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Consommation : Natacha Polony dénonce les mensonges sur le fameux "monde d'après"

ÉDITO - Pour Natacha Polony estime que "le monde d'après" ressemble beaucoup au monde d'avant sur le made in France, surtout dans l'agroalimentaire.

Des clients font leurs courses dans un supermarché à Bordeaux le 27 octobre 2020
Des clients font leurs courses dans un supermarché à Bordeaux le 27 octobre 2020
Crédit : AFP
L'oeil de... Natacha Polony du 15 février 2021
04:03
Consommation : Natacha Polony dénonce les mensonges sur le fameux "monde d'après"
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micro générique
Natacha Polony - édité par Maeliss Innocenti

Comme tous les ans, c’est la période des négociations entre la grande distribution et les producteurs pour fixer les prix auxquels les centrales d’achat paieront les produits avant de les revendre aux consommateurs. Et les discussions sont tendues…

Vous connaissez le film Un jour sans fin : Bill Murray qui revit inlassablement le même jour. Bon, eh bien, là, c’est une fois par an, mais c’est le même principe. "Alimentation : le retour de la guerre des prix" : c’est le titre cette année, c’était le même l’année dernière et l’année d’avant.

La guerre des prix, c’est quoi ? Tout simplement le fait que chaque année, les distributeurs demandent à leurs fournisseurs, les paysans et les industriels de l’agroalimentaire, de baisser leurs prix pour que eux, supermarchés, puissent afficher des prix moins chers que la concurrence, mais sans baisser leur marge.

Le consommateur pas vraiment gagnant

Mais à la fin, c’est le consommateur qui paie moins cher. Quelle est la conséquence ? Des industriels qui rognent sur la qualité, des paysans condamnés au suicide, étranglés par les gros industriels qui répercutent la pression, et des PME, en revanche, qui ne s’en sortent pas.

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Le spécialiste du discount, Aldi, demande 12% de baisse sur certains produits. Et je ne vous parle pas des grandes campagnes des supermarchés Leclerc, qui jouent aux défenseurs des pauvres sur le dos des producteurs, mais qui, eux, se portent toujours aussi bien. Au total, ce sont sept milliards d’euros de baisse de prix en sept ans. Vous en avez vu la couleur ? Vous trouvez que la situation s’est améliorée pour les consommateurs ?

Le problème est qu’avec le coronavirus, on nous avait vendu le monde d’après, dans lequel on ferait attention à la provenance de ce qu’on mangeait, dans lequel la France, même, dixit Emmanuel Macron, réfléchirait à sa souveraineté alimentaire en préservant ses filières agricoles. Sauf que les difficultés financières de tous les perdants du coronavirus les incitent à regarder encore un peu plus les prix. C’est de nouveau le critère principal d’achat, avant la qualité, avant la défense des emplois, qui pourtant permettraient de relancer l’économie et donc d’améliorer leur situation.

Quid de la loi Egalim ?

Il y a eu une loi pour lutter contre ce phénomène. La loi Egalim, votée en 2018 et savamment vidée de sa substance sous l’influence des lobbys… Normalement, elle devait empêcher cette aberration qui veut que c’est l’acheteur, la grande distribution, qui impose son prix au vendeur, au producteur. On en a la preuve, derrière les bonnes intentions, c’était bien une loi pour rien.

Le ministre de l’Agriculture se démène pour améliorer les choses. Mais, en attendant que ceux qui s’enrichissent sur le dos du pays changent leurs méthodes, c’est à nous tous, dans la mesure de nos moyens, d’arbitrer en achetant ce qui préserve nos emplois, notre agriculture. Ceux qui le peuvent, bien sûr. Mais quand vous voyez une belle promo, dites-vous bien qu’à la fin, ce n’est pas la grande distribution, c’est vous qui paierez, avec vos impôts et vos charges, le chômage de masse de ces exploitations agricoles et de ces PME qui fermeront.

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