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Carburant - pompe à essence. (Illustration)
Crédit : Valentine CHAPUIS / AFP
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Le détroit d’Ormuz sera "complètement ouvert" vendredi 19 juin. C’est ce qu’a promis le président américain Donald Trump après l’accord annoncé entre les États-Unis et l’Iran. Le cadre de cet accord doit être signé en fin de semaine en Suisse.
Arrivé ce lundi 15 juin au sommet du G7 à Évian, Donald Trump s’est entretenu avec Emmanuel Macron et les autres dirigeants présents. Il doit également recevoir ce mardi 16 juin le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Cette perspective d’apaisement au Moyen-Orient a eu un effet immédiat sur les marchés de l’énergie. Conséquence : les prix des carburants commencent à refluer. Selon les derniers chiffres de la Direction générale de l’énergie et du climat, le gazole, carburant le plus consommé par les Français, s’affiche désormais à 1,99 euro le litre en moyenne. En avril, il avait atteint 2,24 euros.
À la station-service, cette baisse redonne un peu d’espoir aux automobilistes. Alex, qui fait le plein de sa citadine à 1,98 euro le litre, constate déjà une légère amélioration.
"Parce qu’on se dit, si on entend en ce moment à la radio que ça va baisser tout doucement, on le voit au moins déjà aujourd’hui. Puis on attend encore plus, forcément, pour les vacances", explique-t-il au micro de RTL. "Les vacances approchent dans trois semaines et j’aimerais bien faire le plein à un tarif revenu comme il y a six mois".
Tous ne partagent cependant pas cet optimisme. Christine, cadre dans l’administration, estime que la baisse reste trop limitée pour être réellement rassurante. "Non, parce que la baisse, elle n’est pas très importante", juge-t-elle. Quant à une poursuite du recul des prix, elle se montre peu convaincue : "J’y crois pas beaucoup. C’est du marketing pour faire gagner toujours les mêmes, et puis voilà, c’est toujours les mêmes qui payent."
Même prudence chez Benjamin, menuisier. "Comparé à 2,37 euros le mois dernier, ça fait un peu du bien", reconnaît-il. "Ça reste quand même relativement cher. Vu l’état actuel des choses, je ne suis pas sûr que ça baissera beaucoup plus rapidement". La hausse du prix des carburants a fragilisé son budget au point qu'il n'a pas encore programmé ses vacances.
Pour Philippe Casbas, membre titulaire du Conseil supérieur de l’énergie, invité de RTL Matin ce mardi 16 juin, la baisse actuelle est directement liée aux annonces diplomatiques, mais reste fragile. "La baisse a un lien avec l’annonce de l’accord, même s’il faut être prudent et que l’accord n’est pas opérationnalisé pour l’instant", explique-t-il. Selon lui, les marchés ont anticipé la perspective d’un accord dès la semaine dernière, faisant chuter le prix du baril d’environ 10 dollars en quelques jours.
Mais cette détente reste conditionnée à une stabilité réelle dans la région. La réouverture du détroit d’Ormuz suppose notamment de sécuriser le passage des tankers et de rétablir une confiance durable entre les acteurs du transport maritime et les États riverains.
Sur le plan des prix à la pompe, Philippe Casbas estime que la transmission est mécanique mais progressive : "Si le brut baisse, les prix à la pompe vont baisser", rappelle-t-il, tout en soulignant que les ajustements peuvent prendre du temps dans un "marché très concurrentiel".
Au-delà de la réaction immédiate des marchés, les experts appellent à la prudence sur un éventuel retour à la situation d’avant-crise. Pour plusieurs analystes du secteur, la réouverture du détroit d’Ormuz constitue un événement majeur, mais pas une garantie de stabilité immédiate. "Une réouverture crédible constituerait l’un des développements les plus importants pour l’économie mondiale à l'heure actuelle", estime auprès de l'AFP l’économiste en chef de Rystad Energy, Claudio Galimberti.
Mais la normalisation du commerce pétrolier dépendra de plusieurs facteurs : sécurité du passage, reprise progressive des flux, et réduction de la "prime de risque" intégrée aux prix.
Dans l’industrie, on insiste sur un retour lent. "Il faudra du temps pour que la production remonte en puissance et que les chaînes logistiques se normalisent", souligne un expert du secteur.
Certains observateurs vont plus loin. Pour l’économiste Philippe Chalmin, "Ormuz ne sera plus jamais comme avant", évoquant même un possible système de passage avec frais, signe d’un commerce énergétique durablement transformé.
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