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Coronavirus : qu'est-ce que le "mur des avoirs" qui menace les tour-opérateurs ?

À l'aube des vacances d'été les tour-opérateurs sont menacés par la quantité d'avoirs accordés à leurs clients en 2020 pour les voyages annulés.

Une photo prise le 25 novembre 2020 montre des avions d’Air France stationnés à l’aéroport de Roissy, au nord de Paris.
Une photo prise le 25 novembre 2020 montre des avions d’Air France stationnés à l’aéroport de Roissy, au nord de Paris.
Crédit : THOMAS COEX / AFP
Coronavirus : qu'est-ce que le "mur des avoirs" qui menace les tours opérateurs ?
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Martial You

On sent bien que l'économie vient de vivre un crash-test en temps réel car on voit de plus en plus de murs s'élever devant nous à mesure qu'on déconfine. On commence à repenser aux vacances, les avions sortent des hangars et pourtant les tour-opérateurs s'inquiètent et redoutent ce qu'ils appellent le "mur des avoirs". 

Cela prouve qu'on va avoir toutes les peines du monde (mais on s'en doutait) à sortir du "quoi qu'il en coûte" et du système d'aides publiques... On a basculé (je vous en ai déjà parlé) dans le "quoi qu'il en shoote !", et le sevrage s'annonce ardu.

Pour les agences de voyages, il y a un piège avec tous les avoirs qu'elles ont accordé au début de la pandémie. Souvenez-vous... Quand tous les voyages ont été stoppés en mars 2020, l'État a autorisé les agences à garder l'argent des séjours qu'on avait achetés en les transformant en "avoirs" valables pendant 18 mois. En tout, cela représente l'équivalent d'un milliard d'euros de billets d'avions et de séjours aux 4 coins du monde.

Le secteur des agences de voyages était déjà malade avant la crise

Martial You

Et on arrive au moment où les agences vont devoir payer. On se retrouve face à un paradoxe : les voyages vont sans doute reprendre un peu plus à l'étranger cet été, donc 25 à 30% des avoirs vont être utilisés par les touristes français. L'agence travaillera mais n'aura pas de rentrée financière nouvelle. Et sinon les touristes vont demander de se faire rembourser leur voyage au terme des 18 mois... à la rentrée et là, les agences n'auront pas la trésorerie.

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Qu'est-ce qu'on peut faire pour éviter des faillites ? C'est là où je vous dis qu'on va avoir du mal à débrancher les aides publiques aux secteurs en difficulté... c'est là où le soutien massif aux sociétés zombie va se transformer en nuit des morts-vivants pour l'État. Car le secteur des agences de voyages était déjà malade avant la crise et l'année 2020 a été une anesthésie locale sur ce malade mais les problèmes refont surface maintenant.

En septembre 2019, avant la pandémie, on avait déjà connu la faillite de Thomas Cook, un des poids lourds du secteur. Plus de la moitié des touristes passent par internet pour réserver leurs vacances et pas par une agence de voyage physique... En 2005, les achats de séjours sur internet ne représentaient que 18% des ventes. Donc le secteur doit se réformer : il y a certainement des acteurs qui risquent de tomber encore, mais ce n'est pas à l'État de subventionner ce secteur.

À Bercy, il y a une ligne rouge dont on ne veut pas entendre parler : pas de nouvelle taxe

Martial You

Que peut faire l'État ? Créer une taxe sur les billets pour financer le fonds de garantie : c'est ce que demande l'Association Professionnelle de Solidarité du Tourisme... Une taxe de 5% sur les billets pour financer un fonds qui remboursera les voyageurs en cas de faillite de l'agence. Et si on a un coup dur comme la pandémie, c'est l'État qui prend le relai. Un peu comme le fonds Catastrophe Naturelle des assureurs.

Le problème, c'est qu'à Bercy, il y a une ligne rouge dont on ne veut pas entendre parler : pas de nouvelle taxe. Donc le contribuable risque de payer des plans de sauvetage de grands tour-opérateurs dans les prochains mois... Et on entend aussi les responsables de salles de sports qui demandent la prolongation des aides d'État pendant l'été car les gens ne s'inscriront qu'en septembre et la même demande du côté des agences d'événementiel car les salons ne reprendront qu'en fin d'année... Bref, le "Quoi qu'il en coûte" saison 2.

Le Plus : l'âge moyen de départ à la retraite dans le privé

62,8 ans contre 62,7 ans l'an dernier... On continue à partir un petit peu plus tard chaque année. Mais un nouveau retraité sur 5 quand même a bénéficié du "dispositif carrière longue" réservée à ceux qui ont commencé jeune et qui ont donc pu partir un peu avant 62 ans.

La Note : 4/20 aux prix alimentaires mondiaux

Les prix alimentaires à base d'huile, de céréales, de lait ont bondi de 40% sur un an et c'est un chiffre inquiétant car c'est le plus haut niveau depuis 10 ans. On se souvient qu'en 2008, le prix des matières premières en hausse avait occasionné des émeutes de la faim dans plusieurs pays d'Afrique.

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