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Coronavirus : Printemps, Camaïeu, GAP... Des enseignes fragiles bien avant la crise

L'annonce de la fermeture de sept magasins Printemps fait suite à celles de GAP, Célio, Camaïeu... Mais les grandes enseignes de l'habillement étaient en difficultés bien avant la crise du coronavirus.

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Coronavirus : Printemps, Camaïeu, GAP... Ces enseignes étaient fragiles bien avant la crise Crédit Image : SIPA | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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Martial You Journaliste RTL

C'est un symbole : le Printemps annonce la fermeture de sept grands magasins (Printemps et Citadium) dont celui de la Place d'Italie. Printemps est rattrapé par la Covid comme les autres...

D'abord, ça ne peut pas nous étonner de voir les grands magasins rattrapés par la chute de la consommation, la disparition des touristes étrangers (notamment à Paris) et l'impact des confinements à répétition. Quand on regarde les chiffres, on voit que l'habillement dans son ensemble n'avait pas rebondi comme le reste de l'économie au moment du déconfinement. Cette année, on s'attend à une chute de plus de 20%.

C'est le modèle qui est attaqué. La vague Covid a commencé par couler les bateaux qui avaient déjà un trou dans la coque... les entreprises les plus fragiles. Les économistes ont un nom pour ça : les sociétés zombie, des entreprises qui étaient déjà malades avant le coronavirus. On pense, dans le textile à la Halle, Naf-Naf, Camaïeu, André...

Mais, l'économie est une chaîne... si les plus petits disparaissent, les plus gros sont touchés. Tous n'en meurent pas mais tous sont malades. La vague a coulé les petites barques, elle fait tanguer les vaisseaux amiraux. Mais, en réalité, ça fait 10 ans que le marché de l'habillement s'effondre... Il a perdu 17% depuis 2010.

La faute aux mouvements sociaux ?

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Bien sûr que les "gilets jaunes", les grèves contre la réforme des retraites, la politique anti-voiture de la ville de Paris... Tout ça a fragilisé les grands magasins. Mais c'est un problème très parisien.

Ces grands noms du textile que sont Printemps, Citadium ou GAP (qui va quitter l'Europe) souffrent aussi (au niveau national) du syndrome de l'hypermarché. LVMH a abandonné La Samaritaine en tant que grand magasin parisien, il y a plus de 10 ans.

Les Français les plus aisés ne veulent plus forcément aller dans des grands magasins pour acheter des vêtements chers. Cette population-là est sensible à une consommation plus responsable... une consommation de seconde main pour les vêtements, y compris sur des produits chics. Au total, 3 Français sur 4 sont prêts à acheter d'occasion et on estime que les sites de produits de luxe d'occasion vont doubler leur part de marché dans les 5 ans.

La disparition du chic parisien ?

Disons que ces grands magasins vont devoir recréer de l'exceptionnel autour d'eux. Dans le textile, les flagships du boulevard Haussmann sont des supermarchés du luxe mais ont moins de charme que certains sites internet. Ce sont les grands boulevards de la mondialisation et plus la "french touch". Et là, il faut qu'on soit collectivement vigilants à garder cette image glamour qui attirait (et attirera encore) les touristes du monde entier. Printemps, Lafayette, Bon Marché en sont les ambassadeurs. C'est tout notre commerce extérieur qui en dépend.

Un patron de Pernod Ricard me disait il y a quelques années : si le touristes japonais ou chinois arrive dans un aéroport Roissy mal agencé, ressent de l'insécurité dans le métro, tombe sur un chauffeur de taxi désagréable et une partie de la France en grève... Il retournera chez lui avec le sentiment que le mode de vie à la française n'est pas si glamour et romantique que ça.

Le Plus

Le gouvernement publie une enquête Harris Interactive et on découvre que 18% seulement des Français sont à 100% en télétravail sur la première semaine de reconfinement... 18% alternent et 52% continuent à aller tous les jours au bureau. Cela explique cette impression de vrai-faux confinement. On confirme aussi dans cette étude que 39% seulement des emplois peuvent basculer en télétravail sans problème.

La note

7/20 aux loyers impayés. On le sait, le coronavirus accentue les difficultés financières des plus modestes : 1 million de pauvres en plus depuis mars en France... Et ça se traduit aussi dans le nombre de loyers impayés. On est passé de 7 dossiers sur 1.000 selon le site ImoDirect à 16 dossiers sur 1.000.

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