant toutefois que l'entente franco-allemande n'était pour autant "pas brisée" et évoquant la volonté, partagée avec Wolfgang Schäuble, "de renforcer la gouvernance de la zone euro en matière de politique économique".

Le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, a eu vendredi son premier rendez-vous avec les hauts représentants des créanciers en charge d'élaborer le troisième plan d'aide, dont le FMI, qui participe aux discussions même s'il ne s'associera pas dans l'immédiat à ce nouveau renflouement. Le gouvernement grec s'est donner jusqu'à la mi-août pour finaliser l'accord sur un nouveau prêt de trois ans d'un montant de plus de 82 milliards d'euros.

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