- 01m16s
2 min de lecture
Philippe Aghion, prix Nobel d'économie , dans le "Journal Inattendu" le 4 avril 2026.
Crédit : RTL
Je m'abonne à la newsletter « Économie »
Invité du Journal inattendu ce samedi 4 avril, le prix Nobel d'économie Philippe Aghion s'est exprimé sur les conséquences très concrètes de la hausse des prix du carburant liée à la guerre en Iran, qui pèse lourdement sur les ménages comme sur les entreprises. Un choc énergétique qui, selon lui, pourrait freiner la croissance si rien n'est fait.
Sur le terrain, les difficultés sont déjà bien réelles. Auditrice de RTL, Véronique, femme de ménage au Mans, parcourt chaque jour une cinquantaine de kilomètres pour travailler. En quelques semaines, son budget carburant a explosé, passant d'environ 50 euros à plus de 80 euros par semaine. Une situation devenue intenable, au point qu'elle envisage de prévenir ses employeurs de ses difficultés à continuer.
Face à ces situations d'urgence, Philippe Aghion plaide pour des mesures rapides et ciblées : "Je pense beaucoup à des solutions de type chèque énergie (...). Il faut la protéger contre les effets de cette crise, comme au moment du Covid".
Même constat du côté des entreprises. Jean-Michel, dirigeant d'une société de livraison, explique sur RTL être contraint de mettre son activité en pause pour éviter de perdre de l'argent. Pour l'économiste, certains secteurs doivent être soutenus sans attendre. Il insiste sur la nécessité pour l'État d'assumer un rôle protecteur, notamment pour le transport ou l'agriculture, particulièrement exposés à la hausse des coûts.
La question des faillites se pose également. Philippe Aghion appelle à un équilibre. "L'idée n'est pas de dire qu'il n'y aura plus jamais aucune faillite, mais il faut aider celles touchées par ce choc", explique-t-il. Selon lui, l'État doit à la fois protéger et continuer à encourager l'innovation.
Concernant les taxes sur le carburant, Philippe Aghion rappelle que la hausse des prix du pétrole entraîne mécaniquement une augmentation des recettes de TVA. Une partie de ce surplus pourrait, selon lui, être redistribuée de manière ciblée. "On utilise une partie de ce surplus pour aider les plus vulnérables et pour investir dans l'électrification", glisse-t-il.
Mais au-delà de l'urgence, cette crise révèle surtout une dépendance structurelle au pétrole. Pour Philippe Aghion, c'est un signal fort qui doit accélérer la transition énergétique. Il défend un mix associant nucléaire et énergies renouvelables : "Il faut absolument poursuivre le défi de la transition énergétique, plus que jamais".
Face aux propositions politiques, comme le plafonnement des marges, il se montre nuancé. Cette mesure peut limiter certains profits jugés excessifs, mais son effet restera limité, la hausse des prix étant avant tout liée au coût du pétrole brut. "Ce n'est pas la mesure la plus absurde, mais je ne pense pas qu'on puisse uniquement se reposer là-dessus", ajoute l'expert.
Enfin, Philippe Aghion met en garde contre des réponses trop globales, comme le blocage des prix ou des baisses généralisées de taxes. Si elles peuvent soulager à court terme, elles comportent aussi des risques. "Le pur blocage des prix, c'est une fausse bonne idée", conclut-il.
Pour l'économiste, la réponse doit donc être double : protéger rapidement les plus fragiles, tout en préparant l'avenir en réduisant durablement la dépendance aux énergies fossiles.
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte