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Coronavirus : "C'est une dépression qui se prépare", dit François Lenglet

ÉDITO - Tandis que l'épidémie de coronavirus poursuit sa propagation, la crise économique, elle aussi, s'amplifie. La chute d'activité économique actuelle, est comparable aux périodes de la grande dépression et de la grande déflation.

Bourse de Paris le 9 mars 2020
Bourse de Paris le 9 mars 2020
Crédit : ERIC PIERMONT / AFP
Coronavirus : "C'est une dépression qui se prépare", dit François Lenglet
03:45
Coronavirus : "C'est une dépression qui se prépare", dit François Lenglet
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François Lenglet - édité par Marie Gingault

Alors que la crise sanitaire s'amplifie, l'économie pique littéralement du nez. Le Financial Times vient de publier des indicateurs instantanés d'activité de plusieurs pays touchés par le virus. Au 18 mars, l'activité du commerce de détail avait chuté, sur un mois, de 20 à 80% selon les pays, l'Italie étant le plus atteint. Les ventes de place de cinéma avaient chuté des deux tiers. Les réservations de restaurant avaient chuté de 90 à 100% selon les pays, avec une seule exception, l'Australie, à moins 50. 

Le nombre de vols aériens, habituellement de 180.000, était tombé à 140.000, bon nombre d'entre eux étant quasi vides. Les indices de congestion routière se sont effondrés, en particulier à  Paris, qui détenait pourtant le record d'embouteillages. La consommation d'électricité, sur la première quinzaine de mars a perdu plus entre 15 et 20% en France.
 
C'est un véritable effondrement, et encore le confinement n'était pas formellement en place. Les prochains chiffres seront donc pires. Car en réalité, il y a incompatibilité entre protéger les citoyens en leur interdisant de sortir, et la préservation de l'économie. C'est soit la santé, soit la croissance. A cause du confinement, on ne peut pas avoir les deux.

Ce n'est pas une récession, c'est une dépression qui se prépare

François Lenglet

Les entreprises, toutes les entreprises, sont en train de couper comme des brutes dans leurs charges, notamment en interrompant les contrats de sous-traitance. Comme il n'y a plus de demande, elles ne produisent plus, elles coupent donc leurs contrats de fourniture de pièces détachées, de matières premières ou de services. C'est ainsi que la crise se diffuse dans tout le tissu économique français. Ce n'est pas une récession, c'est une dépression qui se prépare.

Une série de chiffres venus de Chine incite à la prudence quant à la reprise de l'économie à la fin de la crise. Après la fin du confinement, à la mi-mars, l'activité économique chinoise était encore inférieure de 20% à la normale, selon les indicateurs du FT. L'immobilier par exemple était encore à 50% de moins qu'au 1er janvier dernier. Le fret maritime à - 28%. La production de charbon à - 30%. Et surtout, la consommation des ménages chinois semblent toujours tournée vers les services à domicile. Les magasins restent vides. Car les gens ont peur d'une seconde vague de contamination. Ça veut dire que les troubles économiques persistent largement au-delà de la période de confinement.

Comparable à 1930

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Ecoutez, j'ai regardé cela sur longue période, avec les statistiques dont je vous ai déjà parlé, celles d'Angus Madisson, qui a reconstitué les PIB de tous les pays depuis l'an 1000. Depuis deux siècles, en dehors des périodes de guerre, les deux seules époques ou l'on enregistre des chutes d'activité économique comparables à celle d'aujourd'hui, ce sont les années 1930, lors de la grande dépression, et les années 1875-1880, lors de ce qu'on a appelé la grande déflation.

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