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Les militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés : Israël revendique un "succès total", l'administration Trump menace de représailles leurs soutiens

Arrêtés au large de la Crète par l’armée israélienne, les militants de la flottille pour Gaza doivent finalement être débarqués en Grèce. L’opération suscite de vives réactions internationales, tandis que Washington hausse le ton contre les soutiens de l’initiative.

Une flottille compte rejoindre Gaza. (Illustration)

Crédit : Mohamed Mdalla / ANADOLU / Anadolu via AFP

AFP

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Les militants propalestiniens de la flottille pour Gaza, interceptés par l’armée israélienne loin des côtes israéliennes, ne seront finalement pas conduits en Israël. Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a annoncé qu’un accord avait été trouvé avec Athènes pour leur débarquement sur les côtes grecques ce vendredi 1er mai. 

Dans un premier temps, les autorités israéliennes avaient pourtant indiqué que les 175 militants arrêtés - 211 selon les organisateurs - seraient transférés en Israël. La Grèce a confirmé être en contact avec Israël et a assuré vouloir garantir le retour en toute sécurité des personnes concernées vers leurs pays d’origine.

Une situation qui a vivement fait réagir plusieurs capitales européennes. Paris, qui a indiqué que 15 Français figuraient parmi les personnes arrêtées, a appelé au respect du droit international. Rome et Berlin ont fait part de leur "vive inquiétude", tandis qu’une dizaine de pays, dont l’Espagne, la Turquie et le Pakistan, dénoncent des "violations flagrantes du droit international".

Une opération revendiquée comme un "succès total" par Israël

Du côté israélien, l’opération est assumée. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé avoir ordonné d’empêcher cette "flottille de soutiens du Hamas" d’atteindre Gaza, évoquant un "succès total".

Les autorités israéliennes ont assuré que l’intervention, menée dans les eaux internationales, s’est déroulée sans violence ni victime. Elles ont justifié cette action par la nécessité de faire respecter un blocus jugé "légal" et d’éviter toute escalade.

Les organisateurs, eux, ont dénoncé une opération musclée. Selon leurs témoignages, des vedettes militaires auraient abordé les navires en pleine nuit, utilisant lasers et armes, et contraint les passagers à se regrouper à l’avant des bateaux. L’une des organisatrices, Yasmine Scola, a évoqué même un "kidnapping".

Une initiative humanitaire au cœur des tensions

Cette nouvelle flottille s'est inscrite dans la continuité d’une mobilisation déjà très médiatisée en 2025, à laquelle avaient notamment participé Greta Thunberg et l’eurodéputée Rima Hassan.

Les militants ont affirmé vouloir briser le blocus imposé à la bande de Gaza et acheminer de l’aide humanitaire, alors que l’enclave palestinienne reste confrontée à de graves pénuries malgré un cessez-le-feu fragile avec le Hamas.

Partie de plusieurs ports méditerranéens, dont Marseille, Barcelone et Syracuse, la flottille comptait initialement plus de 50 bateaux. Une vingtaine d’embarcations seraient encore en route au large de la Crète.

Washington durcit le ton face aux soutiens de la flottille

Les États-Unis ont fermement condamné l’initiative. Par la voix du porte-parole du département d’État, Tommy Pigott, Washington a qualifié la flottille d’"initiative pro-Hamas" visant à saper le plan de paix du président Donald Trump.

Les Etats-Unis condamnent la flottille, une initiative pro-Hamas qui constitue une tentative infondée et contre-productive visant à saper le plan de paix du président Trump [pour la bande de Gaza].

Tommy Pigott, porte-parole du département d'Etat

Les autorités américaines ont indiqué attendre de leurs alliés des "mesures décisives" et ont menacé de représailles ceux qui apporteraient leur soutien à cette opération, accentuant encore les tensions diplomatiques autour de cette affaire.

Le blocus de Gaza, point central des critiques

Des ONG, à l’image de Amnesty International, ont au contraire dénoncé une intervention disproportionnée. L’organisation a estimé que l’arraisonnement de bateaux civils transportant nourriture et matériel médical illustre la volonté d’Israël de maintenir un "blocus cruel et illégal".

Imposé depuis 2007 à la bande de Gaza, ce blocus est resté au cœur du conflit. Depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et la guerre qui s’en est suivie, la situation humanitaire s’est encore aggravée, marquée par des pénuries massives de nourriture, d’eau, de médicaments et de carburant.

Malgré un cessez-le-feu précaire en vigueur depuis octobre, l’armée israélienne contrôle désormais plus de la moitié de ce territoire côtier exigu, maintenant une pression constante sur ses habitants.

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